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mercredi 23 juillet 2008

Les grandes familles

Samedi dernier, un camarade évoquait auprès de moi la singulière rigueur de Philippe d'Orléans qui vota la mort de son cousin Louis XVI. Il manquait à l'ancien roi de France une voix pour bénéficier d'un sursis.

Les titres de la presse sérieuse résonnaient le lendemain comme un amusant echo à cette discussion (il faut savoir se distraire de peu). La voix de Jack Lang avait permis à la réforme des institutions défendue par notre président bien-aimé de s'imposer.

Au vu des désopilantes expériences menées par notre gouvernement bien-aimé en matière de réglementation sociale, dans une tentative - très personnelle - de remake de "Chérie, j'ai rétréci le droit du travail (et j'en ai profité pour balancer un petit coup d'uranium appauvri sur l'accès aux soins. Tiens j'ai encore un petit fond de Roundup, mais que vois-je ? De l'Unedic qui pousse dans mon allée...)", je n'irai pas jusqu'à prétendre qu'il me reste assez d'adrénaline pour éprouver la moindre émotion à l'endroit de nos institutions.

Mais tout de même, on n'est jamais si bien trahi que par les siens.

lundi 21 juillet 2008

On est bien peu de chose

Sous le fallacieux prétexte que je ne les avais pas payés au jour J (désolée, moi, en deçà de trois relances, c'est comme si l'information ne m'était jamais parvenue ; je dois avoir des gènes auvergnats), les fourbes qui m'hébergent ont remplacé le ci-devant blog par ceci :




Encore un coup du complot mondial des pintades pour faire taire les ultimes voix du féminisme fier, libre et indomptable. Ah, les infâmes.

BO de ce billet : forcément Natacha Atlas

jeudi 17 juillet 2008

Sic sad world

Vacances d'été obligent, j'héberge en ce moment mon filleul, 14 ans, charmant adolescent non dénué d'humour qui n'a pour défaut que d'être né après la chute du mur de Berlin. Il ignore qu'il y ait eu des êtres humains avant l'invention de la télévision, qu'on peut encore respirer à plus de dix mètres d'un ordinateur ou qu'il est tout à fait possible de vivre sans téléphone portable.

L'autre soir Cary Grant évoquait, va savoir pourquoi, le mythique "les dieux sont tombés sur la tête". Je m'écriai alors : "pfiou, c'est vieux, il est sorti quand j'étais toute petite". Et là, sans rire aucunement, mon filleul me balance : "ouais d'accord, encore un film en noir et blanc".


Ma vie est un bourbier.

dimanche 13 juillet 2008

Les suprêmes dindes

Ce week-end j'ai accédé, telle une altière infante couverte de passementeries et de pierres précieuses concédant la vue de sa blanche main à l'adoration du vulgaire, à la prière muette que m'adressait l'oeil de cocker de Cary Grant. J'ai donc sacrifié deux jours à la visite quasi-mensuelle à mes beaux-parents. Alors même que j'étais en plein chaos pré-menstruel. Vous conviendrez que j'ai fait preuve d'une mansuétude peu commune tandis que Cary Grant prenait des risques inconsidérés. Une fin de repas a d'ailleurs failli tourner au pugilat entre belle-maman et moi mais c'est une autre histoire.

Pour des raisons que n'importe quel individu doté de beaux-parents comprendra aisément, lorsque je rends visite à ce sympathique mais ô combien différent couple de jeunes retraités, je lis beaucoup. Sans discrimination. Me voilà donc embarquée dans le Femina de cette semaine. Oui, mes beaux-parents lisent la Détresse du Midi. C'est bien triste.

Emma de Caunes, sémillante presqu'actrice qui s'est faite presque toute seule occupait la une de l'hebdomadaire censément féminin sus-cité. La citation en gros caractères qui voisinait avec son minois photoshopé en disait long sur la profondeur quasi-métaphysique de l'interview précieusement enchâssée dans les pages suivantes : "je rêve d'incarner Elvis Presley". Avec 30 kilos de plus au compteur et en se laissant pousser les rouflaquettes, c'est jouable. Bon après, il faut aimer les talons compensés et les pattes d'eph pailletés qui, avouons-le humblement, n'avantagent pas toutes les silhouettes. Précisément, la suite de la "rencontre" avec Mademoiselle-la-fille-de évoquait sa passionnante existence au coeur du monde impitoyable de la mode. Et là, qu'apprends-je (sans aucune mise en condition psychologique, vous imaginez le choc) : pour préparer sa montée des marches à Cannes, Emma de Caunes a enchaîné les essayages de robes, les rendez-vous chez le coiffeur et autres activités visant l'auto-dépassement pendant plus d'un mois, obéissant scrupuleusement à un inflexible emploi du temps dénué de la moindre oasis de répit, s'extasiait la journaliste. Quand je pense qu'il y a des femmes qui ont la chance de travailler à la chaîne à l'usine - et donc de pouvoir s'habiller chez Tati sans se soucier de l'implacable regard des cameras - qui osent encore se plaindre... J'en frémis d'indignation.

Je poussai plus loin ma lecture afin de me distraire de cet accablant constat quand j'abordai la rubrique cuisine de Julie Andrieu, délicieuse créature qui est à la gastronomie française ce que le couteau est à la purée (copyright Fatals Picards). Celle-ci expliquait comment préparer un plat à base de canard dont j'ai oublié jusqu'au nom (le nom du plat pas celui du canard qui s'appelait Charles-Henri, comme tout le monde) et indiquait doctement que le fin du fin, messsieurs-mesdames, c'est le canard étouffé. C'est meilleur, paraît-il. Et là, tout de suite, je pensai au roman autobiographique de Cavanna "l'oeil du lapin" à la fin duquel il raconte sa stupeur horrifiée face à ces gens qui saignent un lapin en lui arrachant l'oeil, "parce que c'est meilleur". Notre Julie Andrieu nationale s'auto-absolvait en ces termes charmants (citation approximative, je n'apprends pas par coeur la rubrique cuisine de Femina) : "un peu cruel mais vos invités vous en seront reconnaissants".

Et mon pied dans ton cul refait de cagole du seizième, la patrie m'en serait pas reconnaissante, par hasard ?

dimanche 29 juin 2008

Monster

Voyez-vous, je fais partie de ces gens compliqués qui se demandent d'où vient ce qu'ils mangent. Non que je me nourrisse de produits estampillés bio censés me rendre immortelle, j'ai depuis longtemps fait mon deuil, si je puis dire, du forfait illimité en ce bas monde. Je ne pèse pas non plus lipides et glucides, telle la riante Thémis, dans le fol espoir de rentrer dans un pantalon taille 34. Celles qui ont hélas vécu la triste expérience de la position assise sans le douillet coussin celluliteux fourni avec le deuxième chromosome X, savent désormais comme moi à quel point la nature est bien faite.

Foin de tout cela, j'essaie seulement de faciliter ma digestion en apaisant ma mauvaise conscience de bobo sur-nourrie. Veto sur les fruits et légumes produits hors CE ( non conformes aux normes sociales et sanitaires de chez nous, les riches), haro sur les cuisses de grenouilles et les crustacés (abattus selon des procédés un peu trash pour ma sensibilité de jeune fille en fleur), niet en ce qui concerne le veau et l'agneau (ah, mais je ne mange pas de bébés, tout de même, soyons sérieux cinq minutes). Conscientisée jusqu'au tréfonds de la paroi gastrique, je ne consomme de la viande que deux à trois fois par semaine (note pour les élèves de Pétronille : oui, la charcuterie c'est de la viande) parce qu'on dira ce qu'on voudra, ça reste un morceau d'animal mort qui, jusqu'à preuve du contraire, ne m'avait rien fait.

Vous serez d'ailleurs bien aimables de ne pas perdre votre précieux temps (je ne voudrais pas plomber l'ambiance mais il semble certain que nous allons tous mourir un de ces quatre) en vous commettant dans une tentative de provocation du pauvre ("et du chevreau t'en manges pas ? C'est vachement bon pourtant") ou en vous aventurant dans un cours de darwinisme revisité sauce big mac ("oui mais les animaux, ils sont pas intelligents comme nous qui avons inventé la télécommande et puis on les élève pour les manger, alors..."). Je vous préviens amicalement parce que nous sommes entre gens de bien et que je ne veux me brouiller avec personne. Si l'un d'entre vous outrepasse mon avertissement, qu'il ne vienne pas pleurer après. C'est comme pour les longs trajets en voiture. Celui qui n'a pas pris ses précautions avant, je ne veux pas l'entendre geindre.

Bardée de tous ces beaux principes, j'étais invitée à déjeuner vendredi à la suite d'une assemblée générale dont je suis censée écrire le compte-rendu pas plus tard que bientôt. Au bout d'une longue tablée quasi-exclusivement masculine, je mastiquais pensivement ma pièce de boeuf saignante, me demandant quel était ce morceau d'une conformation un peu bizarre. Je fis part à mes voisins de table de ma circonspection. Interrogée, la serveuse nous répondit alors dans un sourire éclatant de vraie professionnelle de la gastronomie à la française : "c'est du pavé de biche".

O rage, ô désespoir, ô omnivorie ennemie. Moi, miss sfw, grande amie devant l'Eternel de toutes les bestioles un tant soit peu sympathiques, descendante incontestée de la tribu des Kro Meugnon*, infatigable pourfendeuse de viandards, chasseurs et toreros, j'ai mangé la maman de Bambi.



*Quoi, vous n'avez pas encore lu "Maliki broie la vie en rose" ? La honte.

jeudi 26 juin 2008

Sabotage

Contrairement à ce que d'aucunes laissent entendre dans leurs commentaires, je prends très au sérieux ma mission auto-confiée de clown bénévole. Avant-hier, j'enfilai mon costume de scène et, dans ma tenue de gugusse virtuel, allai errer dans les colonnes électroniques du quotidien du soir de référence, persuadée de trouver là quelque source d'inspiration pour mes (deux) lecteurs. Depuis l'élection de celui que l'on ne doit pas nommer, l'actualité nationale est en effet devenue un inépuisable gisement de calembredaines aussi cocasses qu'hilarantes.

Je m'apprêtais donc à trouver, dans le fouillis des vaines péroraisons de nos dirigeants bien-aimés, un calembour bancal ou une citation qui, sortie de son contexte, ne manquerait pas de nous inonder de joie, lorsque j'avisai le titre suivant : "Pouvoir d'achat : le gouvernement consacre 4,3 millions d'euros à expliquer sa politique".

Hélas, que pourrais-je ajouter ? Les fourbes se ridiculisent tous seuls, maintenant. En free-lance.

Tu veux que je te dise ? Ces gens-là tuent le métier.

mercredi 18 juin 2008

Le charme discret de la bourgeoisie

Aujourd'hui j'ai reçu ça dans ma boite aux lettres électronique (Excalibur mon amour, pardon de n'avoir pas su te protéger) :



En fait, c'est une galéjade d'une rare élégance pour vendre des jantes ou des roues de voitures (je n'ai pas cherché à en savoir davantage) à une clientèle dont on ne surestime manifestement pas les capacités intellectuelles ni la distinction.




Dans la vie, certains choix sont plus difficiles que d'autres : cocktail Molotov ou feu grégeois ?

mardi 17 juin 2008

L'ordre des choses (ou le contraire)

Les mieux informés d'entre vous le savent peut-être, nous avons un premier ministre (bien-aimé). Ce dernier s'appelle François Fillon et il fréquente le même capilliculteur que Philippe Douste-Blazy. Il est également l'auteur d'irrésistibles formules qui le classent parmi les plus fins esprits de la pensée libérale. Hélas, il se trouve dans ce triste pays trop peu de journalistes assez inspirés pour le citer. Il y a quelques jours notre premier ministre à nous qu'on a (peut-être pas pour cinq ans), s'exprimait quant à la revalorisation du smic au 1er juillet prochain et expliquait à la populace nauséabonde pourquoi il s'opposait à une hausse significative du salaire minimum interprofessionnel de foutage de gueule.

Deux points, ouvrez les guillemets : "Le risque qu’il y a à augmenter le SMIC de manière artificielle, (...) c’est d’abord de tuer des emplois (...) que des entreprises ne créent pas d’emplois et que les délocalisations s’accentuent (...)."
Il y a des gars comme ça qui palpent plus de 10.000 euros par mois, directement prélevés dans les caisses de l'Etat et qui t'assènent ça sans un palpitement de narine. Je suis toute ébaubie.

Ne partez pas avant le bouquet final, ce serait dommage : "Le deuxième risque, c’est l’écrasement de la hiérarchie des salaires."

A cette seule idée, je frémis de l'ongle du petit orteil jusqu'à la racine des cheveux. De grâce, plus un mot François, cessez là grand fou, je suis déjà au bord de l'orgasme.

lundi 16 juin 2008

France, mère des arts, des armes et des lois...

Maintenant que le sujet est démodé, je puis décemment en parler sans compromettre ma crédibilité de looseuse. Mlle Krazy Kitty, dans un billet abondamment commenté - notamment c'est pas pour cafter par une certaine Aurélia qui dessine de jolis moutons proprets sur son blog et n'hésite pas à appeler à la guerre civile sur celui des autres, si les punks ne sont pas morts c'est grâce à leur fourberie - rappelait à notre superficialité post-moderne l'affaire du mariage annulé pour cause de gros mensonge sur la virginité de l'épouse. Vour irez lire ce qu'elle en dit ici. Enfin si vous voulez, il paraît qu'on est en démocratie. L'histoire en question a animé quelques-unes de mes récentes discussions avec Cary Grant qui, de nature primesautière et plus féministe que Killer Queen et moi réunies, s'est mis à rugir haineusement dès qu'il a eu vent de la chose. Dans notre couple, il incarne habituellement la révolution et moi la défense de l'ordre social. Particulièrement lorsqu'il s'agit d'une décision de justice. Parce que voyez-vous, quelques années en fac de droit m'ont appris que :
1) Ce que dit le code n'est pas forcément en phase avec les idées dominantes de la société (pour les réformes législatives comme lorsque vous prévoyez de faire un soufflé, comptez toujours un petit retard)
2) Les juges français n'ont pas le droit de dire autre chose que ce qu'il y a dans le code (une vieille histoire de méfiance héritée de l'Ancien Régime à l'égard de la "République des juges")
3) Les juges français n'ont pas le droit de dire : vous me gonflez avec vos histoires, débrouillez-vous, je ne veux pas savoir (sinon c'est un déni de justice et c'est très mal)
4) Pour être magistrat, il faut quand même sérieusement assurer le steack en droit. A de rares exceptions près (mais je n'ai désigné personne, oulà, pas de ça chez moi), ce sont des juristes particulièrement calés et qu'on ne peut soupçonner d'avoir choisi leur carrière par intérêt financier.

Partant de là et ignorant les imprécations de mon époux (je songe d'ailleurs à demander l'annulation du mariage pour dissimulation d'antipathie envers la magistrature), je me dis que quand tu es juge et qu'on vient encombrer ton tribunal, déjà passablement engorgé par de sordides affaires de divorce pour faute, pour une histoire de rondelle perdue et jamais retrouvée (ils ont bien regardé sous le lit, au moins, non parce que des fois avec les moutons de poussière...), tu dois vivre un grand moment de solitude. Et de misanthropie, aussi.

Cela étant dit, je vois nombre de bonnes raisons pour que ce mariage ait été annulé. Peut-être que le juge avait mal à la tête ce jour-là et qu'il n'avait pas envie de griller ce qui lui restait d'énergie pour deux familles de fêlés de la cafetière en mal de jeux de rôle médiévaux grandeur nature, alors il leur a donné leur satané papier d'annulation et ils sont partis pourrir la vie de quelqu'un d'autre et il a pu prendre son aspirine. Peut-être qu'il a appliqué le droit, tout simplement. Parce que oui, en droit, ça tient debout. On a vu des mariages annulés pour cause de mensonge sur le sang bleu de l'un des époux. Dans une République qui érige en principe indiscutable, du moins en théorie, l'abolition des privilèges. Voui, messieurs-dames. Peut-être qu'il a eu pitié de la jeune femme qui venait déjà de subir l'humiliation d'une répudiation publique devant les deux familles attablées (ah ben oui, le drap taché c'est au moment du dessert, en guise de trou normand, je suppose) et qu'il lui a donné la possibilité de se débarrasser rapidement du prix Nobel qu'on lui avait collé en guise de mari. Là pour le coup, c'est un peu raté puisque pour quelques schizophrènes de l'Histoire elle est devenue un vivant symbole du péché et pour les autres l'incarnation de la dissimulatrice compulsive. Vous imaginez un peu une procédure de divorce avec ce genre de mari ?


Parce que tu vois, je la plains cette fille et je me dis que si j'étais née dans ce genre de famille, je n'aurais peut-être pas placé la sincérité en valeur suprême et je n'aurais peut-être pas clamé sur tous les toits que j'avais déjà tâté de la bagatelle, histoire de voir comment c'était avec quelqu'un qui me plaisait. Je me serais probablement écrasée (je suppose qu'on en prend l'habitude, à force), j'aurais raconté tous les bobards que mes hystériques de parents, futurs beaux-parents, cousins, tantes et autres nuisibles voulaient entendre et j'aurais fait le dos rond en espérant qu'un miracle me sauverait du désastre. Sauf qu'il n'y a pas de miracles si loin de Lourdes. Ou de La Mecque, ce n'est pas la question.


Il y a des jours comme ça où j'embrasserais mon karma sur les deux joues si je le croisais.

dimanche 15 juin 2008

Y a plus d'saisons

Ce matin, j'ai lu "Il fera beau demain", un album sorti il y a quelques mois. C'est l'histoire d'un garçon qu'aucune goutte d'eau ne peut toucher qui rencontre une fille dont le plus grand plaisir est de marcher sous la pluie. Poétique, naïf et doucement mélancolique, avec un je ne sais quoi de Bidouille et Violette. Rien que du bonheur à l'heure des croissants.


mercredi 11 juin 2008

Inrockuptible

L'autre soir Cary Grant et moi étions sagement assis devant nos écrans respectifs. Celui-ci, baguenaudant sur le site de la Fnac voulut susciter mon intérêt en me rappelant d'anciennes amours (déçues, hélas) et s'écria : "tiens, ils ont un best of de Radiohead".
Ma réponse, aussi sincère que lapidaire, tint en une phrase : "le best of de Radiohead, il est vite fait, il s'appelle Ok Computer."


Tiens, j'aurais dû mettre Paranoid Android dans mon lecteur MP3, tout le monde aurait trouvé.

dimanche 8 juin 2008

Petite musique de nuit

Comme je m'y suis engagée il y a quelques lustres, je souhaitais apporter ma modeste contribution au grand jeu lancé il y a plusieurs semaines par Krazy Kitty : "dis-moi ce qu'il y a dans ton lecteur mp3 et je ne te dirai pas qui tu es, il y a des psy pour ça, pauvre taré(e)".

D'aucuns m'objecteront que j'arrive quelque temps après la bataille et je leur répondrai qu'après avoir levé d'imposantes barrières techniques, il m'a fallu composer avec quelques incidents de parcours fort fâcheux et particulièrement dommageables concernant la (bonne) tenue de ce blog mais qui ne vous regardent pas, bande de voyeuristes. Sachez seulement que je rattrape mon retard en films, en romans et en magazines et que j'ai le séant aplati par des journées en position avachie sur le canapé. Et que je veux retourner travailler. Laissez-moi sortir.

Cary Grant, toujours prêt à secourir la veuve de la technologie et l'orpheline du langage binaire pour peu qu'elle partageât régulièrement sa couche ( ah ben oui, la chevalerie c'est passé, il faudra s'y faire), s'est proposé pour confectionner le player qui faisait cruellement défaut au ci-devant billet. Je lui avais demandé quelque chose de sobre et qui me corresponde. C'est à dire un monument d'austérité pour le reste de l'humanité. Celle qui aime les couleurs, les formes courbes, les rires d'enfants et les chants d'oiseaux. La sotte. Je pense que je n'ai pas été suffisamment explicite. Ne contrarions point l'artiste et considérons qu'il s'agit de sa vision personnelle de la sobriété. Comme sur votre cafetière, il faut appuyer sur play pour que ça marche. Chaque extrait dure une trentaine de secondes. C'est bien suffisant me souffle-t-on. Les gens sont méchants.

Las, soupireront les exégètes, la pauvrette se fourvoit tragiquement. Il s'agissait non point d'un blind test mais de la transcription fidèle des deux premiers vers. Oui, c'est gentil j'avais bien compris mais primo la musique ça s'écoute, deuxio je ne comprend quasiment jamais ce que chantent les petits comiques que j'écoute (et pour certains, j'ai bien peu de chances de retrouver les paroles en question sur internet, déjà beau quand ils ont bricolé un pauvre myspace) et puis bande de malins, on fait comment pour écrire les paroles d'un morceau instrumental ? Hein ? Ca rigole moins, tout de suite.

Certains d'entre vous ne s'étonneront pas de trouver là quelques titres que j'ai pu semer au hasard de compilations à eux ou à quelqu'un de leur entourage destinées, voire des morceaux envoyés çà et là au hasard de correspondances électroniques diverses. Figurez-vous que, curieusement, je blinde mon mp3 avec des titres que j'aime particulièrement et que j'évite d'envoyer aux gens ceux qui me consternent. Du coup, forcément, il y a parfois doublon.

Donc après cette intro de deux pages digne d'un album de Metallica à l'époque où il ne faisaient pas encore de blues-rock, voici la sélection aléatoire dont vous êtes censés retrouver des bouts, ou pas. Pour ceux qui se sentent l'âme joueuse, hop, réponse dans les commentaires. Je tiens à préciser que malgré des ressemblances frappantes, il n'ya pas un seul morceau de Sardou dans cette sélection. C'est pour vous aider. Un peu.







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8- Monsieur de Sainte-Colombe : 59e concert à deux violes, le précipité en do majeur. Soufflé au You des alpages par Monsieur Krasu. On ne dira jamais assez de bien des pièces de Monsieur de Sainte-Colombe qui est à la viole de gambe ce que la mayonnaise est à l'oeuf dur. Indispensable. Moi aussi, je sais être lyrique.
9- Yann Tiersen : La rade. Trouvé par Monsieur Krasu. Alors Yann Tiersen, tu vois, j'en ai été amoureuse pendant des années. Jusqu'à ce que je le voie sur scène. Ce soir-là, j'ai repensé à la formule d'un copain de fac évoquant Jeff Buckley : "un nuage de vanité", m'avait-il sobrement asséné. Entretemps, le copain est devenu journaliste à "l'Equipe". Si c'est pas malheureux, tout de même, quand on a de telles fulgurances stylistiques.
10- Stina Nordenstam : Winter killing. Trouvé par Monsieur Krasu.
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19- Favez : The System. Trouvé par damisela. Ces délicieux helvètes l'ignorent mais ils ont écrit ce morceau pour moi.
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23- Lully : marche pour la cérémonie des Turcs. Trouvé par Killer Queen.
24- Aretha Franklin : Say a little prayer. Encore trouvé Par Killer Queen
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26- Charades : Hanna Arendt (extrait de l'album En ningun lugar). Trouvé par Killer Queen. Charades est signé sur le label espagnol "bcore" qui fait un discret mais excellent travail essentiellement axé autour de la pop et de l'emocore et dont je ne saurais trop vous recommander la découverte.
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29- Natacha Atlas : Ezzay. Trouvé par damisela. C'est LE grand classique de la chanteuse anglo-égyptienne, si je me souviens bien. Et comme à chaque fois que j'écoute un morceau de Mmes Amos ou Atlas, une pensée pour petit Fred. RIP.
30- Wim Mertens : No Testament. Trouvé par damisela.


Killer Queen : 5 points
Monsieur Krasu : 4 points
Damisela : 6 points

jeudi 5 juin 2008

Le fond du bocal (chapitre 2)

Il y a des jours comme ça où la moindre faiblesse est interdite, où le sens de l'humour se doit d'être inoxydable voire plaqué platine, où le monde s'ingénie à faire vaciller ta fragile foi en l'humanité, patiemment construite à coups de déni volontaire et d'optimisme délirant. Dans ce douloureux contexte, je préfère ne pas évoquer le thème de la justice sociale.

Notre bien-aimé ministre de l'Education se révoltait récemment à l'idée d'accorder trois semaines d'oisiveté pré-estivales à son petit peuple de lycéens. Déjà que les parents, ces feignasses, ont l'incroyable outrecuidance de renâcler à l'idée de travailler plus en échange de leur Smic, on ne va pas laisser la génération suivante gaspiller sa belle énergie à des activités non rentables. Avec cette aisance littéraire, cette culture classique et ce sens de la formule qui caractérisent notre gouvernement bien-aimé, il annonçait hardiment, à grands renforts de communiqués de presse, un programme audacieux crânement intitulé : "la reconquête du mois de juin".

Une société a les ambitions qu'elle mérite.

mardi 27 mai 2008

L'egoland

Que de capiteux pétales de lotus jonchent le chemin de Google. Parmi les requêtes qui ont amené de vrais gens ici, figure ce mois-ci : "Cary Grant, tout le monde veut prendre sa place". Hi, hi, hi (rire fat de pintade suffisante).

Sinon j'aimerais bien savoir pourquoi le Venezuela arrive en cinquième position dans la liste des pays d'origine de mes lecteurs. Amis vénézueliens, je n'ai rien contre les pauvres basanés (fussent-ils gauchistes) - je n'hésiterais d'ailleurs pas, preuve de ma largesse de vues, à les employer comme jardiniers si toutefois j'avais l'ombre d'un bout de gazon devant ma porte - mais tout de même, êtes-vous vraiment à votre place au sein de la délicate et raffinée société que nous formons, mes amis et moi ? Eh oui, mes braves, vous avez saisi le sens de mon propos, il y a raffinement et raffinerie. Pas de confusion, s'il vous plaît.

lundi 26 mai 2008

Give'em enough (eu)rope

Non mais vous vous rendez compte ?









Quelle honte. Il y a des mites dans les vestiaires de l'Eurovision.

dimanche 25 mai 2008

Mater dolorosa

Depuis quelques années, je suis mère. J'ai donc ma fête à moi, héritée d'un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître et dont les autres ne veulent rien savoir. Pour l'heure, l'héritier de mon immense fortune est trop jeune sur cette terre pour m'infliger chaque dernier dimanche de mai le mauvais goût dont les enfants font immanquablement preuve, que ce soit dans le choix de leurs vêtements, de leurs desserts ou de leurs présents.
Toutefois, si Dieu nous prête vie, ce temps viendra. En présence des témoins de confiance que vous êtes, je tiens à proclamer solennellement que, par affection pour mon fils, je suis prête à tout accepter avec le doux sourire des créatures aimantes : le collier de nouilles, le dessous de plat en pinces à linge, le parfum nauséabond, le bouquet de fleurs fanées de Super U et même la machine à café alors que je n'en bois pas.

Mais là, non. Pas moyen.






Non mais, sérieusement, qui offre ça à sa mère ?

jeudi 22 mai 2008

L'ombre de mon chien

...

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mercredi 21 mai 2008

Et les Shadoks pompaient...

Comme vous le savez, ma vie de recluse loin de toute forme de civlisation et l'absence, somme toute peu douloureuse, de télévision au sein de mon foyer me laissent dans l'ignorance absolue des soubresauts de notre société déliquescente. Quelques âmes charitables me font, de temps à autre, l'amitié de m'informer des faits marquants de la semaine. Aujourd'hui j'appris donc, quelques heures après avoir matutinalement approvisionné ma machine à polluer d'essence sans plomb 95, me réjouissant d'être seule à la pompe et de gagner ainsi quelques minutes à l'orée d'un bouclage qui s'annonçait très serré, que la France profonde se massait avec anxiété dans les stations service afin de remplir au ras du bouchon le réservoir de sa Peugeot. De quoi rouler au moins 200 km de plus que les copains si on nous refaisait le coup de mai 68. Il y a des jours où j'hésite entre la franche misanthropie et la tendresse condescendante.

Je me pris alors à songer à ce qu'il adviendrait de moi si j'étais temporairement privée de ma voiture. Rien de spécial en fait. Je ferais les interviews par téléphone et j'aurais toujours un bouclage par semaine à assurer mais depuis chez moi. Parce que si tu crois que mon boss va me dispenser de travail sous le fallacieux prétexte que le reste de la France se noie dans la chienlit, que l'ordre (?) mondial s'écroule et que le système solaire est sur le point d'imploser, tu te fais des illusions sur le genre humain, permets-moi de te le dire. J'assure une mission essentielle, figure-toi et c'est pas une petite apocalypse qui va nous empêcher de distribuer le journal en temps et heure.

N'empêche, juste pour voir, j'aimerais bien que ça dure un peu les petites facéties des marins pêcheurs. Quelqu'un a l'adresse pour leur envoyer des paniers-repas et des grilles de sudoku ? Ah, on me signale que c'est déjà fini. Pas moyen de se divertir, dans ce pays.

jeudi 15 mai 2008

Endstand by me

Ces derniers temps, les auteurs de blogs amis se sont adonnés à une impudique exhibition de leurs goûts musicaux, révélant ainsi plus sûrement l'intimité de leur âme qu'en cinq ans d'activité bloguesque intensive. Je ne résisterai pas longtemps à les imiter mais l'exercice pourrait, ici, être agrémenté de quelques notes de musique (et Dieu créa le multimedia) ce qui exige pour l'anti-geek que je suis de longues heures de travail et de coups de pieds dans mon unité centrale, sous le regard outré de Cary Grant, ami pour la vie de l'intelligence binaire et récent concepteur d'un player especially designed pour le ci-devant blog.

Malgré l'âpreté de la tâche qui m'attend, je me sens prête à relever, le front lisse et le coeur joyeux, ce défi technologique car ma mission est sacrée. Songez donc, innocents enfants de Dieu, que certains d'entre vous découvriront peut-être dans quelques jours et en ce lieu baigné de lumière, la vraie foi. Car il ne m'est pas inconnu que peu d'entre vous ont été enseignés et que, les autres, marchant dans l'ombre depuis tant d'années sont les malheureuses victimes des abjects ayatollahs qui règnent en maîtres sur les ondes françaises et se refusent, on se demande bien pourquoi, à laisser enfin le punk-hardcore envahir le monde pour bercer nos corps glacés et nos âmes égarées.

Pop-rock mainstream, que de crimes on commet en ton nom. L'indifférence à peine polie des medias français pour le style sus-cité réduit les quelques amateurs recensés aux dernières extrémités et engendre de terribles tragédies. Poursuivant, dans le vent glacé du désert culturel, le fol espoir d'alimenter leur lecteur mp3, ils sont acculés à se réunir par petits groupes dans les grandes villes et s'exposent ainsi à fréquenter les plus terrifiantes scories du genre, à savoir les bobos-punks voire les punks à chien. Ou bien, protégés comme moi par les hautes murailles de leur orgueilleux chef-lieu de canton dont le monde (Le Monde aussi, d'ailleurs) ignore jusqu'à l'existence, ils glanent de leurs mains tremblantes quelques maigres baies sur internet pour assouvir leur faim dévorante, frôlant chaque jour la frénésie qui menace de s'emparer de leur esprit.

De temps à autre, une perle étincelante découverte sous un amas de décombres vous emplit de joie. Je vécus récemment une telle félicité en me penchant, un soir de désoeuvrement, sur l'oeuvre d'un groupe finlandais assez obscur pour le fan moyen de Fall Out Boy mais tout auréolé de gloire dans le petit milieu punk-hardcore européen, j'ai nommé Endstand. L'un des raffinements ultimes dans le culte de l'undergroundeu consiste à mépriser ce qui fait consensus au sein des trois pelés et un tondu (mais il ne va pas aimer si vous le confondez avec un fasciste) qui résument à eux seuls l'intelligentsia, la critique et le bureau de la censure du genre. Ces dernières années, Endstand a fait les beaux jours des scènes européennes spécialisées dans la musique de sangliers et suscité des exclamations de joie chez les monsieur-je-sais-tout du hardcore, c'en était assez pour que je les évitasse scrupuleusement et avec obstination.

C'était compter sans mon karma particulièrement facétieux. Dans la mesure où ce dernier ne m'a pas encore offert de cancer pour Noël ni envoyé d'invitation à suivre le cercueil d'un de ceux que j'aime pour mon anniversaire, je persiste à penser qu'il a tout de même un bon fond et qu'il est plus farceur que méchant. Il plaça donc sur mon chemin quelques titres d'Endstand que j'écoutai avec ravissement, me réjouissant grandement de cette découverte inespérée en ce début de printemps 2008 et de la perspective de voir bientôt en concert ces boulimiques de la scène, à l'occasion de quelque festival estival.

Ils ont splitté fin janvier.


Pour ceux que ça intéresse et parce que le dessein ultime de ce billet est un prosélytisme éhonté, vous pouvez entendre un titre très abordable d'Endstand ici. Oui alors ce n'est pas du tout représentatif mais j'aime bien ce morceau, il n'y en a pas d'autre d'audible sur Youtube et surtout, dans ce clip uniquement, le chanteur s'acquitte presqu'avec brio de tous les poncifs du hardcore dancing. Mention particulière pour le mouvement des bras à 02'01 (hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, mes sens chavirent, mon coeur s'emballe, par pitié que l'on m'apporte mes sels).

lundi 12 mai 2008

On a retrouvé Fang






Bon d'accord, ça ne peut faire sourire que les aficionados de Maliki. Autrement dit, 80% à 90% de mes (deux) lecteurs.
N'empêche que chez VediorBis, ils ont un sens de l'humour... Comment dit-on déjà ? Ah oui, spécial.