mercredi, janvier 4 2012
Par Miss SFW le mercredi, janvier 4 2012, 21:14 - Méditations mystico-gélatineuses
Je ne lis jamais les journaux ou plus exactement jamais en période dépressive car j’ai l’instinct de survie très chatouilleux. Hélas, durant mes rares parenthèses d’euphorie, je ne répugne pas à m’emparer d’un quotidien français ou espagnol, histoire de réaliser à quel point mon espèce est consternante et dans quels abysses sidérants a sombré ma chancelante maîtrise de la langue de Perez Galdos, ces deux perspectives me précipitant dans des affres de souffrance d’égale intensité et me ramenant immanquablement à l’état antérieur de prostration geignarde.
Avant de me rouler de nouveau en boule, je tiens à vous faire part de ma découverte du jour : le docteur Dukan n’est point mort et, en dépit des immenses espoirs placés dans l’escalope de dinde et les bâtons de surimi king size, il ne s’est pas encore étouffé. Pour ceux qui l’ignoreraient, le docteur Dukan est devenu fort riche en prônant l’ingestion massive de protéines, méthode qui n’a pas fait toutes ses preuves pour maigrir mais multiplie sans coup férir votre empreinte écologique par dix. Sur ce dernier point, les résultats sont garantis. Ce monsieur, donc, proposait par l’intermédiaire d’un quotidien humoristique, à savoir le Parisien qui, depuis des décennies, fait du journalisme pour de rire, d’accorder aux lycéens minces des points supplémentaires en vue de l’obtention de leur bac.
Quelle brillante idée. Au passage, M. Dukan confirme que le cerveau se nourrit exclusivement de glucides et non de protéines. Empêchons donc les gros d’avoir leur bac. De toute façon, les bancs de la fac sont trop étroits pour eux et personne ne leur donnera de travail. Parce qu'ils sont gros. Motivons les jeunes et construisons tous ensemble des générations d’anorexiques. Enfin une réponse intelligente à la crise économique et à la surpopulation. Comme ils disent chez Ikea, l'espace ça se crée.
Au surplus (pondéral), vous n’aurez pas manqué de noter la crédibilité qu’un tel aménagement donnerait au bac.On ne le dit pas assez mais les maths, le français et la philo sont scandaleusement discriminants. Des jeunes ratent leur bac au seul motif qu’ils sont mous du bulbe et ont passé leurs cinq années de lycée à tripoter leur smartphone en vue de télécharger des sonneries du meilleur goût. Ne tolérons plus cette injustice. Réformons, mes amis, cette institution inique et mettons à l’honneur les savoir-faire qui révèlent l’esprit éclairé de nos adolescents. Réclamons à grands cris l’option maquillage pour les filles et cartonnage capillaire pour les garçons, la dominante « sms à orthographe créative », le module « ricanement hystérique avec mes crétins de condisciples en prenant toute la largeur du trottoir ». Cessons de vouloir enseigner à tout prix une jeunesse innocente qui ne demande qu’à vivre. Consommo ergo sum, nous crie désespérément cette génération sacrifiée à l’ennui des ouvrages poussiéreux dont nous voudrions l’abrutir, alors qu’au dehors la brise apporte le frais parfum de l’insouciance et que c’est bientôt les soldes. Insensés censeurs que nous sommes, on n’arrête pas le déferlement joyeux et triomphant de la jeunesse. Laissons-les vivre selon leur nature véritable, demandons-leur seulement d’être beaux, minces, bien coiffés et construisons tous ensemble un avenir radieux et enfin photogénique.
mardi, décembre 27 2011
Par Miss SFW le mardi, décembre 27 2011, 20:56 - I'm a loser, baby
Alors que je me laissais submerger par la consternation et la misanthropie dans les embouteillages urbains consécutifs aux réjouissances de fin d'année et à la frénésie d'achats aussi inutiles que compulsifs qu'elles génèrent et que je songeais au message de frugalité et de sagesse qu'avait tenté de nous laisser celui que nous sommes censés fêter, mon après-midi s'acheva en apothéose lorsque j'entrevis sur ma droite un trentenaire au volant de son automobile suffisamment chérie pour qu'elle fût ornée d'une fausse mignonnette d'un alcool quelconque suspendue au rétroviseur intérieur et d'un ballon de rugby véritable sur la plage arrière. Mon découragement fut à son comble quand je réalisai qu'une jeune femme était assise sur le siège du passager. Je songeai alors à tous les hommes célibataires et malheureux de l'être qui ne se pochtronnent pas avec leurs potes avachis devant le match, qui savent lire, se lavent tous les jours, cèdent leur place aux vieilles dames dans le bus et achètent tristement chez Picard des plats pour une personne.
Afin de survivre à cette année 2011 particulièrement fertile en déconvenues abyssales de tout ordre et à l'issue de laquelle je me demande avec insistance si je ne ferais pas mieux d'aller habiter sur une île déserte avec les cendres de mon chien, je décidai lâchement qu'il s'agissait de sa soeur.
Fiat lux.
dimanche, décembre 4 2011
Par Miss SFW le dimanche, décembre 4 2011, 21:48 - Bien plus qu'un métier...

Je serais assez curieuse de connaître l'imparfait du subjonctif du verbe "peur".
Une question, cependant, me taraude. Qu'y a-t-il de plus terrifiant que voir son pays dirigé par des illettrés ? Rien, si ce n'est constater qu'il est informé par des analphabètes.
*Que cet acte de décès de la presse régionale française ne vous empêche pas d'écouter l'excellent album de Ventura.
mardi, novembre 22 2011
Par Miss SFW le mardi, novembre 22 2011, 19:08 - Choses vues
Nantie d'une baguette de pain dans la main gauche et d'un Petit Prince dans la main droite, alors que je me dirigeais nonchalamment vers les caisses de mon supermarché de quartier, slalomant adroitement entre les étals de chocolats qui encombrent l'espace déjà compté de ce genre d'établissement - quand je pense que d'aucuns paient des fortunes pour une semaine de sports d'hiver - quelle ne fut pas ma stupéfaction devant le rayon croquettes. L'Europe va mal, c'est moi qui vous le dis, et notre vieille culture part à vau l'eau. En vue de préfigurer la fin du monde ou de nous la faire espérer, je ne sais trop, Gourmet, marque de pâtée pour félins abouliques, a sorti un calendrier de l'avent pour chats. Une boîte différente pour chaque jour et un cadeau surprise pour Noël. Tel que je vous le dis. Et ce alors que, fêtes de fin d'année ou pas, toutes les six secondes un enfant meurt de malnutrition ou de sous-nutrition.
Pour Noël, je sais ce que je veux. Une grotte.
mardi, novembre 15 2011
Par Miss SFW le mardi, novembre 15 2011, 20:44 - The world is not enough
Certains d'entre vous auront noté l'attaque infâme dont je fus victime ce jour et qui me mit aux prises avec les boches honnis, leurs casques à pointe et leurs spams perfides. Aussi pompiers et pesants dans l'agression électronique que dans la conception de leurs automobiles pachydermiques, croyez-vous qu'ils eurent le bon goût de semer çà et là une pittoresque propagande pour un site de produits pharmaceutiques non homologués ou de crédits à taux usuraires ? Que nenni, un spam par billet. Rien moins que cela. La grosse Bertha du parasitisme virtuel.
Messieurs les Prussiens, tirez les premiers. Alors que les gerbes du 11 novembre n'ont pas seulement commencé à faner, votre effraction témoigne d'un goût exquis, soyez-en sûrs. Sachez que la France n'a pas dit son dernier mot et je m'en vais de ce pas ressusciter une ligne Maginot que vous serez bien en peine, cette fois, de contourner. Messieurs, je ne vous salue pas et je vous jette mon gant à la figure.
vendredi, novembre 11 2011
Par Miss SFW le vendredi, novembre 11 2011, 21:57 - Méditations mystico-gélatineuses
Ce brillant morceau d'indie folk que j'écoute en boucle dans ma voiture m'a, l'autre jour, plongée dans les périlleux abîmes du souvenir.
J'avais 17 ans, je n'habitais plus chez mes parents, j'étais en terminale et j'avais décidé que la philosophie allait répondre aux douloureuses questions qui me taraudaient, depuis la dernière année de maternelle pour certaines. Je déployais donc un zèle acharné dans l'étude de cette matière, effort d'autant plus méritoire que je me heurtais à un rapport travail/résultats particulièrement décevant.
Je n'avais commencé à établir un semblant de rapports humains avec mes contemporains qu'en entrant au lycée et encore ces relations étaient-elles demeurées embryonnaires durant l'année de seconde. Hormis quelques rares élus qui trouvaient grâce à mes yeux hautains, je considérais la masse de mes congénères comme nulle et non avenue. Je méprisais préférentiellement les capitaines de l'équipe de football et leurs pom-pom girls version franchouillarde qui portaient pour 2000 francs de vêtements, n'avaient pas d'acné et faisaient rêver la plèbe. Deux mâles alpha attiraient prioritairement mes foudres. Fils de notables locaux, aussi méprisants qu'incultes, ils étalaient bruyamment leur vacuité crasse sur les sièges du fond du bus que je prenais matin et soir. Ces enfants chéris du sort, adulés par leur famille, qui attendaient sereinement leur héritage en végétant derrière leur sourire de star et leur coupe impeccable avaient le don de m'agacer. Je me souviens m'être souvent et copieusement gaussée de l'un des deux, dont l'indigence intellectuelle était particulièrement manifeste, avec un camarade aussi binoclard et helléniste que moi. Nous étions, nous aussi, de petits cons.
Puis vint la terminale et la rétive philosophie. Je m'échinais, ce soir-là, sur une dissertation, dont j'ai oublié le sujet, et je m'interrogeais sur l'existence de Dieu. Ecartelée entre Freud et Descartes, je ne savais quel parti choisir. Mes capacités de réflexion étaient parfaitement dépassées par cette question et je commençais à me demander si la philosophie m'apporterait autre chose que le sentiment d'être fort sotte. Là-dessus, le téléphone sonna. C'était ma mère. Elle me demanda si je me souvenais des deux fils prodigues précités. Je lui dis que oui. Elle m'asséna alors qu'en rentrant de discothèque en compagnie de deux jeunes filles de leur âge, deux soeurs, leur voiture avait quitté la route pour s'écraser dans une vigne en contrebas. Ils avaient brulé vifs, tous les quatre et des témoins les avaient entendu crier. J'ai raccroché. J'ai pensé à leurs vingt ans qu'ils n'auraient pas, à leurs parents, à cette horreur sans nom et j'ai compris qu'il y aurait désormais une question que je ne me poserais plus.
jeudi, octobre 27 2011
Par Miss SFW le jeudi, octobre 27 2011, 22:39 - I'm a loser, baby
Désormais, il faut affronter l'affreuse réalité et cesser de fuir l'inexorable évidence. Mon papyrus n'est pas heureux avec moi. Ma vie est un échec.
mercredi, octobre 19 2011
Par Miss SFW le mercredi, octobre 19 2011, 21:09 - Chroniques de Nevarsin
Alors que je patientais chez le coiffeur, attendant sagement que l'on vînt réduire à néant ma pléthorique production de kératine de ce dernier mois, j'entendis le dialogue suivant :
- La cliente : Vous êtes séparée, il me semble.
- La coiffeuse : Oui, mon mari a fait des bêtises.
- La cliente : Ah.
- La coiffeuse : Et comme j'étais malade, j'étais toute seule avec ma chimiothérapie. Alors bon.
Vous trouverez dans ces sottes et inutiles publications appelées magazines féminins d'ineptes assertions selon lesquelles aller chez le coiffeur remonte le moral. J'en viendrais presque à regretter les autodafés.
mardi, octobre 11 2011
Par Miss SFW le mardi, octobre 11 2011, 20:59 - The world is not enough
J'ai appris aujourd'hui que Ioulia Timochenko était condamnée à un septennat en prison. Au vu des prouesses capillaires qu'elle accomplissait quotidiennement en dépit de l'emploi du temps surchargé d'un premier ministre, je suis tout à fait curieuse de savoir quelles extravagantes constructions blondes nous réservent sept longues années d'oisiveté.
Mon agent a raison, ce blog ne parlera plus que de mode, de maquillage et de sexe. C'est tellement intéressant. A moi la couverture de Closer, les soirées privées avec David Guetta et les vacances à Chamonix. Quoique. La coke et les putes, à mon âge...
lundi, octobre 10 2011
Par Miss SFW le lundi, octobre 10 2011, 21:19 - Sex, chocolate and rock'n'roll
Alors que j'avais décidé d'une soirée sans internet, un shabbat de la virtualité en quelque sorte, je faisais mon intellectuelle en lisant des polésies parnassiennes à Monsieur Cary Grant, lequel tentait vainement d'échapper à mon interminable monologue - entrecoupé de ricanements sur les péroraisons esthétisantes de Hérédia - en faisant mine de m'ignorer, les yeux rivés à son écran, lorsque tout à coup sans prévenir ni coup férir, je tombai sur ceci :
Nymphes
Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses
Mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor
Des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.
Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent pliés sous la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.
O lèvres, versez-moi les divines salives
La volupté du sang, la vapeur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser.
O fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines
Balancez vers mon coeur sans jamais l'apaiser
L'encens mystérieux des senteurs féminines.
Pierre Louÿs (1870-1925)
Cher Pierre, je m'interroge. Une telle licence en votre siècle pudibond, à l'aube d'une carrière pourtant prometteuse dans les salons parisiens, ne peut que laisser songeur. Mais où aviez-vous donc la tête ?
mardi, octobre 4 2011
Par Miss SFW le mardi, octobre 4 2011, 13:35 - I'm a loser, baby
Pour quelques mois encore, j'ai un emploi. Dont le lieu d'exécution se trouve placé dans un très beau bâtiment de verre et de bois, idéalement situé (je prépare ma reconversion vers le métier d'agent immobilier) en haut d'une colline. A côté, la petite maison dans la prairie ressemble à une tour de Sarcelles. Ledit monticule domine la bonne ville de Nevarsin dont je puis, à toute heure du jour, contempler la parfaite immobilité que viennent parfois agrémenter de somptueux embouteillages sur l'autoroute qui relie la capitale de la France à celle du sud-ouest.
Ce matin, alors que je garais la twingo que le monde m'envie sur le parking panoramique, je braillais avec conviction et Christian Wicky : "someday all this will be mine" (titre proprement renversant que l'on ne trouve même pas chez ces gueux de Youtube, dont conséquemment l'existence même me semble sujette à discussion). Je levai alors de mon volant les yeux que personne ne m'envie et, ô sainte terreur, Nevarsin s'étendait à mes pieds.
Quelques minutes plus tard :
"Allo, petit Jésus ? Suite à une erreur de transmission de ma part, ce serait pour annuler une procédure de souhait. Par pitié."
*Regarde donc Madonna courant dans les premières secondes de la vidéo. Tu comprendras instantanément ce que veulent dire les Bloodhound Gang par "you run like a girl".
samedi, septembre 17 2011
Par Miss SFW le samedi, septembre 17 2011, 21:54 - I'm a loser, baby
Alors que je croyais pouvoir mener une existence paisible et retirée au plus profond des solitudes glacées de Nevarsin, il m'arriva une stupéfiante aventure. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai assisté un concert de musique expérimentale. Aux plus perspicaces de mes lecteurs qui se souviendraient que je ne suis qu'une vieille punk staliniste, je me dois de livrer une explication. Seule la force de l'amûr a pu me mouvoir jusqu'en ce lieu terrifiant où nulle pédale de distorsion ne pouvait me sauver. Orphée tentant de récupérer Eurydice aux enfers aurait fait figure de pleutre à côté de l'héroïsme dont je sus faire montre en la circonstance. Il s'agissait, voyez-vous, de répondre à l'invitation d'une relation amicale de Cary Grant. Nous avions déjà poliment décliné il y a quelques mois, prétextant un cor au pied ou une panne de gaufrier, je ne sais plus. Face à l'insistance dudit ami, qui nous est suffisamment sympathique pour que nous songions à lui faire plaisir, nous avons courageusement sauté le pas. Hop.
Or donc, il s'agissait d'une performance à base de percussions. Allez savoir pourquoi, j'ai pensé aux Fatals Picards et à Jean-Marc Sauvagnargues pendant une bonne partie du concert (redoutant de vous laisser dans une ignorance crasse, je vous recommande vivement de vous reporter à la chanson cachée à la fin de Pamplemousse Mécanique, à partir de la quatrième minute, je suis une mère pour vous). Un monsieur, probablement charmant mais quelque peu déconcertant, frottait des objets divers sur une grosse caisse posée à l'horizontale, faisait rouler des galets sur la scène ou les frappait avec une injuste sévérité. Alors que Cary Grant s'était endormi contre moi et me bavait un peu sur l'épaule, tandis que le Petit Prince s'était écroulé de sommeil sur l'accoudoir et menaçait de lâcher ses cartes Pokemon entre deux sièges au velours décati, je dus reconnaître qu'il pouvait sortir des sons tout à fait étonnants d'une pomme de pin et d'une cymbale. Et convenir avec mes voisins que, même dans le cadre d'une recherche musicale tout à fait louable, le grincement reste un son particulièrement déplaisant. Contre toute attente, je trouvai tout cela impressionnant voire intéressant.
Il m'aura manqué toutefois, le concours d'un éclairagiste inspiré qui eût pu illuminer le public tout aussi judicieusement que la scène. Se trouvait là tout ce que compte Nevarsin de profs d'art et de cultureux à catogan poivre et sel. Un reste de Big Mac traîtreusement collé sur une dent et inopinément découvert par les autres spectateurs eût pu rapidement virer au lynchage de ma frêle personne et je songeai avec quelque épouvante que je devais être la seule de la salle à ne pas composter mes épluchures de légumes (et à chanter du Indochine avec son fils). Je m'attendais à voir surgir José Bové à tout moment mais il n'a pas dû pouvoir garer son 4X4. Car, croyez-le ou pas, la salle était comble. Ce que je ne tardai pas à déplorer.
Qu'il me soit ici permis, alors que nous nous trouvons entre gens de bonne compagnie sagement accros aux rythmes binaires et persuadés que Ventura représente l'étape ultime du bruitisme progressif, de pousser un hurlement de rébellion et de colère à l'encontre de la pseudo-élite culturelle française dont je dus, bien malgré moi, supporter le voisinage lors de ma brève incartade en direction de l'art contemporain. Mesdames et messieurs les garants du bon goût, je tiens à vous faire remarquer que, si le déodorant et la lessive sont anti-écologiques et favorisent peut-être même le cancer du sida, ils ont l'indiscutable mérite de sentir bon et d'alléger la souffrance olfactive de vos semblables.
Où va-t-on, je vous le demande un peu. Espérant passer une soirée snob et édifiante en compagnie de la fine fleur artistico-prout-prout locale, j'ai fini par avoir l'obsédante impression d'assister à un concert de crust, entourée de punks à chiens. Comme disait ce bon vieux Charles, c'est la chienlit.
mercredi, septembre 14 2011
Par Miss SFW le mercredi, septembre 14 2011, 21:03 - Choses vues

Le Ciel vous entende.
vendredi, août 5 2011
Par Miss SFW le vendredi, août 5 2011, 22:26 - Choses vues
Il y a peu et dans la plus grande discrétion, ce blog est entré dans sa dernière année d'existence. La vraie vie, quoique fort peu attractive en ce moment, m'a tenue éloignée de ma demeure virtuelle et c'est fâcheux. D'ailleurs, m'étant subrepticement soustraite à la montagne de cartons qui m'attend impitoyablement, je ne sais si la vigilance de mes geôliers pourra rester longtemps assoupie. Ne vous étonnez pas si nous sommes grossièrement interrompus par les exigences de la sotte matérialité. Une fois de plus, chats, livres et bocaux vont devoir quitter leur étagère. Afin d'innover un peu au coeur de nos grises existences de vieux trentenaires, Cary Grant et moi nous sommes lancés un nouveau défi : le déménagement flash (ensemble des préparatifs sous un délai de 10 jours) avec transfert de biens meubles aux alentours du 15 août. On s'amuse comme on peut.
Mais je ne changerai pas de quartier nevarsinien sans vous avoir raconté mon périple en Bretanie. En vue d'attirer ici une foule toujours plus nombreuse, j'ai décidé de sacrifier aux recommandations des agences de conseil media et d'illustrer abondamment mon propos, ne le commentant que de quelques lignes lapidaires. Les fautes d'orthographe seraient un plus apprécié d'une majorité des lecteurs de moins de 78 ans, j'en ai conscience, mais des réductions drastiques de budget ne me permettent pas d'embaucher les plumes d'exception des versions en ligne du Monde ou du Figaro avec lesquelles ne peuvent guère rivaliser que les stagiaires de la police nationale.
En Bretanie, il fait beau et chaud, sauf les jours en "i" et le dimanche. Dieu et Photoshop merci, la fonction "niveaux" crée une illusion quasi parfaite.
Ne nous cachons pas qu'à l'instar de leur climat terrifiant, les Bretons paraissent un peu froids. Mais il faut savoir aller au-delà des apparences pour découvrir qu'en fait, ils sont aussi conviviaux qu'un arrêt du Conseil d'Etat.
Malgré la qualité d'accueil exceptionnelle, les difficultés économiques ne doivent pas être éludées. Un niveau préoccupant de chômage associé à une prévalence de l'obésité chez les plus jeunes appellent des mesures énergiques.
D'intéressantes particularités culturelles ne peuvent échapper à l'oeil exercé du globe-trotter. A noter également que les habitants de la Bretanie révèrent avec autant d'enthousiasme les ministres du culte que leurs saints locaux qui sont aussi nombreux que les bulles dans une crêpe au sarrasin. Si vous collectionnez les gisants d'évêques obscurs, n'hésitez plus, la Bretanie est faite pour vous.
Très tôt impliqués dans le développement durable, les habitants de la Bretanie ont pris l'habitude de recycler leurs coques de bateaux en toutes sortes d'objets utiles au quotidien et notamment en toits de chapelle. Les procédés de transfert de ces coques du sol au plafond des églises restent un secret aussi jalousement gardé que celui du miracle chimique qui permet aux biscuits bretons de dépasser les 100% de beurre. Comme le prouve la photo suivante, les Bretons sont capables de déplacer des biens apparemment immeubles avec une déconcertante facilité et ce, y compris dans un état d'ébriété avancée que trahit toutefois le rendu un peu erratique de ces expériences.

Durant notre (court) séjour, il s'est passé des trucs incroyables. Les journalistes déchus et déçus que nous sommes caressons désormais le projet d'installer définitivement notre activité professionnelle dans cette région ô combien dynamique et surprenante.
D'ailleurs nous avons trouvé un lotissement très sympa avec des voisins charmants.
*Fiat lux (puisqu'il paraît que d'aucuns cliquent sur les liens que je m'échine à insérer). Fort curieusement, j'ai fredonné ce morceau durant toute notre semaine en Bretanie et mon cerveau gelé évoquait inlassablement la video associée. D'ailleurs, lorsque my own personal Cary Grant sera parti avec une Marilyn Monroe de province, j'épouserai Dan Mangan qui m'émeut infiniment et a l'air de tenir chaud.
mardi, juin 28 2011
Par Miss SFW le mardi, juin 28 2011, 23:11 - I'm a loser, baby
Note pour plus tard : si, patientant au feu rouge dans ta twingo rose, à l'issue d'une dure journée de labeur au service de la patrie, tu t'aperçois que le gentil trentenaire en chemise bleu azur dans la file d'à côté te fixe avec des yeux terrifiés, un constat - douloureux mais lucide - s'impose : tu chantes trop fort (et mal) (sur du Favez, en plus, si c'est pas malheureux).
mercredi, juin 22 2011
Par Miss SFW le mercredi, juin 22 2011, 22:31 - Choses vues
Ma grand-mère, amusante octogénaire élevée en fût de chêne et issue des meilleurs cépages bordelais, peut s'enorgueillir d'une petite célébrité locale et d'une certaine aura au sein de la famille, renommée qu'elle ne doit qu'à un travail acharné de plus d'un demi-siècle au service de la médisance et du coup de poignard verbal. Conjuguant le talent à la modestie, elle décoche ses traits les mieux ajustés avec ce sourire plein de bonhomie qu'on ne rencontre guère que chez les grands champions au sommet de leur art et aucune manoeuvre de l'adversaire, fût-il spécialiste du domaine sur lequel elle aligne, toute honte bue, une série d'inepties sans nom, ne peut la déstabiliser. Elle sait et cette certitude lui tient lieu de religion. Les contradicteurs ne sont que roupies de sansonnet, voire de sournois francs-maçons dont on ne dénoncera jamais assez la maligne influence.
Récemment, alors qu'elle était décidée- car il faut bien s'occuper maintenant que la Chance aux chansons a été ignominieusement supprimée - à mortifier sa fille, laquelle peine à se remettre d'un divorce particulièrement douloureux à quelques années d'une retraite désormais bien peu désirée, elle entreprit de morigéner d'importance cette sotte femelle quant à son infamant état de célibataire. Une femme ne pouvant se targuer d'aucun statut la liant à un homme est, pour certaines générations et pour ma grand-mère en particulier, un être inconcevable. Elle-même, mariée depuis la fin de la guerre (la deuxième), trouve tout à fait normal, et pour tout dire charitable, de donner quelques conseils de bon aloi aux petites jeunes de cinquante ans qui ne connaissent rien à la vie et se montrent incapables de s'adapter aux mutations du monde moderne.
"Ce n'est pas en passant tes journées à t'occuper du jardin que tu vas trouver un homme", expliquait-elle avec le bon sens qui la caractérise. Et, balayant d'un revers de main une timide objection, elle eut ce mot sublime : "tu n'as qu'à faire comme tout le monde, inscris-toi sur Mystique".
jeudi, juin 16 2011
Par Miss SFW le jeudi, juin 16 2011, 21:29 - Leader cheap
J'apprends avec une infinie tristesse que l'un des sujets du baccalauréat de philosophie de cette année était ainsi piteusement rédigé : "l'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ? "
En vérité, je vous le dis, l'alphabétisation des inspections académiques doit devenir une priorité nationale.
dimanche, juin 5 2011
Par Miss SFW le dimanche, juin 5 2011, 21:34 - The world is not enough
Je m'indignais, car je suis toujours à la pointe de la mode - fût-elle la plus sotte qui se puisse imaginer - devant la Une du Monde qui annonçait la mort d'un enfant syrien de 13 ans sous la torture. Malgré mon grand âge et le suffocant flot d'atrocités entrevues depuis le jour de ma naissance, il me semblait à peine imaginable que cela se pût. Je fis part de mon incrédulité à Cary Grant qui me répondit, avec cet inoxydable calme que l'on ne rencontre plus guère que chez les grands mélancoliques dans les heures qui suivent leur électrochoc remboursé par la sécurité sociale : "Tu sais, là-bas c'est à l'ancienne. Et pendant ce temps, nos gars du Louvre leur expliquent comment bien ranger leurs collections".
Je suppose que j'ai épousé ce garçon pour m'aider à affronter la laideur du monde.
*Fiat lux
dimanche, mai 29 2011
Par Miss SFW le dimanche, mai 29 2011, 20:09 - Chroniques de Nevarsin
Nevarsin est une ville décidément étonnante :

mardi, mai 24 2011
Par Miss SFW le mardi, mai 24 2011, 22:30 - Riot girl
Cher lecteur, chère lectrice, il se passe des choses incroyables dans notre beau pays. Figure-toi que la région Ile-de-France propose aux lycéens et surtout aux lycéennes, un "pass santé contraception". Ne te gausse point, esprit taquin, et songe avec un peu de compassion à la moyenne d'âge de nos élus territoriaux. Il n'est pas exclu qu'ils aient longuement débattu sur l'intitulé de l'opération et soient sortis de séance avec au coeur l'ineffable douceur que seul peut donner le sentiment du devoir accompli. Tu verras quand tu auras 70 ans et que tu auras besoin de sous-titres pour comprendre les petits jeunes (c'est-à-dire les trentenaires). Mais cessons-là notre importune digression pour nous intéresser au contenu de cette exemplaire opération.
Les heureux bénéficiaires de ce dispositif se verront remettre une série de coupons leur donnant droit à des prestations de santé (consultation chez un généraliste ou un gynécologue, analyses sanguines, j'en passe et des meilleures). Ils ont dû trouver un vieux stock de tickets de rationnement des années 40 et en ces temps de culte du développement durable, de grands esprits ont planché pour recycler ces matériaux d'excellente qualité au demeurant, car à cette époque on savait travailler, ma bonne dame.
De belles âmes expliquent d'ailleurs dans les colonnes du Monde que le nombre d'avortements est en augmentation chez les adolescentes. Et de citer le gynécologue "chargé par le gouvernement de réfléchir à l'idée d'une contraception anonyme et gratuite pour les mineures". Pour les mineures, donc. Parce que les mineurs, non. Ils n'ont pas besoin de contraception, eux. C'est bien connu, les femmes font les enfants seules, les hommes se contentant de fumer dans le lit, pour se donner une contenance. Je reconnais que j'aurais peut-être recours à la nicotine si, moi aussi, je devais être cantonnée au rôle de spectatrice de l'autarcie procréatrice de ma moitié.
Cher lecteur, chère lectrice, je pressens que tu vas me trouver mesquine et me jeter à la face l'esprit et la lettre de l'initiative de nos amis les élus franciliens. Certes, l'opération annonce dès l'abord qu'il s'agit de faciliter l'accès à toutes les méthodes de contraception. Cher lecteur, chère lectrice, me prendrais-tu pour un jambon ? Tu en connais beaucoup des méthodes de contraception qui nécessitent une consultation médicale et des analyses sanguines ? Moi qui suis provinciale et assez peu au fait des nouveautés, je n'en vois qu'une. Celle-là même qu'essaient de te fourguer tous les gynécologues et les généralistes que tu consultes, pour quelque motif que ce soit, lorsque tu as le malheur d'avoir deux chromosomes X et un âge compris entre 14 et 25 ans. La sacro-sainte pilule contraceptive. Amen.
Qui oserait proférer la moindre critique à l'endroit de la merveilleuse pilule contraceptive qui a libéré nos mères, il est vrai, de leur maudite fertilité mais peut-être encore davantage nos pères qui pouvaient définitivement ranger la reproduction humaine au rayon femme et décliner toute responsabilité lorsque l'enfant paraît ? Combien de fois ai-je entendu ces condamnations sans appel de la fieffée garce qui se retrouve enceinte alors qu'elle était censée prendre la pilule ? Combien d'anecdotes sur ces sales tricheuses qui "piègent" leur concubin en le rendant père sans son consentement ? Comme s'il était dû aux hommes de pouvoir jouir sans entraves ni préoccupations. La cuisine hormonale, la contrainte d'un traitement quotidien, la responsabilité enfin de maîtriser la fécondité cela sied bien aux femmes, habituées qu'elles sont à gérer les corvées d'un ménage.
Tant pis pour les risques d'accident vasculaire cérébral ou de cancer. La tranquillité d'esprit de l'homme le vaut bien. Pour la femme, au contraire, le sacrifice de soi va de pair avec l'amour. Que penser alors de ces effrontées qui refusent de prendre la pilule et mêlent sans vergogne les paquets de préservatifs aux courses hebdomadaires sur le tapis roulant des caisses ? Ce ne sont au mieux que d'affreuses mantes religieuses maintenant le malheureux mâle pris dans leurs filets dans la contrainte et la sujétion, au pire d'éhontées ribaudes qui se vautrent dans le stupre et la fornication polygamique, au mépris de toute morale. Et comme le SIDA se soigne très bien de nos jours, tu mets un patch et tu es guéri, on se demande bien pourquoi il faudrait embêter nos chers petits adolescents avec le préservatif qui brime leur virilité naissante et abat froidement d'une balle dans la nuque l'exquise candeur de leurs primes amourettes. Comme chacun sait, rien n'est plus romantique que l'herpès génital, la blénorrhagie ou la syphilis, par ailleurs furieusement tendance cette saison.
J'espérais, car je suis une indécrottable naïve, faire partie de la dernière génération exposée à ce genre d'inepties. Il semblerait que je n'aie pas vu la société s'enliser dans le sexisme crasse et hypocrite que révèle ce genre de dispositif dont les promoteurs ont encore le front de prétendre oeuvrer pour le progrès social. Je devrais regarder plus souvent la télé.
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