J'aime le suranné, le désuet, l'arsenic et les vieilles dentelles. L'annonce du concert de Depeche Mode à Carcassonne, cet été, m'a donc submergée de joie guillerette à l'idée de lever mes petits poings en glapissant "I don't want to start any blasphemous rumours
But I think that god's got a sick sense of humor
And when I die I expect to find him laughing".
Avisant le prix des places les moins dispendieuses, je poussai un couinement de phacochère découvrant le programme télé de la semaine : yiuuuurk, 61 euros !
Evidemment, j'ai bien conscience qu'un groupe de cette envergure a des frais à couvrir. Bien sûr, j'avais entendu parler de l'explosion des cours des matières premières. Mais je n'avais pas pensé à celui de l'héroïne, dis donc.
Fiat lux. Affreux, bêtes et vulgaires, je lance une demande en mariage collective. Celui-là n'est pas mal non plus. C'est mon jour de munificence, je te propose également cette reprise sans intérêt par un groupe qui a failli présenter un intérêt, mais non en fait. Emo sucks.
vendredi, juillet 3 2009
The inevitable return of the great white dope
Par Miss SFW le vendredi, juillet 3 2009, 21:52 - Sex, chocolate and rock'n'roll
lundi, juin 29 2009
Jail house rock
Par Miss SFW le lundi, juin 29 2009, 21:02 - Office lady
Cher lecteur, comme tu ne le sais pas encore, le bâtiment dans lequel j'ai la chance inouïe de travailler jouxte la maison d'arrêt départementale. Si le mardi est jour de visites, le vendredi est habituellement l'occasion de barbecues dont nous profitons olfactivement jusque dans nos bureaux, à l'heure où nous enfournons en vue d'un abject micro-ondage, nos infâmes tupperware de coquillettes au beurre. Ventre affamé n'a point d'oreille ni de coeur, nous nous vengeons alors par de basses railleries sur l'inflammabilité du détenu standard. Que celui qui n'a pas vu cette scène insoutenable du type qui brûle enfermé dans sa cellule après sabotage du plafonnier me jette la première allumette.
Aujourd'hui, c'était la boum de fin d'année et un orchestre, particulièrement doué pour les reprises des Gipsy Kings - non, pas de sociologie pénitentiaire de supermarché, s'il vous plaît - nous a gratifiés de deux bonnes heures qui m'ont définitivement confirmée dans mon amour pour la pop geignarde et le hardcore qui tache.
Preuve que le destin est sans pitié, j'ai reconnu l'immense majorité des titres. Je tiens à ce stade à vous faire part de ma consternation quant à la playlist retenue. "Melody, tempo, harmony", "Clandestino", et "Sur la route" (version de Palmas) dans la cour d'une prison, ne frôlons-nous pas la faute de goût ? Pourquoi pas "Envole-moi", tant qu'on y est.
dimanche, juin 28 2009
This is hardcore
Par Miss SFW le dimanche, juin 28 2009, 19:28 - Sex, chocolate and rock'n'roll
Je m'en fus ce week-end marcher dans les traces que j'avais laissées, il y a une dizaine d'années, au pays de la musique de sangliers. Je reviens enchantée de ce plongeon, un peu nostalgique mais davantage encore intriguée, parmi les rescapés d'un temps que les moins de vingt ans seraient bien en peine de connaître.
Escortée par un Cary Grant armé jusqu'aux dents de patience et de sollicitude pour les goûts déviants de sa douce moitié, j'ai passé une soirée dans les vapeurs de bière, de clope, de chaussette douteuse mais aussi de déodorant et de lessive qui participent au decorum olfactif du concert de hardcore lambda et trahissent une diversité sociale difficilement compréhensible, vu de l'extérieur. Il faut croire que je suis restée trop longtemps à l'extérieur.
Les fondamentaux sont toujours là : salles suffocantes, groupes confidentiels, indéboulonnables punks à chiens au premier rang, suffisamment lourdauds pour agacer le reste de la salle (groupe compris) et suffisamment pathétiques pour qu'on les tolère, slams de l'extrême avec un plafond à deux mètres du sol et groupies énamourées qui arrivent habillées en Barbie punk et repartent échevelées, moites, les orteils écrasés avec, au coeur, la satisfaction du devoir rock accompli.
Pourtant, le public a vieilli. Je ne me souvenais pas de ces trentenaires au ventre rebondi et à l'oeil éteint devant leur quinzième bière. Je ne me souvenais pas de ces groupes qui arrivent, mangent, jouent et repartent, sans que personne, hormis les organisateurs, ne soit venu leur parler et surtout sans qu'un obscur fanzine ne les ait interviewés. Je ne me souvenais pas de ces cercles de potes repliés sur eux-mêmes, incapables d'aller vers les autres. Je ne me souvenais pas de ces deux tiers du public plus occupé à prendre sa cuite dans le jardin du squat qu'à descendre cinq minutes à la cave pour écouter les groupes.
Il faut croire qu'avec l'âge, la mémoire s'enfuit ou embellit. N'empêche, j'ai passé une excellente soirée.

Ici, l'accès à la salle de concert. La convivialité est un concept très fluctuant.

A votre gauche en entrant, une oeuvre de récupération contemporaine. J'ai honte mais je trouve ça plutôt très drôle.

Au-dessus de nous, une périlleuse mais méritante tentative de nettoyage collectif de plafond. Et on dira après ça que les jeunes n'ont pas le sens de l'initiative.

Moi aussi, quand je vais dans un concert, ma première envie est de passer la soirée devant internet.

Même si tu es suisse et que tu joues dans un groupe de hardcore, tu peux comprendre que le violent dancing a ses limites et que balancer tes poings martiaux et vindicatifs dans une salle de 25 mètres carrés blindée de public, c'est un peu idiot, non ? Allez, fais un effort.
Cher lecteur et néanmoins ami, tu ne crois tout même pas que je vais fiat luxer alors que tu peux fort bien googleliser et découvrir par toi-même deux ou trois des morceaux les plus réussis de Pulp ?
Crédits photo : Cary Grant.
lundi, juin 22 2009
Toi non plus, tu n'as pas changé...
Par Miss SFW le lundi, juin 22 2009, 20:50 - Choses vues
Vu dans Le Monde 2 - rubrique "les archives" - et ainsi légendé : " Scène ordinaire de la bataille d'Alger. Square Bresson, le 19 juillet 1957, des "suspects" sont contrôlés et fouillés..."

Hum... Ca fait longtemps que les journalistes de ce supplément, parfaitement superflu au demeurant, ne sont pas allés faire un tour dans un lieu public parisien, une gare par exemple ?
J'attire l'attention des anciens hellénistes sur cet excellent billet de Constantin qui devrait les combler de joie. Les non-hellénistes peuvent y aller aussi.
samedi, juin 20 2009
Le soleil est rare (et le bonheur aussi)
Par Miss SFW le samedi, juin 20 2009, 19:12 - I'm a loser, baby
Extrait d'un échange avec mes collègues, au moment de la pause déjeuner.
- En fait, c'est où le bonheur ?
- Pas très loin de chez moi.
- Ah.
- T'as même pas besoin d'y aller, tu peux être livrée.
Nous parlions d'un nouveau restaurant thaïlandais joliment nommé. Hélas.
Fiat lux
mardi, juin 16 2009
I've seen better days (but i don't care)
Par Miss SFW le mardi, juin 16 2009, 20:53 - I'm a loser, baby
Depuis deux jours, j'écoute Elliott Smith en boucle, signe tangible d'un épuisement physique et moral confinant au coma (mais aussi et peut-être surtout vestige d'une conversation dans le train). Autant te dire que je nage dans l'euphorie et l'optimisme béat.
It never rains but it pours, dit-on de l'autre côté de la Manche (et dans les vieux albums de Dire straits). Au beau milieu d'une après-midi de bouclage de journal pour le moins laborieuse, j'étais occupée à mettre en page un publi-rédactionnel sécuritaire (le client est roi, ce qui ne signifie pas qu'il est enthousiasmant) détaillant avec complaisance les terrifiants dangers qui menacent tout propriétaire de véhicule dont la tremblante vulnérabilité ne demande qu'à être violentée par d'affreux gangsters avides de 4L et de Peugeot 405. Il y a des jours où je me demande si les annonceurs qui me font vivre ont déjà posé les pieds dans mon département ou s'ils pratiquent le déni à l'endroit de la ruralité profonde. Il y a effectivement des sauvageons chez moi, mais ce sont des enfants-loups.
Là-dessus, je fus appelée par l'assistante de l'expert censé - depuis trois semaines, oh déjà, comme le temps passe vite, ma bonne dame - évaluer le montant des dommages que j'ai occasionnés à mon véhicule dans un malheureux moment d'égarement. Je fus confrontée à un vertige d'une rare intensité dramatique en réalisant que je tentais de communiquer avec une créature dotée des capacités de compréhension d'une poule et de la mémoire d'un poisson rouge. Je finis donc par lâcher prise après avoir répondu trois fois aux mêmes questions (mon interlocutrice formate son disque dur interne toutes les cinq minutes, semble-t-il) et vainement tenté d'obtenir une quelconque réponse à mes propres interrogations.
Toute à mon agacement, je remarquai à peine les éclairs qui commençaient à zébrer le ciel tandis que le tonnerre grondait au loin. Je fus ramenée à la réalité par ma collègue qui glapit : "ah non, hein, pas un jour de bouclage !". Dans une tentative désespérée, j'allumai le disque dur externe sur lequel sont consignées trois années de souffrance au travail. Le destin en décida autrement et nos ordinateurs s'éteignirent de concert. Au redémarrage, le précieux journal réapparut miraculeusement sur l'écran, en revanche le périphérique de stockage semblait bouder de toute la force de ses petits circuits. Après tout, il ne contient que la totalité des archives (judicieusement dupliquées, toutefois, sur l'unité centrale du mien ordinateur).
Il est des instants où la survie doit l'emporter sur les convenances. D'un geste las, je m'emparai de mon ipod pour y puiser la force de continuer. Je tombai sur la BO de Mission. Aux premières notes de l'Ave Maria guarani, je songeai à l'indéniable avantage du béton sur les branchages, à savoir l'étanchéité par temps de pluie et au non moins évident confort que constitue l'absence de conquistador ou d'un quelconque soudard assoiffé de viol et de meurtre (voire plus, même sans affinités) à ma porte. On a beau dire, entre la secrétaire mal-comprenante au téléphone et le mercenaire aviné dans sa hutte, le choix est vite fait.
Reprenons. On ne dit donc pas : "j'en ai plein le cul" mais : "je vis une période modérément pourrie en raison d'un karma raisonnablement pervers". Merci qui ? Merci Ennio.
Fiat lux
lundi, juin 15 2009
GoodCleanFun
Par Miss SFW le lundi, juin 15 2009, 20:10 - Méditations mystico-gélatineuses
Hier, écrasés de soleil et de fatigue au terme d'un week-end particulièrement dense, nous allâmes, un ami cher et moi, nous affaler à la terrasse ombragée d'un café toulousain.
Alors que je me lavais les mains au lavabo, je posai machinalement les yeux sur un distributeur métallique à quelque 50 cm de là dont la forme parallélépipédique rectangle et la couleur blanche ne laissaient guère de doute quant à son contenu.
Or, que vis-je, au travers du brouillard qui voilait mon regard épuisé ? Une brosse à dents. Parfaitement. Un cerveau malade a inventé le distributeur de brosses à dents jetables avec monodose de dentifrice intégrée.
Mais qui peut avoir besoin de se brosser les dents, là tout de suite, après son Orangina ou sa tasse de café ?
Au mur, était également accroché un sèche-mains soufflant qui, sous le fallacieux prétexte de faire sa besogne en 10 secondes (c'était écrit dessus), soufflait à 450 km/heure dans le but manifeste de décoller les ongles des honnêtes gens.
Je compris à ce moment-là que j'avais basculé dans la quatrième dimension. En conséquence, je commandai une salade de gésiers confits tièdes et de croûtons à l'huile au plus étouffant de ce caniculaire après-midi. L'adaptabilité est la clé de la survie.
Fiat lux.
mardi, juin 9 2009
C'est une question de réflexe...
Par Miss SFW le mardi, juin 9 2009, 21:07 - Méditations mystico-gélatineuses
Comme vous n'avez pas manqué de l'apprendre, débute en ce moment le procès d'une riche et charmante jeune dame soupçonnée d'avoir dessoudé son encore plus riche banquier d'amant, lequel a été retrouvé vêtu d'une combinaison de latex et perçé de plusieurs trous non mentionnés sur les plans d'origine.
Il semblerait que notre tireuse d'élite ait plus ou moins monnayé ses prestations contre une somme rondelette qui correspondait d'ailleurs aux moyens généreux du monsieur.
Hélas, il n'y a pas d'amour heureux et une malheureuse petite phrase aurait mis le feu aux poudres. "Un million de dollars, c'est cher pour une pute" aurait considéré le futur mort (mais qui ne l'est point ?), dûment ligoté et tout prêt à recevoir la fessée attendue dans l'espoir de laquelle il n'avait pas hésité à prendre un avion suisse, alors que ces compagnies helvètes sont si peu sûres de nos jours. Et que croyez-vous qu'elle fit ? Au lieu de fouetter conscieusement le malheureux (qui l'eût été bien moins, du coup, si je puis dire) en lui expliquant que ahlala, il faut bien répercuter ses charges, ces 35 heures ont tué le petit commerce, tout augmente, c'est l'inflation, voilà-t-y pas qu'elle va chercher un revolver et lui colle quatre balles, au risque d'endommager une combinaison toute neuve. Vous voulez que je vous dise ? Tout cela ne me paraît pas très professionnel.
Quelle honte, tout de même. On ne peut même plus discuter gentiment du coût de la vie, du pouvoir d'achat qui baisse, du prix scandaleux des produits de première nécessité sans finir dans un bain de sang. Mais dans quel monde vivons-nous ?
Non, pas de fiat lux sur ce billet. Ne poussons pas mémé dans les sorties, d'autant que selon mes sources, ce groupe parfaitement dispensable sévit toujours sur les scènes de notre malheureux pays.
dimanche, juin 7 2009
Brûle
Par Miss SFW le dimanche, juin 7 2009, 21:57 - Leader cheap
Ai vu les résultats des élections. Suis atterrée.
Ai entendu Vincent Peillon dire que les quartiers populaires n'avaient pas voté.
Ai repensé à la formule de Sniper : "ce qui est malheureux c'est que l'on brûle le peu qu'on a, alors qu'il suffirait de voter pour incendier ces connards".
Vais me coucher dans des draps frais et un pays moisi.
Where the wild roses grow
Par Miss SFW le dimanche, juin 7 2009, 17:17 - I'm a loser, baby
A l'occasion de la fête des mères, dont on nous a copieusement rebattu les oreilles cette année, les commerçants du petit bourg où je paie mes taxes offraient une rose aux heureuses titulaires d'une marmaille, fût-elle singulière.
Grande amatrice de végétaux, comestibles ou non, je me réjouissais par anticipation tout en choisissant un sac de voyage chez le maroquinier local, en l'entendant questionner derrière sa caisse : "vous êtes maman ? Ah ben je vous offre une rose alors". Je frétillais donc tout en sortant ma carte bleue et nantie d'un nouveau bagage aux couleurs criardes. Las, l'infâme boutiquier trompé par l'éclairage indigent de sa sordide officine qui lui celait mes rides ou par ma tenue quelque peu déplacée à mon grand âge (fausses Converse-faux treillis-faux tee-shirt rock'n'roll, mais tout le monde s'habille comme ça, bon sang) et mon choix un tantinet immature en matière de sacs, ne me posa pas la question fatidique. Je repartis donc bredouille.
Je n'avais pas dit mon dernier mot. On ne m'ampute pas de mes droits aussi facilement. J'ai donc emmené ma progéniture à la superette ce matin. Cette dernière m'a suivie dans tous les rayons, traînant ses Geox hors de prix achetées par une grand-mère qui a perdu tout sens des proportions et geignant tous les deux mètres : "je veux des desserts, je veux un kinder, pourquoi on prend pas de kinder, je veux un kinder, je veux rentrer, pourquoi il est gros le monsieur, je veux un kinder, oh regarde des chips, je veux un kinder....".
Je possède désormais un bras plus long que l'autre (celui auquel s'était accroché le divin enfant, tel un koala psychopathe rivé à sa branche d'eucalyptus), j'ai pris trois lexomil en rentrant, Cary Grant et moi avons entamé une procédure de divorce mais j'ai eu ma rose.
Fiat lux
jeudi, juin 4 2009
Hymne à la joie (chapter 3)
Par Miss SFW le jeudi, juin 4 2009, 21:52 - Leader cheap
Voici venu le temps des rires et des chants : figure-toi qu'au fond de mon enveloppe restent quatre listes. Dont la première, celle de l'UMP a résolument choisi l'accessibilité à tous les publics. Pas de confusion, ce n'est pas écrit plus gros pour les mal-voyants mais seulement plus court pour les mal-comprenants. "L'Europe doit changer. Une autre Europe est possible. La Présidence Française l'a prouvé." Notons au passage que dans la fièvre de réforme qui s'est emparée de notre pays, il semblerait que l'orthographe ait changé pendant notre sommeil et que, depuis, les noms communs s'ornent d'une majuscule. Il semblerait également que le concept d'Europe ait échappé à nos amis en chemise bleue : "Ensemble, avec la volonté et la détermination du Président de la République, nous changerons l'Europe pour mieux protéger les Français". J'ai comme dans l'idée que tous ces sales étrangers aux côtés desquels il faut s'asseoir à Bruxelles, vont être modérément emballés par ce nouveau projet communautaire.
Sinon, le programme a été élaboré à l'aune de la richesse stylistique du document. Le tout premier point nous rappelle que, jamais au grand jamais, la Turquie ne doit adhérer. Il est clair, au vu des enjeux économiques et sociaux du moment, qu'il s'agit là d'une priorité absolue. Je me demande même comment on peut oser aborder une autre question. "Qu'on le veuille ou non, la Turquie n'est pas en Europe". Par contre l'UMP, si. Je ne suis pas certaine que nous y gagnons.
Le même doute métaphysique m'envahit quant au changement de bannière de M. Mélenchon qui s'offre la première place de la liste "front de gauche, pour changer d'Europe". C'est une bonne idée ça. On va arrêter avec cette Europe de l'Atlantique à l'Oural. C'est dépassé comme concept. On va la faire de l'Océan Indien au Pacifique, tiens. En plus, on aura grave de plages et de sable fin.
L'autre éclair de génie de la liste est évidemment le smic européen (même si ces sociaux-traîtres du PSE proposent la même chose, décidément les fantômes du passé...) qui s'établirait "à 60% du salaire moyen dans chaque pays pour bloquer le dumping social". Chez nous, ça fait quelque chose comme 1.600 euros (et là, j'ai pris une grande claque à l'amour-propre), ce qui paraît un moyen judicieux de réduire les inégalités de revenus. Sauf que. En Lituanie (je n'ai pas pris cet exemple pour rappeler l'exquise délicatesse de M. Mélenchon à l'égard de ce pays mais parce que je l'étudie en ce moment, chacun sa croix), le salaire moyen net est de 1700 litas, soit environ 490 euros dont 60% avoisineraient les 290 euros. Je suis peut-être basse de plafond, mais je ne vois pas comment cette mesure neutraliserait le dumping social.
Lutte ouvrière, comme à son habitude, opte pour le ludique avec un document en deux colonnes bien larges, bien denses, en times new roman taille 2. Franchement, je ne l'ai pas lu dans son intégralité. J'ai assidûment fréquenté ces gens dans mon jeune temps et ce qu'ils m'ont appris de leurs convictions semble n'avoir pas changé d'une virgule depuis. Je suis tout de même un peu déçue par la fin : "les choses décisives ne se déterminent ni dans les parlements nationaux ni au Parlement européen. Mais puisque l'électorat est convié à s'exprimer, votez Lutte Ouvrière". D'abord, on ne dit pas "les choses". Ensuite un végétarien, sauf à être pervers, ne participe pas au grand jeu "gagnez un an de repas au Buffalo Grill".
Et puis la petite mention en bas du tract "ceci n'est pas un bulletin de vote", limite tu me vexes, Arlette.
Finissons-en, je n'en puis plus, avec la liste "socialiste" (socialisme : doctrine d'organisation sociale qui entend faire prévaloir l'intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers. Mouhaha) qui nous claironne, sans rire, "voter socialiste, c'est vraiment changer la politique de l'Europe". Heu... Qu'avez-vous fait au juste pendant toutes ces années où l'on vous a confié nos voix et une partie de nos contributions pour nous représenter à Strasbourg ? Non parce que si c'était pour tout mettre dans les flippers du bar d'en face...
Fiat lux. Si tu veux pleurer (de joie, donc), regarde bien vers 0:50. Ils vont s'en occuper de tes rêves de paix, ces beaux messieurs en uniforme. "Soyons unis comme frères, D’un baiser au monde entier, Amis bâtissons une ère, De paix pour l’humanité". J'en ris encore.
mercredi, juin 3 2009
Hymne à la joie (chapter 2)
Par Miss SFW le mercredi, juin 3 2009, 21:32 - Leader cheap
Cher lecteur,
J'ai cru bon, voire salutaire, de te laisser un jour de répit avant d'affronter la deuxième salve. Tu m'en seras, j'en suis persuadée, reconnaissant. Tout particulièrement au vu de la deuxième série.
Robert Rochefort, tête de liste du Modem pour le sud-ouest, pense comme Bayrou, se coiffe comme Bayrou, sourit comme Bayrou.
A la seule différence que personne ne le connaît. Et ce, bien qu'il soit directeur du Credoc. Rassure-toi, moi aussi j'ai demandé à mon ami Google ce que c'était au juste. Même François Bayrou ignore l'existence de l'écuyer qui défend ses couleurs en son ancien fief et la photo de l'équipe, judicieusement intitulée "autour de François Bayrou dans le sud-ouest" se distingue par l'absence du prophète palois.
M. Rochefort, sympathique inconnu, bardé de bonnes (déclarations d') intentions égrène en 27 propositions tous les lieux communs de la bien-pensance social-démocrate. J'ai émis auprès de Cary Grant l'idée de voter pour lui, il m'a menacée en représailles de mettre un terme à toute forme de relation sexuelle. Fin du débat d'idées. De toute manière, je n'aurais pas pu. Je viens de commencer "les trois mousquetaires" et Rochefort c'est un nom de méchant.
Je reconnais pourtant sans difficulté que d'autres m'effraient bien davantage. Jean-Claude Martinez, par exemple. Tête de liste de "l'Europe de la vie". En même temps, l'Europe de la mort, c'est moins vendeur comme slogan. Grand défenseur de la viticulture, M. Martinez se positionne tout à fait sérieusement contre l'euthanasie et l'avortement. Il attribue à la première 165.000 morts par an en France (il est trop fort, il a les statistiques d'une pratique interdite) et évalue la nombre d'IVG à 220.000. C'est dommage, on reste sur sa faim (et sa soif) : quid des performances de l'alcoolisme dans la mortalité précoce ? Je ne puis achever sans saluer dans une même révérence le sens de l'à-propos et l'exquis bon goût de la photo du tract représentant un crash d'avion en pleine mer (avec plein de survivants, tout de même) commentée par cette désopilante et fort littéraire formule : "il y a des fois où il vaut mieux un pilote expérimenté". J'en suffoque d'hilarité.
A propos de gêne respiratoire, je ne voudrais pas avoir l'air psychorigide mais quand même, avant de poser pour l'affiche des élections, Francis Lalanne aurait pu se laver. Le malheureux chien qu'il tient contre lui a l'air passablement désespéré. Je sais bien que "produire un kilo de viande requiert 10 kilos de céréales donc 10.000 litres d'eau douce (lu au verso du tract)" mais bon, une douche rapide ça représente peut-être 30 ou 40 litres. C'est jouable sur le plan écologique.
Hormis cette réserve d'ordre sanitaire, je suis d'accord sur à peu près tout, de la protection des animals au commerce équitable et surtout sur "construire ensemble une économie respectueuse : elle réhabilite la proximité...". Je voudrais juste savoir pourquoi, dans ces conditions, ce document a été imprimé en Belgique. L'affreux patron de presse libéral qui était aussi le mien quand j'officiais en Picardie, faisait imprimer au plat pays parce que les prix y étaient bien plus bas que de notre côté de la frontière. Mais, en l'occurrence, il doit y avoir une autre explication.
Bon, le Front National on a dit qu'on n'en parlait pas. Je n'aurai donc pas l'occasion de vous révéler que le détourage de leur photo de bouée a été entièrement réalisé par un travailleur handicapé des mains, des pieds et des yeux.
lundi, juin 1 2009
Hymne à la joie (chapter 1)
Par Miss SFW le lundi, juin 1 2009, 21:31 - Leader cheap
Krazy Kitty s'étonnait, il y a peu, de l'absence d'enthousiasme de ses compatriotes à l'endroit des très prochaines élections européennes et du vide sidéral de nos blogs assemblés sur ce thème ô combien exaltant. Krazy Kitty habite loin. Très loin. Assez loin pour ne plus recevoir la petite enveloppe saumon contenant les professions de foi (je me comprends) des candidats à la susdite échéance électorale.
Pour ma part et bien qu'ayant fui aux confins du monde civilisé, je n'ai pas eu cette chance. Ils m'ont retrouvée.
Je ne pense pas compromettre mon anonymat ni vous suffoquer de surprise en vous annonçant que je vis dans la circonscription du sud-ouest, périmètre au sein duquel le choix de nos représentants à Strasbourg sera des plus délicats. En décachetant ce pli annonciateur de merveilleuses surprises, l'émotion vous envahit. Tel le voisin ouvrant benoîtement la porte à un M. Preskovic porteurs de doubitchous variés, on se récrie de ravissement, ne sachant pour laquelle de ces merveilles opter.
A tout saigneur, tout honneur, commençons par la liste CNPT qui fait cause commune avec le MPF. Non à l'avortement mais oui à la chevrotine. Notre candidat local et tête de liste est Eddie Puyjalon.

Ce jeune homme de 49 ans, agent de maîtrise, secrétaire général du CNPT, se propose de construire "une Europe des territoires, de la ruralité et de la chasse... Une Europe des Nations (note de la maîtresse de céans : nation n'est pas un nom propre, mon garçon, et je crains même qu'il n'ait été quelquefois un nom sale) vraiment européenne, sans la Turquie" . Au verso du tract, une photo de foie gras est ainsi légendée : "défendre nos savoir-faire et savoir-vivre du sud-ouest". Eddie, je vais être directe, je sens que nous allons nous entendre, toi et moi. Number two sur la liste : Marie-Pierre Chaumette, 55 ans, professeur de français latin et grec. Une belle leçon de tolérance entre les espèces. Oui, la coexistence est possible.
Deuxième dans mon enveloppe, la liste Europe écologie menée par un triumvirat : Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly et José Bové. "Le choix qui vous est proposé le 7 juin engage notre avenir à tous". Enfin, surtout le leur. A 7.000 euros par mois, sans compter les bonus pour les jours où tu montres le bout de ton nez, je comprends qu'ils envisagent la question avec beaucoup de sérieux. "Les vraies solutions ne viendront ni des méthodes, ni des hommes du passé" s'enhardissent José Bové (56 ans), Eva Joly (66 ans) et Daniel Cohn-Bendit (64 ans). Bon, ben salut alors.

Fichtre, c'est beau comme une couverture de "Notre temps".
Bien, je poursuis. Nothing can stop me now. Pas même le nouveau parti anticapitaliste, NPA pour les intimes, qui nous sort du chapeau une fine analyse de la crise économique actuelle, à savoir qu'elle est l'oeuvre du capitalisme. Sans déconner ? Ben tu vois, je m'en serais pas doutée. Remarque, vu qu'elle a commencé sur les places boursières et dans les banques, je commençais à avoir un vague soupçon mais bon, j'étais pas sûre. Non parce que des fois les crises économiques ça vient des nuages ou du sens du vent.
Je veux bien admettre que peu de nos compatriotes s'intéressent à l'histoire, mais là quand même, depuis un petit siècle, on commence à connaître la chanson. Encore que, l'interprétation de l'histoire diffère fortement d'une personne à l'autre. Chez Besancenot, on n'a pas peur d'affirmer que :" les luttes politiques et sociales avaient imposé des limites aux méfaits du capitalisme". Heu... Vous étiez où les cent dernières années ?
Ensuite tu as les "gaullistes, debout la République". Tu veux vraiment que je te dise pourquoi je ricane bêtement ? D'ailleurs, ils n'ont pas seulement le slogan le plus risible de toutes les listes (et ce, bien que la compétition soit particulièrement serrée). Non messieurs-dames, ils arborent également un programme inchangé depuis l'appel du 18 juin. Car "nous, nous défendons depuis toujours une France libre". Mes enfants, il faudrait lire la presse, de temps en temps.

Moi aussi, plus tard j'aimerais que mon fils ressemble à un vendeur de voitures.
dimanche, mai 31 2009
Lazy
Par Miss SFW le dimanche, mai 31 2009, 22:20 - Choses vues
Je tiens à rectifier une erreur scientifique dans laquelle nous vivons depuis deux décennies. Souvenez-vous de cette intéressante émission documentaire qui passait sur Canal Plus à l'époque de nos premiers boutons.
Eh bien non, les chats ne sont pas des branleurs qui passent leurs journées au café à faire des baby-foot en fumant des pétards avec leurs potes.
Non.
Même pas. Parce que le café est de l'autre côté de la rue.

Fiat lux (hiiii, Brett Anderson, hiiiiiiiiiii. Bon, en même temps, je n'ai aucune chance. Même de dos, je ne ressemble pas à une seringue).
mardi, mai 26 2009
Strawberry fields for ever
Par Miss SFW le mardi, mai 26 2009, 21:26 - The world is not enough
Michelle Obama a décidé de se lancer dans le potager bio. Lecteur bien-aimé, si tu penses qu'il s'agit là d'une non-information et que tu t'en contrebats l'oeil avec une vigueur qui ne laisse pas d'inquiéter ton ophtalmologue, nous voici nantis d'un point commun qui, pour être anecdotique, n'en porte pas moins la possibilité d'une longue et fidèle amitié dont ceux qui nous suivront sur cette terre entrapercevront sur nos tombes jumelles la féérique lumière. Mais je m'égare.
Toi et moi, que les velléités potagères de la première dame des Etats-Unis laissent froids comme la main d'un banquier, ne pouvons comprendre. Car enfin, Michelle Obama dans la robe de Laura Ingalls, folâtrant dans les coquelicots et les bleuets, n'est pas du goût de tout le monde. La MACA, association des plus grandes entreprises d'agrochimie, dont Monsanto - si tu dois me pondre 120 lignes de résumé approximatif du "monde selon Monsanto", tu seras gentil de ne pas commenter, parce que bon j'ai beau être une péquenaude, je l'ai lu aussi, t'es gentil, et d'ailleurs je n'ai pas vécu un grand moment d'extase littéraire - s'est émue - on ne dira jamais assez leur sensibilité à fleur de peau - de l'image négative de l'agriculture conventionnelle que relayait Mme Obama.
Et les voilà-t-y pas nous assénant, scandalisés (hymne américain en fond sonore, merci) : « si les Américains devaient encore cultiver eux-mêmes des produits de première nécessité pour subvenir aux besoins de leur famille, les Etats-Unis seraient-ils les leaders dans les domaines scientifiques, de la communication, de l’éducation, de la médecine, des transports et de l’art ? ».
Et là, je me prends à rêver d'un Harry Truman et d'un Carl Spaatz qui ne seraient jamais sortis de leur champ de patates, d'une Christina Aguilera absorbée par la culture du topinamour ou d'un Vin Diesel monopolisant ses deux neurones au service du semis de courgettes... Aaaah, je touche les nuages du bout des doigts.
dimanche, mai 24 2009
Yellow submarine
Par Miss SFW le dimanche, mai 24 2009, 21:16 - Choses vues
Sans contestation possible, dans la catégorie "maison du jour", the winner is :

jeudi, mai 21 2009
Rich girls
Par Miss SFW le jeudi, mai 21 2009, 14:20 - I'm a loser, baby
Un de mes deux lecteurs se demandait hier s'il était financièrement intéressant de m'épouser.
Ciel, me voici découverte : je suis incroyablement riche. Les magnats de la grande distribution me courtisent inlassablement et inondent de fleurs ma suite au Carlton afin que j'honore d'un regard las leurs misérables existences de boutiquiers.
La preuve :

Fiat lux
lundi, mai 18 2009
Around the fur
Par Miss SFW le lundi, mai 18 2009, 22:03 - Riot girl
Je viens de découvrir l'existence sur Facebook d'un groupe bucoliquement intitulé : "anti putes à fourrures". L'illustration montre une dame blonde vêtue d'un manteau, de fourrure donc.
Méfions-nous des généralisations hâtives. Toutes les putes ne portent pas de fourrure. Et d'ailleurs, a contrario... Non, rien en fait.
Fiat lux
dimanche, mai 17 2009
Racing like a pro
Par Miss SFW le dimanche, mai 17 2009, 20:13 - Choses vues

Nous n'avons manifestement pas la même définition du mot "personne".
Comme aucun(e) d'entre vous, jamais, ne prend la peine de relever les références hautement culturelles que je me tue à insérer dans les titres, je me trouve en devoir de vous éclairer et par là même de transformer vos petites vies ternes en océan de félicité. Fiat lux.
mercredi, mai 13 2009
On va tous crever
Par Miss SFW le mercredi, mai 13 2009, 19:14 - I'm a loser, baby
Comme vous ne l'ignorez plus désormais, je suis une lectrice régulière du Monde, quotidien vespéral que je brocarde avec enthousiasme mais dont l'existence constitue mon dernier rempart contre le noir désespoir que m'inspirerait sans lui la noble corporation à laquelle j'appartiens.
Mon quotidien préféré (le mieux est l'ennemi du bien) s'est récemment entiché de l'interactivité avec son lectorat, concept aussi creux que glamour qui a dû lui être vendu fort cher par d'obscurs consultants en ingénierie de la communication. Le Monde, donc, publie des chroniques pondues par ses abonnés dont fort peu, hélas, accouchent d'oeufs d'or. L'un(e) d'entre eux (fichus prénoms mixtes) s'est fait une spécialité de hurler à la mort contre la gauche française qui, soit dit entre nous, n'a besoin de personne pour réduire à néant sa crédibilité. A raison de deux chroniques par jour, vous comprendrez que je n'aie pas lu l'oeuvre intégrale dudit contributeur (dans le doute, le masculin l'emporte et une fois n'est pas coutume, voilà qui me simplifie l'existence). Dans un billet d'humeur intitulé "Comment peut-on (encore) être de gauche ?" une phrase a toutefois retenu mon attention : "Le problème de la gauche est que cette très vieille dame, perclue de rhumatismes, d'archaïsmes, de naïveté (l'homme serait naturellement bon) ne représente plus aujourd'hui aucune alternative crédible pour diriger le pays ?".
Que nenni, facétieux lecteur, je n'avais pas l'intention de relever la bizarrerie de la ponctuation finale. Si tu crois qu'il me reste assez d'énergie pour m'étonner de toutes les excentricités typographiques de mes contemporains... Je me disais simplement que non, Madame la gauche, vous n'avez pas le monopole de la naïveté. Car sans ce postulat consistant à regarder avec une vague bienveillance son prochain, je me demande s'il reste une quelconque possibilité de vie sociale. Si l'homme n'est point bon, que nous sert l'idée de justice (bien que le concept ait été par la suite passablement dévoyé, la justice a été inventée pour protéger le faible du fort, car des imbéciles -gauchistes probablement - se sont dit un jour que le faible méritait autre chose que le poing du fort dans sa face) ?
Si nos semblables sont d'insondables pourris, quelle force mystérieuse et un tantinet masochiste nous pousse à chercher conjoint et amis dans cette masse répugnante ? Pour qui, pour quoi se lever chaque matin si l'on est intimement convaincu de participer à un grand néant, voué à rien et inaccessible au progrès. En vérité je vous le dis, il est grand temps de trouver une corde solide, ce qui devrait s'avérer particulièrement malaisé tant on ne peut plus compter sur rien dans ce monde abject, pas même sur l'industrie de transformation du nylon ou du chanvre.
A moins que, et là l'apoplexie par fou rire me guette, notre chroniqueur du jour ne considère que contempler son nombril constitue une raison suffisante d'exister. Il doit falloir une richesse intérieure peu commune.
Avec tout ça, nous n'avons pas trouvé comment on pouvait être (encore) de gauche.
Ni comment on pouvait être persan.
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