Miss SFW

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jeudi, août 26 2010

You'll be happy to know the situation is worse

J'ai trouvé sur mon répondeur de portable, ce matin, alors que je procédais à l'une de mes trois consultations (parfois deux, voire zéro) quotidiennes avant d'éteindre la machine à tumeur cérébrale, un message de mon père énonçant d'un ton sépulcral : "c'est moi (silence). Bon (silence), je te rappellerai à midi". Sachant que ledit géniteur m'avait déjà parlé la veille au soir et que nous nous accommodons fort bien d'un silence radio de trois mois, voire plus puisque nous n'avons pas tellement d'affinités, je me demandai avec un brin d'inquiétude ce que me valait un appel à 8h24 du matin. Dans la mesure où je n'ai subi pour l'instant que 50% de perte parmi mes quatre grands-parents, et que ces dommages ont été intégralement enregistrés par le camp maternel, il y a tout de même un facteur de risque de ce côté-là. Surtout à quatre-vingt balais. Et particulièrement lorsque l'on se nourrit de cholestérol en croûte de sel depuis un bon demi-siècle.
Je rappelai donc, après m'être dûment assise. La ligne était occupée. "Gasp", me dis-je, car j'aime à enchanter mes monologues intérieurs d'onomatopées fleuries, "voilà-t-y pas qu'il fait le tour de la famille, la situation se corse, vieux frère", pensai-je alors, car j'aime aussi faire preuve de camaraderie virile avec le dedans de mon âme.
Enfin, je parvins à obtenir une sonnerie, puis une réponse :" Oui, je t'ai appelée tout à l'heure, entendis-je. Dis donc, je me posais une question de concordance des temps pour un document technique...".
Faire partie d'une famille pour laquelle les notions d'urgence et de hiérarchie des problèmes restent des concepts très flous peut parfois se révéler fatigant.

Fiat lux.

dimanche, juin 6 2010

Manteau de gloire, manteau d'argent...

Invitée par une mienne et chère amie à la première communion de sa fille, j'ai immolé mon athéisme intégriste sur l'autel sacré de notre vieille complicité pour assister (debout, il y avait foule pour la garden party du Seigneur) à ladite cérémonie. Disons que c'est une expérience. Bien moins renversante cependant que le caquetage stupéfiant de l'une de ses belles-soeurs que l'on avait plantée face à moi lors du pantagruélique repas qui a logiquement suivi la petite heure de recueillement chrétien de la messe.
Ladite belle-soeur, dinde nantie pleine de bonne volonté - de cette espèce irremplaçable qui s'extasie toutes les quinze secondes, confondant dans un flot de petits cris émerveillés politesse envers son hôte et obséquiosité confite - m'avait entreprise sur le passionnant thème de la météo en général et du climat de Nevarsin en particulier. Croyant avoir à me consoler de l'absence de ce soleil poisseux et vulgaire qu'adorent également les beaufs en vacances et les ruines fortunées qui espèrent secrètement que le cancer de la peau prendra de vitesse leur Alzheimer galopant, la petite dame exprima cette étonnante pensée : "au moins quand tu t'achètes un manteau, tu as une excuse pour te faire vraiment plaisir".
Dans toute existence humaine, il est de ces instants, figés entre les haricots verts et la salade, où tu réalises à quel point ton prochain peut t'être étranger. Comment expliquer à cette créature, si semblable et pourtant si différente, qu'aucun manteau n'est en capacité de me faire "vraiment plaisir" ? Je pourrais probablement éprouver une vague félicité après avoir acquis un vêtement qui me semble particulièrement esthétique mais certainement pas s'il coûte un demi-smic. La pensée de son équivalent en paquets de pâtes et filets de pommes de terre me gâcherait la journée.
Par contre, au cas où Dieu lirait ce blog (après tout, je vais bien à ses meetings) et où il voudrait me faire "vraiment plaisir" pour mon anniversaire, ou Noël, ou pour fêter le retour de l'été, je ne suis pas regardante, j'ai quelques suggestions simples et de bon goût : un traitement infaillible contre la leucémie, une pénurie mondiale de flingues ou l'autosuffisance alimentaire de l'Afrique, voire celle de l'humanité s'il a décidé de m'offrir un cadeau groupé avec ses potes du panthéon. Et qu'il ne se formalise pas sur l'emballage, même s'il ne reste plus de ruban doré.

mardi, avril 20 2010

The news from your bed

Du fond de son lit de douleur, Krazy Kitty a bravé la tyrannie de ses sinus infectés et courageusement rampé jusqu'à son clavier pour m'informer de la discrimination dont elle s'estimait victime. En effet, aucun de ses brillants commentaires n'était affiché en devanture de mon fonds de commerce virtuel. L'outrecuidant blog avait encore l'insolence de la reléguer en "file d'attente". Fait-on poireauter Krazy Kitty comme une vulgaire ménagère russe en quête d'un litre de lait ? En vérité, non.
J'ai donc mené ma petite enquête afin de châtier sévèrement les coupables. Il se trouve que Cary Grant, pour me protéger des vendeurs de viagra et colporteurs en jambon épilé, a activé un filtre anti-spam dont les choix éditoriaux se sont révélés bien peu judicieux. Pour un représentant des plombiers parisiens (exemple rigoureusement authentique), une petite dizaine d'habitués s'étaient vus claquer la porte au nez.
Considérant, un peu hâtivement peut-être, que les ordinateurs sont des créatures rationnelles, je cherchai le motif de ce brutal congé. Je lançai l'hypothèse d'un anti-américanisme primaire. Or, parmi les candidats au commentaire rejetés, seule Krazy Kitty arborait la bannière étoilée. Bon sang mais c'est bien sûr, me dis-je, fort logiquement, Spamkiller soumet à ma modération les commentaires accompagnés d'un lien. En fait, non.
A ce stade de mes cogitations, j'ai remis en ligne les notes et remarques injustement déclassées (sauf celles émanant des plombiers parisiens), je demande humblement pardon à mes invités pour la grossièreté de mes subalternes - de nos jours, on ne trouve plus de petit personnel - et je suppute que le cerbère électronique qui est censé protéger ma modeste demeure électronique fonde sa ségrégation sur le port de baskets.


Fiat lux

dimanche, avril 18 2010

Like an Egyptian

Cary Grant a ajouté sur la liste de courses ceci :

liste.JPG

Si certains d'entre vous sont férus de graphies primitives, j'attends avec une vive impatience leurs hypothèses quant à la signification de ces mystérieux entrelacs.

dimanche, mars 28 2010

Une civilisation sans la science...

Dimanche après-midi, Cary Grant, sa femme et le Petit Prince sont venus chez M. Multiplex pour se faire égorger le portefeuille. Trente euros pour trois places, dont une à tarif censément réduit. Le prix d'un concert ou d'un plat du jour et dessert dans une bruissante brasserie aux miroirs étincelants et aux cuivres polis. Mais passons sur l'absurdité de la dépense pour nous intéresser à une invention révélatrice de la décadence de notre civilisation, laquelle ne manquera pas de nous engloutir sous peu dans d'horribles et obscènes soubresauts, je veux bien entendu parler du cinéma en 3 D. Chers petits amis, sans être tout à fait néophobe, je fais partie de ces esprits chagrins qui aimeraient bien que l'utilité d'une innovation leur soit démontrée avant d'en faire usage. C'est pourquoi je ne me suis pas précipitée voir Avatar en trois dimensions. J'attendais qu'une nouvelle avancée technique me permît d'y déceler, en sus des volumes, un scenario. Aujourd'hui, une page de mon existence s'est tournée, j'ai découvert le cinema non plat. Enfin, apparemment non plat. Au Petit Prince qui me demandait anxieusement s'il pourrait toucher les dragons lors de la projection du film du même nom, je fus bien obligée de répondre que la vie est un songe et la 3 D une escroquerie car, bien évidemment, il n'y a pas plus de volume s'extirpant du grand écran que d'alphabétisation dans l'univers magique du football.
Nous assistâmes donc à la projection de cet honnête film d'animation qui, à défaut d'éclipser Ratatouille nous aura moins ennuyés que n'importe quel Jeunet, équipés des ignobles et dispendieuses lunettes censées nous procurer une avalanche de sensations inédites. En vérité je vous le dis, les deux euros de supplément qui m'ont été extorqués pour la location de ce grotesque accessoire auraient été bien plus utilement employés dans une aumône au premier clochard alcoolique rencontré. Outre les indispensables calories que mon don lui aurait permis d'acquérir (quoique le riz soit plus intéressant en apport glucidique), le coma éthylique qui se serait peut-être ensuivi lui aurait dispensé l'oubli, pour une heure ou pour toujours, de la consternante civilisation dont nous sommes, à notre corps défendant, les involontaires et fort heureusement derniers représentants. Hélas, je fis le mauvais choix et louai les lunettes.
A l'intention des rares lecteurs qui n'auraient pas encore été victimes de cette grande escroquerie du cinéma, je pense de mon devoir d'apporter quelques observations sur les avantages de la 3 D :
- grâce aux lunettes dessinées par Jabba le Hutt que vous portez sur le nez, tout risque de harcèlement sexuel est définitivement écarté de votre personne. A vous la liberté de manger du maïs grillé, des maquereaux au vin blanc et de vous faire un bon gommage au Maroilles avant que d'aller au cinema avec votre conjoint(e).
- A l'instar des nantis qui reviennent d'Avoriaz le regard auréolé de la marque des lunettes, vous sortirez avec un trait rouge du plus bel effet sur l'arête de votre nez aristocratique (et une légère sensation de sinusite due au poids peu commun de cet indispensable accessoire).
- Si vous souffrez d'un strabisme, aussi léger soit-il, ou d'un quelconque défaut de vision, même minime, vos yeux mettront dix bonnes minutes à s'habituer. Le début du film sera donc l'occasion de vous remémorer l'immortel titre "Mon manège à moi", délicieuse madeleine de Proust qui sera peut-être accompagnée d'une subtile nausée.
- Les porteurs de lunettes de correction, passés ou présents, constatant la présence de profondes rayures circulaires sur toute la surface des deux verres que de précédents usagers manifestement peu scrupuleux ont laissées, ne pourront contenir le besoin compulsif de tenter de les nettoyer toutes les deux minutes. Une bien agréable manière de s'occuper les mains et l'esprit quand on s'ennuie devant le dernier Besson.
- Les partisans du noir et blanc découvriront avec joie que le cinéma contemporain peut également être privé de couleurs. Et de lumière. Ainsi, toutes les scènes ensoleillées vous paraîtront nimbées d'un voile grisâtre qui ravira les amoureux de Tim Burton période Sleepy Hollow.
- Enfin, soyez rassurés, le cinéma 3 D ne bouleversera pas votre existence de cinéphile et ne mettra pas en danger vos convictions en la matière car il n'apporte strictement rien à un film. C'est pareil, en plus cher et moins confortable.

La semaine prochaine, nous évoquerons une autre innovation enthousiasmante : les essuie-glace à déclenchement automatique en cas de pluie, un formidable progrès pour les conducteurs non-voyants.

mercredi, mars 3 2010

Genitrix

Arpentant gaiement les rues de Nevarsin, dans les tièdes rayons d'un timide soleil hivernal, j'étais suivie, à cinq mètres de distance, par le petit prince qui traînait les pieds et ambitionnait manifestement d'imposer au monde sa maussaderie coutumière. J'arrivai à la hauteur des inévitables traîne-guenilles stationnés devant la poste. Dans toutes les villes, va savoir pourquoi, la misère s'affiche devant les bureaux de poste. Peut-être pour le côté pratique, puisque les comptes des rmistes honnis des banques se trouvent dans ledit établissement. Ce phénomène ne laisse pourtant pas d'être inquiétant. Qu'adviendra-t-il de notre société de consommation si même les pauvres se mettent à thésauriser ? Quel avenir pour la croissance de notre pays si les clochards, au lieu de se jeter dans la première épicerie venue pour dépenser leurs pièces jaunes à peine acquises, devenant conséquemment les heureux mais passagers propriétaires d'une cannette d'Eku 28, rationnalisent leur alcoolisme et attendent les promotions de M. Carrefour sur les packs de bière premier prix ? La société va mal, réagissons, mes amis.

Alors donc que je passais devant ces surdiplômés de l'école de la rue, je fus courtoisement mais fermement hélée en vue de mettre mes supposés confortables revenus à contribution. La vie est pleine de surprises et je fus l'ahuri témoin du dialogue suivant :
- Punk à chien 1 : Pardon, madame, vous auriez pas...
- Punk à chien 2 : Hé, arrête, elle a un bébé
- Punk à chien 1 : Rhooo, excusez-moi, madame, j'avais pas vu.

Manifestement, je ne suis pas seule à considérer que la reproduction fait partie des grands malheurs de l'existence.

mercredi, janvier 20 2010

Que he hecho yo para merecer esto ?

C'était l'heure tranquille où les lions vont boire. Alors que je partageais mon repas du soir avec Cary Grant (après en avoir remercié non le Seigneur mais l'ahurissante répartition des richesses entre le Nord et le Sud), nous évoquions distraitement l'inexorable épuisement des ressources halieutiques. Profitant de ma vulnérabilité momentanée, Cary Grant s'autorisa une de ces réparties consternantes dont il garde jalousement le secret : "le thon nous est compté", annonça-t-il sentencieusement.

mercredi, novembre 11 2009

Ceux qui m'aiment prendront le train

Il a neigé sur les Pyrénées. Tel l'oiseau migrateur mal-comprenant qui attend de se geler les ergots pour sortir sa carte de la Méditerranée, je m'apprête à exhumer valises et cartons pour m'envoler dans la direction inverse, vers les pays froids. My own personal Cary Grant, cet incorrigible farceur, a trouvé un poste rigolo à Limoges. On n'a pas si souvent l'occasion de rire au travail. Ni d'abandonner celui qui ne vous amuse plus depuis longtemps. Grâces soient donc rendues à mon Cary Grant favori (avez-vous remarqué que le sens de la phrase eût été tout autre si j'avais seulement inversé "Cary Grant" et "favori" ? Oui, je sais, c'est passionnant), son humour en matière de choix professionnels m'arrache à la spirale infernale de violence aveugle dans laquelle je n'aurais pas manqué de sombrer très prochainement et dont un ordinateur innocent, voire des collègues pourtant irréprochables auraient peut-être fait les frais.
Il reste à trouver un logement, décent de préférence et la nuance est de taille d'après ce que j'ai vu de l'habitat limougeaud. Puis viendra l'heure d'emballer les jouets du petit prince et ceux de Cary Grant, les chats psychotiques, le monceau de BD, la montagne de livres, le wagon de plantes vertes et nous serons fins prêts pour cette folle aventure aux abords du cercle polaire puisqu'au nord de Montauban.
Souhaitez-moi bonne chance.

PS : pour Noël merci de penser aux écharpes, passe-montagne et autres matériels de survie en milieu hostile.

mercredi, août 26 2009

Vietnam-Laos-Cambodge*

Cary Grant et moi déjeunons quelquefois dans un établissement de cuisine asiatique, communément appelé "restaurant chinois". Or, l'Asie est un continent et notre serveur avait à peu près autant de chances de parler le mandarin que Cary Grant le polonais. Nous nous interrogeons donc à chaque visite chez ces charmants commerçants de quartier.
Ce midi, j'ai enfin trouvé la réponse à cette lancinante question. Remarquant que les couverts étaient tous posés du même côté de l'assiette, j'ai fièrement annoncé à mon époux : "ah bien sûr, cuisine cambodgienne : pour ceux qui n'ont qu'une main".
Il n'est plus besoin de démontrer la parfaite indifférence de Dieu pour ce petit pays d'Asie du sud-est mais la suite des évènements fut éloquente. Pour châtier cette très vilaine répartie, le Tout-puissant a, quelques heures plus tard, amené ma main gauche (je suis gauchère) à rencontrer d'un peu trop près un clou qui dépassait d'une planche. Jugeant cependant que ma faute était légère, je n'ai écorché que mon petit doigt, dont je n'ai pas la moindre utilité, ni sur ce clavier ni nulle part ailleurs.
Tu peux être sûr que si j'avais raillé nos amis américains-in-god-we-trust, j'étais amputée dans la journée.

* Cher lecteur de moins de trente ans, tu ne peux pas comprendre. Et tu ne connais pas ta chance.

samedi, août 8 2009

For real

Comme je ne suis pas sûre d'être encore là pour aller cracher sur vos tombes, je profite de quelques jours de congés bien peu mérités - car après tout, il faut être fort ingrate pour vouloir se reposer quand on jouit de l'incroyable chance d'avoir un travail - pour venir cracher sur vos boulevards. Il est plus que temps de changer d'air, depuis hier soir Cary Grant écoute en boucle "falling in love with you" version Elvis Presley. Ce garçon a besoin de reprendre pied avec la réalité.
Pour être tout à fait honnête, je ne crache pas dans la vraie vie et si d'aucuns souhaitaient le vérifier de visu, je hanterai les rues de la capitale de dimanche à jeudi. Je peux bien les hanter avec eux pour peu qu'ils se manifestent dans les commentaires (et donnent une adresse valide, pas comme certains paranoïaques qui me laissent des mails aussi farfelus qu'improbables, au cas où je leur enverrais des spams à base de poèmes de Victor Hugo et de paroles d' Elliott Smith, hein, on sait jamais, on vit une époque tellement dangereuse).


Fiat lux.

mercredi, août 5 2009

The art of letting go

J'ai repéré sur Facebook un groupe intitulé "si tu me quittes, je reprends mon appareil à raclette". Outre que je n'ai toujours pas compris à quoi servaient les groupes (les mauvaises langues diront que la même question se pose très au-delà de la sphère facebookesque), je trouve la menace bien mièvre.
Partageant ma vie avec un dangereux psychopathe, je suis exposée à des périls d'une toute autre envergure.
Cary Grant, l'autre soir, dans l'angoissante obscurité de la chambre conjugale m'a solennellement avertie : "si tu me quittes, je vais sur ta plateforme d'administration et je sème des fautes bien laides dans tous tes billets".
Ah l'infâme. Il me tient.



Je vous aurais bien fait un fiat lux mais il faut croire qu'Eskobar, c'est trop underground pour Youtube. Il vous reste Deezer (oui, tout à fait, insérer un lien direct était au-dessus de mes forces).

lundi, juillet 27 2009

Gigateuf

Grâces en soient rendues à cette maladie courte, rigolote et fort bénigne qui est ma compagne de route depuis le printemps, je découvre avec ravissement les attraits ineffables de l'arrêt-maladie juilletiste et, partant, de la télévision française, option programmes estivaux et junk-food sur le canapé. Il y a fort à parier pour que ma misanthropie en sorte grandie.
Bien que mon étude sociologique se trouve encore plus proche des balbutiements du bambin joufflu que du discours tonnant et solennel du professeur agrégé, je puis d'ores et déjà tirer quelques conclusions des plus utiles pour les progrès de la science (or, je sers la science et c'est ma joie) :

- Les protagonistes de Secret Story, ainsi que le soulignait fort justement Pétronille, ont pour unique et somme toute assez peu fascinant talent de posséder des cheveux. Et/ou des seins. Je réclame au nom du respect dû aux animaux, qui sont - on ne le rapellera jamais assez - des créatures sensibles, la sortie immédiate du chien. Il suffit de savoir que des scientifiques ont évalué l'intelligence du meilleur ami de l'homme comme équivalente à celle d'un enfant de trois ans, pour pressentir immédiatement la souffrance qui doit être la sienne parmi ces humains (le terme est peut-être excessif) pour lesquels "Oui-Oui et la voiture jaune" appartient indubitablement au cinéma d'auteur.

- Les glaces "Extreme" parfum chocolat sentent le gras de poulet froid. Une excellente raison de ne pas examiner leur composition.

- Le journal télévisé est au métier que j'essaie d'exercer ce que Devedjian est à l'élégance et la courtoisie. Alors que j'avais la bouche pleine de coquillettes au fromage de chèvre - notez au passage le péril auquel je fus bien malgré moi exposée - j'entendis, incrédule : "et je vous rappelle l'information du jour, Nicolas Sarkozy est sorti de l'hôpital..." Quelle ne fut pas mon allégresse lorsque je crus comprendre que la divine providence avait enfin posé son regard bienveillant sur l'infortunée espèce à laquelle nous appartenons. Point d'attentat aujourd'hui, ni massacre consciencieux, ni séisme, ni épidémie, ni même de fermeture d'usine. Rien. Seulement un chef d'Etat qui sort de l'hôpital après un petit malaise de rien du tout.
Puis le couperet est tombé : la pénurie ne concerne pas les catastrophes mais les journalistes dignes de ce nom. Un très intéressant commentaire sorti de la vilaine boîte à images m'apprit ainsi que l'épouse du président lui tenait la main. Bien sûr, le pied eût été plus original. Mais que voulez-vous, c'est la crise. Quelques secondes plus tard, l'extra-terrestre qui avait pris possession du corps du journaliste (comme dans "V") annonça doctement que d'éminents spécialistes garantissaient la bonne santé de notre président bien-aimé et réfutaient tout lien avec un malaise cardiaque.
Bien. Etait-il réellement indispensable d'attendre le XXIe siècle pour apprendre qu'il ne faut pas courir en plein soleil (il ne faut pas courir du tout, d'ailleurs) ? Ni faire un tennis par 40° à l'ombre, à moins de vouloir dormir dans le paradis blanc ? Attention aux portes du métro qui peuvent te pincer très fort. Et à la grosse boule jaune dans le ciel qui peut te faire très chaud à la tête.

The world has turned and left me here. Je ne suis pas sûre d'en être peinée.

samedi, juillet 25 2009

Megateuf

Pendant deux mois, j'ai cru que c'était de l'ennui profond. En fait, j'avais la mononucléose.

mardi, juillet 14 2009

Le jour de gloire est arrivé

Ce blog avait deux ans, au risque d'être tarte,
Fort contente je suis, nul danger que j'en parte


(Comme quoi, l'alexandrin n'est pas donné à tout le monde et la rime en "-arte" autant te dire que...).
Bon ben voilà. Bon anniversaire à mon dédoublement de personnalité.

samedi, juin 20 2009

Le soleil est rare (et le bonheur aussi)

Extrait d'un échange avec mes collègues, au moment de la pause déjeuner.

- En fait, c'est où le bonheur ?
- Pas très loin de chez moi.
- Ah.
- T'as même pas besoin d'y aller, tu peux être livrée.

Nous parlions d'un nouveau restaurant thaïlandais joliment nommé. Hélas.


Fiat lux

mardi, juin 16 2009

I've seen better days (but i don't care)

Depuis deux jours, j'écoute Elliott Smith en boucle, signe tangible d'un épuisement physique et moral confinant au coma (mais aussi et peut-être surtout vestige d'une conversation dans le train). Autant te dire que je nage dans l'euphorie et l'optimisme béat.
It never rains but it pours, dit-on de l'autre côté de la Manche (et dans les vieux albums de Dire straits). Au beau milieu d'une après-midi de bouclage de journal pour le moins laborieuse, j'étais occupée à mettre en page un publi-rédactionnel sécuritaire (le client est roi, ce qui ne signifie pas qu'il est enthousiasmant) détaillant avec complaisance les terrifiants dangers qui menacent tout propriétaire de véhicule dont la tremblante vulnérabilité ne demande qu'à être violentée par d'affreux gangsters avides de 4L et de Peugeot 405. Il y a des jours où je me demande si les annonceurs qui me font vivre ont déjà posé les pieds dans mon département ou s'ils pratiquent le déni à l'endroit de la ruralité profonde. Il y a effectivement des sauvageons chez moi, mais ce sont des enfants-loups.
Là-dessus, je fus appelée par l'assistante de l'expert censé - depuis trois semaines, oh déjà, comme le temps passe vite, ma bonne dame - évaluer le montant des dommages que j'ai occasionnés à mon véhicule dans un malheureux moment d'égarement. Je fus confrontée à un vertige d'une rare intensité dramatique en réalisant que je tentais de communiquer avec une créature dotée des capacités de compréhension d'une poule et de la mémoire d'un poisson rouge. Je finis donc par lâcher prise après avoir répondu trois fois aux mêmes questions (mon interlocutrice formate son disque dur interne toutes les cinq minutes, semble-t-il) et vainement tenté d'obtenir une quelconque réponse à mes propres interrogations.
Toute à mon agacement, je remarquai à peine les éclairs qui commençaient à zébrer le ciel tandis que le tonnerre grondait au loin. Je fus ramenée à la réalité par ma collègue qui glapit : "ah non, hein, pas un jour de bouclage !". Dans une tentative désespérée, j'allumai le disque dur externe sur lequel sont consignées trois années de souffrance au travail. Le destin en décida autrement et nos ordinateurs s'éteignirent de concert. Au redémarrage, le précieux journal réapparut miraculeusement sur l'écran, en revanche le périphérique de stockage semblait bouder de toute la force de ses petits circuits. Après tout, il ne contient que la totalité des archives (judicieusement dupliquées, toutefois, sur l'unité centrale du mien ordinateur).
Il est des instants où la survie doit l'emporter sur les convenances. D'un geste las, je m'emparai de mon ipod pour y puiser la force de continuer. Je tombai sur la BO de Mission. Aux premières notes de l'Ave Maria guarani, je songeai à l'indéniable avantage du béton sur les branchages, à savoir l'étanchéité par temps de pluie et au non moins évident confort que constitue l'absence de conquistador ou d'un quelconque soudard assoiffé de viol et de meurtre (voire plus, même sans affinités) à ma porte. On a beau dire, entre la secrétaire mal-comprenante au téléphone et le mercenaire aviné dans sa hutte, le choix est vite fait.

Reprenons. On ne dit donc pas : "j'en ai plein le cul" mais : "je vis une période modérément pourrie en raison d'un karma raisonnablement pervers". Merci qui ? Merci Ennio.


Fiat lux

dimanche, juin 7 2009

Where the wild roses grow

A l'occasion de la fête des mères, dont on nous a copieusement rebattu les oreilles cette année, les commerçants du petit bourg où je paie mes taxes offraient une rose aux heureuses titulaires d'une marmaille, fût-elle singulière.
Grande amatrice de végétaux, comestibles ou non, je me réjouissais par anticipation tout en choisissant un sac de voyage chez le maroquinier local, en l'entendant questionner derrière sa caisse : "vous êtes maman ? Ah ben je vous offre une rose alors". Je frétillais donc tout en sortant ma carte bleue et nantie d'un nouveau bagage aux couleurs criardes. Las, l'infâme boutiquier trompé par l'éclairage indigent de sa sordide officine qui lui celait mes rides ou par ma tenue quelque peu déplacée à mon grand âge (fausses Converse-faux treillis-faux tee-shirt rock'n'roll, mais tout le monde s'habille comme ça, bon sang) et mon choix un tantinet immature en matière de sacs, ne me posa pas la question fatidique. Je repartis donc bredouille.
Je n'avais pas dit mon dernier mot. On ne m'ampute pas de mes droits aussi facilement. J'ai donc emmené ma progéniture à la superette ce matin. Cette dernière m'a suivie dans tous les rayons, traînant ses Geox hors de prix achetées par une grand-mère qui a perdu tout sens des proportions et geignant tous les deux mètres : "je veux des desserts, je veux un kinder, pourquoi on prend pas de kinder, je veux un kinder, je veux rentrer, pourquoi il est gros le monsieur, je veux un kinder, oh regarde des chips, je veux un kinder....".

Je possède désormais un bras plus long que l'autre (celui auquel s'était accroché le divin enfant, tel un koala psychopathe rivé à sa branche d'eucalyptus), j'ai pris trois lexomil en rentrant, Cary Grant et moi avons entamé une procédure de divorce mais j'ai eu ma rose.

rose.JPG


Fiat lux

jeudi, mai 21 2009

Rich girls

Un de mes deux lecteurs se demandait hier s'il était financièrement intéressant de m'épouser.

Ciel, me voici découverte : je suis incroyablement riche. Les magnats de la grande distribution me courtisent inlassablement et inondent de fleurs ma suite au Carlton afin que j'honore d'un regard las leurs misérables existences de boutiquiers.

La preuve :


reducChouette.jpg



Fiat lux

mercredi, mai 13 2009

On va tous crever

Comme vous ne l'ignorez plus désormais, je suis une lectrice régulière du Monde, quotidien vespéral que je brocarde avec enthousiasme mais dont l'existence constitue mon dernier rempart contre le noir désespoir que m'inspirerait sans lui la noble corporation à laquelle j'appartiens.
Mon quotidien préféré (le mieux est l'ennemi du bien) s'est récemment entiché de l'interactivité avec son lectorat, concept aussi creux que glamour qui a dû lui être vendu fort cher par d'obscurs consultants en ingénierie de la communication. Le Monde, donc, publie des chroniques pondues par ses abonnés dont fort peu, hélas, accouchent d'oeufs d'or. L'un(e) d'entre eux (fichus prénoms mixtes) s'est fait une spécialité de hurler à la mort contre la gauche française qui, soit dit entre nous, n'a besoin de personne pour réduire à néant sa crédibilité. A raison de deux chroniques par jour, vous comprendrez que je n'aie pas lu l'oeuvre intégrale dudit contributeur (dans le doute, le masculin l'emporte et une fois n'est pas coutume, voilà qui me simplifie l'existence). Dans un billet d'humeur intitulé "Comment peut-on (encore) être de gauche ?" une phrase a toutefois retenu mon attention : "Le problème de la gauche est que cette très vieille dame, perclue de rhumatismes, d'archaïsmes, de naïveté (l'homme serait naturellement bon) ne représente plus aujourd'hui aucune alternative crédible pour diriger le pays ?".
Que nenni, facétieux lecteur, je n'avais pas l'intention de relever la bizarrerie de la ponctuation finale. Si tu crois qu'il me reste assez d'énergie pour m'étonner de toutes les excentricités typographiques de mes contemporains... Je me disais simplement que non, Madame la gauche, vous n'avez pas le monopole de la naïveté. Car sans ce postulat consistant à regarder avec une vague bienveillance son prochain, je me demande s'il reste une quelconque possibilité de vie sociale. Si l'homme n'est point bon, que nous sert l'idée de justice (bien que le concept ait été par la suite passablement dévoyé, la justice a été inventée pour protéger le faible du fort, car des imbéciles -gauchistes probablement - se sont dit un jour que le faible méritait autre chose que le poing du fort dans sa face) ?
Si nos semblables sont d'insondables pourris, quelle force mystérieuse et un tantinet masochiste nous pousse à chercher conjoint et amis dans cette masse répugnante ? Pour qui, pour quoi se lever chaque matin si l'on est intimement convaincu de participer à un grand néant, voué à rien et inaccessible au progrès. En vérité je vous le dis, il est grand temps de trouver une corde solide, ce qui devrait s'avérer particulièrement malaisé tant on ne peut plus compter sur rien dans ce monde abject, pas même sur l'industrie de transformation du nylon ou du chanvre.
A moins que, et là l'apoplexie par fou rire me guette, notre chroniqueur du jour ne considère que contempler son nombril constitue une raison suffisante d'exister. Il doit falloir une richesse intérieure peu commune.

Avec tout ça, nous n'avons pas trouvé comment on pouvait être (encore) de gauche.
Ni comment on pouvait être persan.

vendredi, mai 1 2009

Comme un enfant aux yeux de lumière

En ce matin du 1er mai et alors que je remplissais mon rôle de mère attentionnée tandis que Cary Grant était parti seul défiler sous la pluie, mon fils m'a demandé de jouer les DJ. Me voilà donc embarquée sur Dailymotion sous l'impusion d'un flash m'ayant remis en mémoire la pochette d'un 45 tours à côté du mange-disques orange que je trimballais partout dans l'appartement, quand j'avais son âge.
Miracle de la technologie, j'eus tôt fait de trouver la video recherchée : Marie Myriam à l'Eurovision. J'écoutais le morceau, je regardais mon fils et là, vlan, j'ai pris trente ans dans la face. Ce qui, ne nous le cachons pas, fait tout de même un peu mal. J'étais à deux doigts de pleurer.
Pour faire bon poids, bonne mesure avec les paroles, nous avons donc entrepris une impitoyable bataille de peluches en beuglant consciencieusement : "ouééééé, t'es mort". Ce qui devait arriver, arriva : il y eut un blessé. Moi en l'occurrence, qui venais de me faire copieusement éclater la lèvre supérieure suite à un coup de tête filial mal géré. La bonne nouvelle c'est que la chair de ma chair est restée de marbre. Je préfère ça : s'il doit épouser une de ces carrières pleines d'avenir consistant à monnayer sa capacité à massacrer méthodiquement son prochain, autant qu'il s'habitue dès son jeune âge au sang sur les dents de ses semblables.

Vois comme le monde,
Le monde est beau.

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