Miss SFW

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche, mai 6 2012

Ode à la joie


Au revoir, président.

(si-si-do-ré-ré-do-si-la-sol-sol-la-si-si-la-la...)

jeudi, juin 16 2011

Use your illusion

J'apprends avec une infinie tristesse que l'un des sujets du baccalauréat de philosophie de cette année était ainsi piteusement rédigé : "l'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ? "
En vérité, je vous le dis, l'alphabétisation des inspections académiques doit devenir une priorité nationale.

lundi, février 28 2011

Candide ou l'optimisme

Cary Grant commentait hier soir, avec un charmant étonnement, la composition du gouvernement remanié :
"Gérard Longuet... Avec les casseroles qu'il a au cul... On ne me fera pas croire que sur soixante-six millions de personnes on ne pouvait pas trouver mieux."

Mon mari est très mignon.

mercredi, janvier 12 2011

Your lips move, but i can't hear what you're saying

Comme vous n'en avez probablement pas entendu parler tout en haut de vos tours de verre et d'acier, une banale affaire de sans-papiers met en émoi depuis quelques jours un petit village de la Haute-Loire (oui, c'est ça en bas à droite de Clermont-Ferrand, mais si, Clermont, en peu en dessous de Bourges, oui Bourges, juste après Orléans, mais de l'autre côté du périph quand même). L'affaire est simple : appréhendé pour un vol, un père de famille d'origine arménienne n'a pas été en mesure de présenter des titres de séjour satisfaisants à la maréchaussée. Celle-ci a donc prévenu le Préfet et celui-là a ordonné la mise en rétention du premier. Quand je vous disais que c'était bête comme chou. Or, le fils de six ans du susdit a été cueilli dans son école (celle du fils, pas du susdit) par trois gendarmes (en civil, tout de même, on n'est pas des barbares).
Là-dessus, la Préfecture aurait déclaré que le monsieur en question "a été arrêté pour un délit et les gendarmes ont découvert à cette occasion qu'il avait une obligation de quitter le territoire. Il a exprimé le souhait d'avoir son enfant, tout s'est passé de la manière la plus optimale possible pour une situation inhabituelle".
Et là je dis : halte. N'y a-t-il donc plus aucun respect pour les valeurs républicaines ? Va-t-on ainsi balayer, sans vergogne aucune, les principes les plus sacrés de notre histoire post-révolutionnaire ? Comment un Préfet peut-il seulement articuler des atrocités semblables ?
"La plus optimale". Non mais sans blague. Et pourquoi pas la plus meilleure, tant qu'on y est ? Mes amis l'heure est grave, c'est la fin du monde tel que nous l'avons connu (et je me sens fine (malgré les quarante-douze millions de chocolats des fêtes et tout ça sans Activia, c'est tout de même incroyable)), il y a quelque chose de pourri au royaume des énarques.

lundi, octobre 25 2010

Le plus beau des combats

Le métier de politique est un métier bien difficile. Le malheureux élu, tout dévoué au bien public, ne vivant que pour servir son prochain se heurte sans cesse à la sotte méfiance de ses concitoyens. D'aucuns, méchantes gens s'il en fut, n'hésitent pas à l'accuser de servir ses propres intérêts. Comment peut-on ? L'homme politique n'est que philanthropie et altruisme. Sans relâche, il s'échine à améliorer le sort de ses concitoyens et rien ne peut l'en détourner. Il dispense sans compter mille bienfaits et la foule nombreuse de ses enfants, épouses, maîtresses, neveux et poulains peuvent témoigner de l'inépuisable générosité de cet être de bonté.
L'ingrate nation ne lui sait pourtant aucun gré de ses épuisantes tournées parmi les petites gens dont il est obligé d'accepter les embarrassantes offrandes et le voilà tout chargé de victuailles au sortir du Salon de l'agriculture, ses assistants peinant à porter de lourds sacs de fromage AOC et de charcuterie fermière. S'il a le malheur de vouloir soulager un peu la solitude de nos anciens en partageant avec eux le modeste banquet de la fédération des clubs du 3e âge, il se trouve contraint d'annuler son important rendez-vous avec l'association des joyeux tyrosémiophiles et voit ainsi compromise l'expertise préalable au projet de loi sur l'épaisseur des lamelles de peuplier. Sans parler du grand bond en avant de son taux de cholestérol. Car l'homme politique est prêt à mourir pour son pays.
Et pourtant, il lui aurait été si facile de se la couler douce devant les chaînes de montage chez Molex en profitant des bienfaits des 3X8. Rien ni personne ne lui aurait reproché son Smic qu'il aurait égoïstement pu garder pour lui en faisant la nique à l'administration fiscale, empochant en sus - toujours les mêmes qui profitent du système - une généreuse prime à l'emploi. Mais on ne se refait pas et certaines natures sont nées pour le don de soi. Envers et contre tout.
Et puis, alors que les années de sacrifice se succèdent avec la régularité des victoires de l'extrême-droite en région PACA, un soir funeste de dimanche pluvieux, son attaché parlementaire l'appelle en plein brainstorming avec la petite stagiaire et lui balance, sans ménagement aucun, la terrible nouvelle : les journalistes débarquent dans cinq minutes, il doit se tenir prêt à rendre hommage à Georges Frêche. Le métier de politique est un métier bien difficile.

dimanche, octobre 10 2010

Au bon beurre

Ces sales gauchistes du Figaro nous gratifient d'un édifiant article sur les coquets émoluments des bras droits de nos ministres bien-aimés.
En vérité je vous le dis, les gouvernements passent mais le collaborateur reste une valeur sûre.

mercredi, septembre 29 2010

Pericoloso sporgersi

Eric Besson, ministre de l'immigration idéalement placé pour en apprécier à leur juste valeur les effets positifs (grâces soient rendues à la mondialisation, le cours de l'étudiante ne cesse de baisser), déclarait récemment avec cette élégance du verbe qui le caractérise et qui est, hélas, si peu soulignée par nos journalistes nationaux qui n'en sont pourtant plus à une basse et vile flagornerie près, "si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bon Français, je serai très heureux."
J'eusse préféré lire "si mon ministère pouvait...", ou mieux, qu'il se contentât d'un silence de bon aloi, moins périlleux pour son lifting.
Car certaines expressions vous plongent aux tréfonds d'un vertigineux doute lexical. Fiévreusement, je me jetai sur Robert, dit le Petit. "Fascisme : 1- doctrine que Mussolini établit en Italie en 1922 (totalitarisme, corporatisme, nationalisme et respect des structures capitalistes)." Un rapide coup d'oeil au calendrier et à la mappemonde, m'a immédiatement rassurée. Ouf, nous ne risquons rien, mais tu parles d'une frayeur. Me voilà totalement rassérénée. Molto bene.

Edit : il n'est pas mauvais, ce jeune. Je ne serais pas autrement étonnée s'il nous gagnait un petit quelque chose à Angoulême, un de ces quatre.

lundi, juin 28 2010

Au Puy du Fou, là je me sentais chez moi

Si vous ne lisez déjà Le Monde, je ne saurais trop vous conseiller de vous y convertir vitement. En premier lieu parce que les prochains numéros seront peut-être amenés à devenir collectors (dans la mesure où, du naufrage de l'Aurore, avait émergé Desproges, je me prendrais presque à le souhaiter). Ensuite parce que, malgré l'agonie économique de mon quotidien de référence préféré, certains articles continuent à valoir leur pesant de cacahuètes. Aujourd'hui, une interview-fleuve de Jean-François Copé occupait la presque totalité de la page 8, habituellement consacrée à la rubrique "France" mais, pour l'occasion, dévoyée au profit de la thématique "divertissement".

La photo présente un président du groupe UMP les bras ballants et le sourire crispé dans un élégant couloir de l'assemblée nationale, sous le désopilant titre-citation : "il faut remplacer la dépense publique par le travail". Chers amis, relevez-vous, un peu de tenue que diable, ne vous laissez pas gagner aussi vite par l'hilarité. D'autant que le meilleur est à venir : "les collectivités locales doivent aussi s'y mettre. Je préconise un bonus-malus sur la dotation globale de fonctionnement versée par l'Etat. Les collectivités qui réduisent leurs dépenses seraient encouragées. A l'inverse, celles qui ne voudraient pas comprendre qu'on a changé d'époque seraient moins bien dotées". Je ne voudrais pas faire ma pénible, encore que ce soit l'un de mes derniers et plus vifs plaisirs, mais il me semble que les décentralisations successives ont transféré bon nombre de dépenses relevant du social aux collectivités territoriales. Or, il s'agit de dépenses obligatoires - on peut le regretter mais le Conseil général des hautes plaines de Trifouilly ne peut ni modifier les conditions d'attribution du RSA, ni réduire son montant - et il se trouve, c'est scandaleux, des départements particulièrement affectionnés par ces fichus rmistes dont le budget "social" représente la majeure partie des dépenses. Pour peu qu'ils aient quelques vieux surnuméraires dans les maisons de retraite et une génération de bébés de l'an 2000 approchant dangereusement des années collège, ces fieffés crétins de province ne vont pas vouloir comprendre qu'on a "changé d'époque".

Heureusement, Jean-François Copé, fidèle serviteur de notre président bien-aimé (on a le Michel Debré que l'on mérite), se lance dans la réflexion politique de haut vol avec l'aide précieuse d'un club de triturage de méninges à destination de l'élite intellectuelle de son parti. Autant dire qu'ils pourront organiser leurs assemblées plénières dans une Smart. "Il faut donc, comme cela se fait aux Etats-Unis, des clubs à l'indépendance d'esprit beaucoup plus importante, qui sollicitent des personnalités de tous bords et de toutes sensibilités (ndlr : entendons-nous bien, de tous bords et de toutes sensibilités de droite bien née, ce n'est pas non plus l'auberge espagnole, manquerait plus qu'on se coltine des communistes, il paraît qu'il en reste, des féministes ou des pauvres) pour apporter des idées nouvelles à notre candidat". A l'évidence, "il faut remplacer la dépense publique par le travail" mérite de figurer au panthéon de ces idées neuves, nouvelles et innovantes. A quand le prix du concours Lépine pour Jean-François Copé ?

Quand je pense que je me languis depuis des années à attendre mon visa pour le pays des Bisounours. Alors qu'il suffit manifestement de poser son séant aux premiers rangs de l'assemblée nationale pour vivre dans un monde enchanté. Quand je pense qu'à chacun de mes trajets de métro aux heures de pointe je plaignais mes voisins au visage gris et fatigué, croyant naïvement qu'ils étaient épuisés par un morne et aliénant labeur. Alors que pas du tout, ce sont d'éternels estivants qui font du pédalo sur la vague en rêvant, aux frais de la société, de surcroît. Comme vous, comme moi, comme tout ce petit peuple de feignasses qui se promène en sifflotant cinq à six jours par semaine et que de valeureux responsables politiques voudraient bien remettre au travail. Je crois que je vais voter à droite. Moi aussi, je veux nager dans l'euphorie.

Fiat lux

jeudi, juin 17 2010

... Et de lettres, vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot

Le stagiaire analphabète mais fils de député (ou de sénateur, la médecine moderne fait des miracles) qui hante les ministères a encore frappé. Il semblerait d'ailleurs que ses agissements ne soient pas plus surveillés que ceux d'un jeune trader français dont nous tairons le nom afin de préserver son anonymat. Et vous verrez que des chefs larmoyants et penauds dans leur costume hors de prix viendront nous dire qu'ils ne savaient pas. Mais c'est Bescherelle qu'on assassine !

durable1.gif

Je crois avoir lu qu'on obligeait les enfants, il y a quelques décennies, à se laver la bouche avec ce savon de Marseille qui a la faveur de nos (des)potes éclairés, lorsqu'ils avaient proféré une insanité. Je propose que l'on réhabilite sans plus tarder cette saine - et écologiquement correcte - coutume dans les administrations centrales. Ainsi que la création, à l'intention de nos élites décomplexées, de l'intranet "japprendslefrancais.fr".

mardi, mars 16 2010

I want to be wrong

L'abstention étant sortie vainqueur (as-tu remarqué que le féminin de vainqueur est quasi-inusité alors que vaincue est un terme courant ? La vie est décidément pleine de merveilleuses surprises) des dernières élections, je crois adroit, dans ma course opiniâtre à l'élévation sociale, de me ranger aux côtés de ce nouveau maître et de lui consacrer le présent billet.
Ce revirement idéologique pourrait être fatal à mon mariage mais je tiendrai bon. Cary Grant, il y a de cela quelques années, s'est autoproclamé grand pourfendeur de l'abstentionnisme et justicier masqué des urnes. Il échafaude, à chaque échéance électorale, un arsenal répressif tout prêt à servir dès que ce pays de laxistes se décidera enfin à écorcher vifs les pêcheurs des dimanches républicains. Pointant d'un index rageur une infographie du Monde, il me déclarait ce soir même : "non seulement ils ne vont pas voter mais quand ils se bougent enfin, c'est pour donner leur voix à l'extrême-doite. Ah, elle est belle, la moitié Est de la France". Impérial, il se levait solennellement et jetait alors sur la table basse le malheureux quotidien qui n'en demandait pas tant. Le flamboiement des derniers rayons du soleil donnait à la scène une dimension prophétique. N'eût été l'étendoir à linge en fond qui gâchait quelque peu la magie du tableau.
Cary Grant ne connaît pas sa chance. Sourd aux sirènes de l'ambition, indifférent à l'obsédant cliquetis des ors de la République, il peut, sans appréhension aucune, vouer aux gémonies qui bon lui semble. Moi, que le démon de la réussite dévore sans trêve, je ne puis me permettre de jeter l'opprobre sur ceux qui représentent désormais la majorité des citoyens de ce pays. Et me voilà toute prête à leur passer la pommade autour de la pierre. Et j'argumente, je me bats comme un beau diable pour sauver ma crédibilité au sein de l'huis clos conjugal. Je sors du chapeau la consternante similitude d'origine sociale, de cursus scolaire et de revenus des divers candidats. Je parle de la crise, de la mondialisation et de l'effondrement du cours de la citrouille. Je suis bien proche, je l'avoue le rouge au front, de brandir "l'Année terrible" pour scander mon propos.
Bien sûr, la vérité est bien plus prosaïque, comme disait l'autre (celui ou celle qui me retrouve cette référence-là recevra une carte postale de Nevarsin by night dédicacée et l'aura bien méritée). Vois-tu, je puis éventuellement envisager une fraction de seconde que l'on considère avoir mieux à faire que voter. Si, si. Plus je regarde les affiches et plus je comprends. Dans ma vie antérieure de journaliste, j'en ai enduré du politicard. Ils (permettez-moi d'utiliser le masculin qui l'emporte en grammaire mais plus encore dans les statistiques) avaient tous le même regard qui se voulait perçant, prenaient la même pose faussement concentrée pour me noyer dans un flot de banalités convenues dont l'unique intérêt était de trahir leur méconnaissance totale du dossier sur lequel ils étaient interrogés. Ils étaient pontifiants, assez peu légitimement imbus de leur banale personne, ennuyeux et hélas, trois fois hélas, incontournables. Ils concentraient dans leur petit club privé l'essentiel des pouvoirs locaux et régnaient en petits seigneurs sur leur fief, dispensant selon leur bon vouloir et leurs amitiés particulières l'argent public qui leur avait été confié. Ils n'avaient aucun humour, n'étaient pas rock'n'roll pour deux sous (par contre pour trois, ils étaient prêts à apprendre tout le répertoire de Refused en suédois) et surtout me faisaient perdre mon temps, le soir devant mon clavier, quand j'essayais désespérément de sauver ce qui pouvait l'être de l'interview pathétique qu'ils avaient bien voulu m'accorder.
Et pourtant, je vote encore (Dieu et la Constitution merci, à la différence du PMU, l'insertion du bulletin est gratuite et je ne suis pas trop déçue de toujours miser sur le mauvais cheval). Je pourrais te parler du droit de vote des femmes, trop récent pour que je ne m'y accroche pas avec ferveur ou bien des élections dans certains pays où des gens semblent prêts à mourir pour avoir le droit de choisir entre plusieurs candidats. Fort malheureusement, il ne demeure aujourd'hui qu'une seule raison pour me pousser vers les urnes à l'heure où il ne reste peut-être plus que deux baguettes de campagne chez mon boulanger de quartier : la joie morbide de savoir que j'ai accompli ma part du contrat et que j'ai cinq ans pour les regarder oublier la leur.


Fiat lux.

jeudi, décembre 3 2009

Et sa vie, qui fut assez courte, laissa des exemples de vertu inimitables

Il y a bien longtemps, alors que je fréquentais encore l'école de la République, il advint qu'un professeur de français nous distribua en fin d'année la liste des lectures conseillées pour meubler le long été catalan qui promettait d'être aussi caniculaire que les précédents mais un peu moins que les suivants, nous ne savions pas alors que le réchauffement climatique nous guettait, sans quoi nous aurions pris un aller simple pour Tourcoing. Or, parmi d'autres oeuvres immortelles figurait "la princesse de Clèves" que j'emprutai aussitôt à la bibliothèque, sotte créature disciplinée que j'étais et que je demeure d'ailleurs - rebelles, je vous hais - pour déchanter au bout de quelques pages, car le susdit roman en dépit de son titre racoleur ne relevait pas davantage du conte de fées que de l'heroic fantasy. Un classique est un classique, je le lus jusqu'à la lie sans le moindre plaisir.

Bien des années après, un ministre qui devait devenir notre président bien-aimé, s'acharna sur l'oeuvre-phare de Mme de La Fayette qui, pour incongrue qu'elle lui paraisse au guichet de La Poste, n'en demeure pas moins bien mieux troussée que n'importe quel discours d'Henri Guaino sur le rôle central de l'école. Mme de Clèves fut de nouveau la cible des foudres de notre grand timonier à nous qu'on a pour quelques années encore, même sans affinités, et je me jurai alors de reconsidérer mon sévère jugement sur les infortunes de la vertu de notre princesse.

A la faveur d'un long voyage en train, je viens de relire les aventures de Mme de Clèves, née de Chartres. Le terme d'aventures est peut-être excessif concernant la complaisante peinture d'une haute noblesse n'ayant manifestement rien d'autre à faire que de mêler en un inextricable embrouillamini intrigues de cour, de coeur et de cuisses. Je me demande, du coup, comment l'oeuvre en question n'a pas subjugué notre président bien-aimé.

Au-delà de l'étude de moeurs, l'équité m'oblige à souligner le délicieux humour que distille ce roman d'une époque où l'on savait mourir. Le monde ne connaissait pas encore les obscènes agonies de cinéma hollywoodien où le meilleur ami du héros s'obstine à rendre son dernier souffle au beau milieu d'une révélation cruciale. Non, mesdames et messieurs, foin de tout cela. Mme de Chartres se sachant condamnée appelle sa fille à son chevet. Croyez-vous qu'elle lui éructe dans un soupir fétide : " Je suis ton père" ? Que nenni. Cette exquise créature murmure avant de s'éteindre doucement : "Il faut nous quitter ma fille, lui dit-elle en lui tendant la main ; le péril où je vous laisse et le besoin que vous avez de moi augmentent le déplaisir que j'ai de vous quitter...". Evidemment, ça ne vous a pas le cachet éminemment contemporain d'un : "vous inquiétez pas m'dame, j'vas vous nettoyer tout ça au Karcher".

Je me demande ce que j'ai bien pu faire dans mes vies précédentes pour me réincarner ici et maintenant.

mercredi, novembre 4 2009

She's so lovely

L'exquise Nadine Morano, dont chaque intervention télévisuelle ou radiophonique est un nouveau ravissement des sens et de l'âme, s'en prenait il y a peu à sa collègue Rama Yade. D'aucuns ont aussitôt analysé la charge de la secrétaire d'Etat à la famille comme l'exécution servile d'ordres venant du Très-Haut (arrêtez de ricaner bêtement, la taille, ça ne compte pas). Il s'agissait de fustiger Mlle Caution-Morale-Option-Multiethnique pour ses écarts (qui me laissent froide) par rapport aux options gouvernementales (dont je me gausse d'importance) quant aux avantages fiscaux des sportifs (thématique qui m'inspire une indifférence proche de l'infini). Vous l'aurez compris la question était sans intérêt, point commun qui ne manqua pas d'éveiller l'empathie de Mme Morano.
La secrétaire d'Etat à la famille déclarait implacablement, superbe dans son armure d'inanité immaculée : "Lorsqu'on n'est pas d'accord, on fait un choix, soit on se tait, soit on s'en va". C'est on ne peut plus clair. Je n'aurais jamais cru que la décomplexion prônée par les maîtres de la politique pour les nuls irait jusqu'à l'aveu de leur absence d'idées. Je veux bien comprendre que le marché de l'emploi est en pleine déconfiture et que l'on s'accroche à son poste tel le naufragé au radeau de la méduse ou le bobo moyen à son téléphone portable à écran tactile 42.000 couleurs et 800 Go (qui fait aussi cafetière, baby-foot et pierre ponce), mais tout de même.
Mes bien chères soeurs, mes bien chers frères, j'aimerais que nous observions une minute de silence à la mémoire de la moralité et de la droiture. Nous les aimions, nous croyions en elles et pourtant elles nous ont quittés à l'aube froide et sale d'un petit matin de printemps. Nous ne dirons plus jamais "le joli mois de mai".
Et nous n'irons plus jamais où tu m'as dit je t'aime.

vendredi, octobre 30 2009

L'homme qui valait trois milliards

J'apprends avec stupeur que Charles Pasqua a été condamné à un an de prison pour un pot de vin d'un montant estimé à un peu moins de 230.000 euros.
Quoi, cette aumône ? Mais ce n'est pas même le prix d'un repas.

dimanche, octobre 25 2009

Le plus dangereux, c'est Rey. Le plus con, c'est Rey. L'autre, c'est Massard.

La vidéo a fait le tour des rédactions (il paraît que ça s'appelle un buzz) et des sites spécialisés (en buzz, donc). Jacques Weber perdant tout sens des mondanités, il y a là, semble-t-il, de quoi étonner l'internaute de moins de 50 ans. Le nouvelobspointquelquechose titrait même : "Jacques Weber insulte Frédéric Lefebvre à la radio". Soit dit en passant, cet intitulé est tout bonnement pathétique. Au vu du coût des études supérieures en journalisme, je trouve le retour sur investissement plutôt faible. Il est également d'une imprécision juridique parfaitement scandaleuse. Un peu de rigueur, que diable. Chers confrères, je dis halte à la précipitation. Le droit pénal n'est pas un dîner de gala. Tout de suite les grands mots, les concepts flous, les syllogismes boiteux. "Insulte", comme vous y allez. Si je conviens que la diffamation sera difficile à prouver, il me semble que vous écartez un peu vite l'atteinte à la vie privée. C'est très vilain d'étaler ainsi au grand jour les drames intimes d'autrui.

jeudi, septembre 17 2009

Toi l'Auvergnat qui sans façons, m'as donné quatre bouts de bois...

Les récentes incartades verbales de notre bien-aimé ministre de l'intérieur ont rappelé à la France l'existence non du racisme (car ce n'était point de la xénophobie, allons soyons sérieux cinq minutes, seulement de l'humour potache comme on l'aime tant place Bauveau et plus encore à l'hôtel Meurice ) mais d'une petite région pittoresque nichée au creux des volcans où l'on puise une eau tellement naturelle, au beau milieu d'une campagne tellement comme avant, que nous ne serions pas autrement étonnés d'apprendre qu'elle rend immortel.
Si j'habitais en région parisienne, je crois bien que j'éprouverais moi aussi un incommensurable sentiment d'exotisme et de dépaysement face aux paysages auvergnats. Je m'attendrais à trouver des ours et des loups à chaque coin de cratère. Et je patienterais, le soir venant, pour m'attendrir dans la lumière dorée du crépuscule, au charmant spectacle de la paysannerie de province assise sur des tabourets et tirant du pis des vaches ce lait gras et mousseux dont le bruit régulier rythme doucement la lente mélopée d'un chant ancestral en patois. Dieu que c'est beau la campagne.
Et Dieu que l'on est déçu parfois. Figure-toi que ces gens ont des immigrés. Non, pas des Basques ou des Alsaciens. De vrais immigrés des pays sous-développés où il n'y a pas Flavie Flament. Or, pour étonnant que ce soit, les lois françaises s'appliquent en Auvergne. Nos petits camarades de province ne sont donc pas autorisés à garder pour eux tous leurs étrangers. Ils doivent les partager avec le ministère de l'Intérieur qui renvoie ces derniers se promener dans leur pays sans Flavie Flament (les pauvres, tu comprends qu'ils ne veuillent pas partir, d'autant que TF1 va bientôt rediffuser l'intégrale de Joséphine, ange gardien).
Les Auvergnats, c'est bien connu, sont gens peu prodigues. Leurs petits seigneurs locaux, à savoir le maire de Clermont-Ferrand et quelques hobereaux de partis d'extrême-gauche tels que le Modem ou le Nouveau centre, renâclent à prêter leurs immigrés à la Préfecture. Non mais tu te rends compte ? Où allons-nous si les bouseux ne laissent plus les chevaux du Roy passer sur leurs terres ?
Récemment un couple de restaurateurs chinois installés depuis une dizaine d'années en la capitale du Puy-de-Dôme, se sont vus offrir par la Préfecture du lieu un aller certes simple mais néanmoins fort généreux pour aller embrasser leurs vieux parents. Comme leurs deux enfants sont nés en France, il leur a même été proposé de les abandonner ici afin que ce charmant voyage pût être programmé dans les meilleurs délais. Car la Chine, ce pays barbare, ne veut pas d'enfants français, qu'assez curieusement elle considère comme des étrangers, sur son sol. On croit rêver. Alors que les étrangers, comme chacun sait, sont nés en Etrangie.
La chute de l'histoire est proprement stupéfiante. Malgré la sollicitude dont ils sont l'objet, malgré l'attention particulière que leur accorde un haut-fonctionnaire de l'Etat français, M. Stefanini, préfet de région, qui fut tout de même secrétaire général du ministère de l'immigration à la belle époque, celle de M. Hortefeux, malgré enfin les multiples visites d'une police des frontières toujours soucieuse de bien faire, c'est à peine croyable mais ces gens de peu ont refusé la proposition de l'Etat.
L'ingratitude des étrangers à l'égard de notre beau pays est parfaitement intolérable. Cria cuervos y te sacaran los ojos. Comme on dit en Etrangie.


Edit : tiens, puisqu'on parle d'Auvergne, une analyse scientifique de la culture et des particularismes locaux.

jeudi, septembre 10 2009

Qu'as-tu appris à l'école, mon fils ?

Vous n'êtes pas sans savoir que je partage ma vie avec un certain Cary Grant qui lui-même partage la sienne entre son ordinateur et ceux que l'Education Nationale l'a chargé de rentabiliser en initiant les générations montantes aux mystères de l'informatique. Or, dans l'école où sévit monsieur mon mari, un poste a été supprimé à la rentrée. Il est vrai que la situation ne pouvait plus durer : en deçà d'un seuil de vingt élèves par classe, le couperet tombe et, ne nous le cachons pas plus longtemps, les établissements de cette commune honteusement privilégiée affichaient une densité moyenne de 19,90 élèves par classe.
Les enseignants du lieu ont bien songé à demander une rectification à propos d'un élève dont le peu d'élévation intellectuelle et la lenteur synaptique laissent à penser qu'il occupe aisément deux places en classe, hélas, considérant l'absence totale d'humour dans les couloirs du rectorat, ils ont lâchement renoncé.
La jeune institutrice (oui, je dis institutrice, anpe et même URSS si l'on me provoque) se voyait confisquer ses élèves et attendait son affectation, tandis que ses collègues déconfits se partageaient les têtes blondes (disons châtain foncé) en regrettant le temps révolu de la ZEP et de ses effectifs allégés. Il arrive fréquemment que ces enseignants "redéployés" n'aient plus de classe et se retrouvent dans une école où ils sont censés intervenir ponctuellement sur des matières indubitablement anecdotiques, puisqu'optionnelles : l'histoire, les langues vivantes... à l'hypothétique demande de collègues pas forcément enclins à réduire leur propre temps d'enseignement. Il se murmure durant les longues soirées d'hiver, à la pâle lueur de la lampe Camif, qu'il faut alors une grande richesse intérieure pour négocier sereinement ce tournant de carrière.
La jeune dame en question vient de recevoir sa nouvelle affectation en tant que prof subsidiaire. Elle reste dans la même école. Mais sans sa classe.
Je crois utile de préciser que l'établissement est inscrit dans le réseau "ambition réussite" qui constitue "l'une des réformes phares du ministre de l' Education nationale". Comme ils disent.


Fiat lux (je n'ai pas retrouvé l'original et en suis fort marrie).

lundi, juillet 13 2009

Fuck you (very much)

Comme tout internaute dûment nanti d'une boîte aux lettres dite électronique, je reçois pléthore de messages de haute qualité littéraire vantant les effets de telle ou telle pilule censée enchanter ma vie sexuelle pour peu que je possédasse un appareil génital masculin.
Cette abondance de réclames plus ou moins graveleuses m'attire immanquablement au plus profond des abîmes du doute métaphysique : à quoi pensent les hommes ? Et d'ailleurs depuis quand pensent-ils ? Qui peut bien croire à ces pubs ? Comment ont-ils eu mon adresse ? To be or not to be ? Et surtout : qui est leur traducteur psychopathe ? Je suis sa plus grande fan.
A quand le prix Nobel de littérature pour l'immortel auteur de : "Le sexe donne plus de satisfaction que jamais. Le stress et la tension ont disparut. Elle n’est pas plus chagrinée, je n’ai plus peur de dire non. C’est un magnifique sens physique, d’où on profite des sensantions profondes" ? Vous aurez noté que grâce au Viagra, les hommes peuvent enfin dire non. C'est beau, la science. Quand je pense qu'il se trouve encore des gueux pour défaillir à la lecture des Rimbaud, des Lautréamont, des Apollinaire et autres pseudo-poètes sulfureux alors que le talent à l'état brut est là, sous leurs yeux : "Vous aurez bien évidemment voir l'effet et votre fille se sent à l'intérieur!" Je sais, c'est insoutenable d'érotisme. Rien d'aussi troublant n'avait été écrit depuis l'exquis "I wanna fuck you".
D'indécrottables gallicistes m'objecteront que nous avons également nos troubadours de la galipette et qu'un "Que je t'aime" vaut tous les Akon du monde. Certes. Et l'ineffable plaisir de l'entendre entonner par son antédiluvien interprète au soir de notre fête nationale nous coûtera la bagatelle de près de deux millions d'euros (30.000 euros pour le seul cachet de l'ami préretraité de notre président bien-aimé qui s'est, pour l'occasion, improvisé programmateur de ce son et lumières versaillais décentralisé sous la tour Eiffel). C'est la crise.
Vous aussi, que vouliez-vous qu'il restât d'une idée vieille de 220 ans ?

dimanche, juin 7 2009

Brûle

Ai vu les résultats des élections. Suis atterrée.

Ai entendu Vincent Peillon dire que les quartiers populaires n'avaient pas voté.

Ai repensé à la formule de Sniper : "ce qui est malheureux c'est que l'on brûle le peu qu'on a, alors qu'il suffirait de voter pour incendier ces connards".

Vais me coucher dans des draps frais et un pays moisi.

jeudi, juin 4 2009

Hymne à la joie (chapter 3)

Voici venu le temps des rires et des chants : figure-toi qu'au fond de mon enveloppe restent quatre listes. Dont la première, celle de l'UMP a résolument choisi l'accessibilité à tous les publics. Pas de confusion, ce n'est pas écrit plus gros pour les mal-voyants mais seulement plus court pour les mal-comprenants. "L'Europe doit changer. Une autre Europe est possible. La Présidence Française l'a prouvé." Notons au passage que dans la fièvre de réforme qui s'est emparée de notre pays, il semblerait que l'orthographe ait changé pendant notre sommeil et que, depuis, les noms communs s'ornent d'une majuscule. Il semblerait également que le concept d'Europe ait échappé à nos amis en chemise bleue : "Ensemble, avec la volonté et la détermination du Président de la République, nous changerons l'Europe pour mieux protéger les Français". J'ai comme dans l'idée que tous ces sales étrangers aux côtés desquels il faut s'asseoir à Bruxelles, vont être modérément emballés par ce nouveau projet communautaire.
Sinon, le programme a été élaboré à l'aune de la richesse stylistique du document. Le tout premier point nous rappelle que, jamais au grand jamais, la Turquie ne doit adhérer. Il est clair, au vu des enjeux économiques et sociaux du moment, qu'il s'agit là d'une priorité absolue. Je me demande même comment on peut oser aborder une autre question. "Qu'on le veuille ou non, la Turquie n'est pas en Europe". Par contre l'UMP, si. Je ne suis pas certaine que nous y gagnons.


Le même doute métaphysique m'envahit quant au changement de bannière de M. Mélenchon qui s'offre la première place de la liste "front de gauche, pour changer d'Europe". C'est une bonne idée ça. On va arrêter avec cette Europe de l'Atlantique à l'Oural. C'est dépassé comme concept. On va la faire de l'Océan Indien au Pacifique, tiens. En plus, on aura grave de plages et de sable fin.
L'autre éclair de génie de la liste est évidemment le smic européen (même si ces sociaux-traîtres du PSE proposent la même chose, décidément les fantômes du passé...) qui s'établirait "à 60% du salaire moyen dans chaque pays pour bloquer le dumping social". Chez nous, ça fait quelque chose comme 1.600 euros (et là, j'ai pris une grande claque à l'amour-propre), ce qui paraît un moyen judicieux de réduire les inégalités de revenus. Sauf que. En Lituanie (je n'ai pas pris cet exemple pour rappeler l'exquise délicatesse de M. Mélenchon à l'égard de ce pays mais parce que je l'étudie en ce moment, chacun sa croix), le salaire moyen net est de 1700 litas, soit environ 490 euros dont 60% avoisineraient les 290 euros. Je suis peut-être basse de plafond, mais je ne vois pas comment cette mesure neutraliserait le dumping social.


Lutte ouvrière, comme à son habitude, opte pour le ludique avec un document en deux colonnes bien larges, bien denses, en times new roman taille 2. Franchement, je ne l'ai pas lu dans son intégralité. J'ai assidûment fréquenté ces gens dans mon jeune temps et ce qu'ils m'ont appris de leurs convictions semble n'avoir pas changé d'une virgule depuis. Je suis tout de même un peu déçue par la fin : "les choses décisives ne se déterminent ni dans les parlements nationaux ni au Parlement européen. Mais puisque l'électorat est convié à s'exprimer, votez Lutte Ouvrière". D'abord, on ne dit pas "les choses". Ensuite un végétarien, sauf à être pervers, ne participe pas au grand jeu "gagnez un an de repas au Buffalo Grill".
Et puis la petite mention en bas du tract "ceci n'est pas un bulletin de vote", limite tu me vexes, Arlette.


Finissons-en, je n'en puis plus, avec la liste "socialiste" (socialisme : doctrine d'organisation sociale qui entend faire prévaloir l'intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers. Mouhaha) qui nous claironne, sans rire, "voter socialiste, c'est vraiment changer la politique de l'Europe". Heu... Qu'avez-vous fait au juste pendant toutes ces années où l'on vous a confié nos voix et une partie de nos contributions pour nous représenter à Strasbourg ? Non parce que si c'était pour tout mettre dans les flippers du bar d'en face...


Fiat lux. Si tu veux pleurer (de joie, donc), regarde bien vers 0:50. Ils vont s'en occuper de tes rêves de paix, ces beaux messieurs en uniforme. "Soyons unis comme frères, D’un baiser au monde entier, Amis bâtissons une ère, De paix pour l’humanité". J'en ris encore.

mercredi, juin 3 2009

Hymne à la joie (chapter 2)

Cher lecteur,
J'ai cru bon, voire salutaire, de te laisser un jour de répit avant d'affronter la deuxième salve. Tu m'en seras, j'en suis persuadée, reconnaissant. Tout particulièrement au vu de la deuxième série.

Robert Rochefort, tête de liste du Modem pour le sud-ouest, pense comme Bayrou, se coiffe comme Bayrou, sourit comme Bayrou.

robert-rochefort-logo.jpg
A la seule différence que personne ne le connaît. Et ce, bien qu'il soit directeur du Credoc. Rassure-toi, moi aussi j'ai demandé à mon ami Google ce que c'était au juste. Même François Bayrou ignore l'existence de l'écuyer qui défend ses couleurs en son ancien fief et la photo de l'équipe, judicieusement intitulée "autour de François Bayrou dans le sud-ouest" se distingue par l'absence du prophète palois.
M. Rochefort, sympathique inconnu, bardé de bonnes (déclarations d') intentions égrène en 27 propositions tous les lieux communs de la bien-pensance social-démocrate. J'ai émis auprès de Cary Grant l'idée de voter pour lui, il m'a menacée en représailles de mettre un terme à toute forme de relation sexuelle. Fin du débat d'idées. De toute manière, je n'aurais pas pu. Je viens de commencer "les trois mousquetaires" et Rochefort c'est un nom de méchant.


Je reconnais pourtant sans difficulté que d'autres m'effraient bien davantage. Jean-Claude Martinez, par exemple. Tête de liste de "l'Europe de la vie". En même temps, l'Europe de la mort, c'est moins vendeur comme slogan. Grand défenseur de la viticulture, M. Martinez se positionne tout à fait sérieusement contre l'euthanasie et l'avortement. Il attribue à la première 165.000 morts par an en France (il est trop fort, il a les statistiques d'une pratique interdite) et évalue la nombre d'IVG à 220.000. C'est dommage, on reste sur sa faim (et sa soif) : quid des performances de l'alcoolisme dans la mortalité précoce ? Je ne puis achever sans saluer dans une même révérence le sens de l'à-propos et l'exquis bon goût de la photo du tract représentant un crash d'avion en pleine mer (avec plein de survivants, tout de même) commentée par cette désopilante et fort littéraire formule : "il y a des fois où il vaut mieux un pilote expérimenté". J'en suffoque d'hilarité.


A propos de gêne respiratoire, je ne voudrais pas avoir l'air psychorigide mais quand même, avant de poser pour l'affiche des élections, Francis Lalanne aurait pu se laver. Le malheureux chien qu'il tient contre lui a l'air passablement désespéré. Je sais bien que "produire un kilo de viande requiert 10 kilos de céréales donc 10.000 litres d'eau douce (lu au verso du tract)" mais bon, une douche rapide ça représente peut-être 30 ou 40 litres. C'est jouable sur le plan écologique.

Lalanne300.jpg
Hormis cette réserve d'ordre sanitaire, je suis d'accord sur à peu près tout, de la protection des animals au commerce équitable et surtout sur "construire ensemble une économie respectueuse : elle réhabilite la proximité...". Je voudrais juste savoir pourquoi, dans ces conditions, ce document a été imprimé en Belgique. L'affreux patron de presse libéral qui était aussi le mien quand j'officiais en Picardie, faisait imprimer au plat pays parce que les prix y étaient bien plus bas que de notre côté de la frontière. Mais, en l'occurrence, il doit y avoir une autre explication.


Bon, le Front National on a dit qu'on n'en parlait pas. Je n'aurai donc pas l'occasion de vous révéler que le détourage de leur photo de bouée a été entièrement réalisé par un travailleur handicapé des mains, des pieds et des yeux.

- page 1 de 3