Cary Grant et moi formons un couple moderne et, à défaut de dévaliser le Castorama local et d'organiser des parties fines avec nos collègues du bureau, nous partageons les tâches ménagères. Cette équité implique que chacun de nous est confronté à son tour au vertige existentiel du menu vespéral. Lorsque l'heure n'est plus guère propice au débat, la réponse du conjoint dispensé de cuisine est quasi-invariablement la même : "j'sais pas moi... Ben, heu, fais des pâtes".
Entre autres marottes peu compatibles avec mon aura d'inaccessible étoile montante de la blogosphère, je cultive un potager - d'une surface approximative de deux mètres carrés - dont je suis on ne peut plus fière. Cette parcelle, de la plus haute importance dans l'économie du foyer, nous a déjà fourni en une saison trois salades, un chou, une aubergine et cinq concombres. Nous frôlons l'autosubsistance.
Il y a peu, je distribuais donc à ma famille attablée, après qu'elle eut prononcé le benedicite, sa ration tri-hebdomadaire de pâtes. Cary Grant, rongé par une suffocante culpabilité, l'âme torturée par les âpres remontrances de sa conscience pour m'avoir laissée seule face au ricanement sadique du frigo vide, cherchait à se racheter. La solennité de ce jour merveilleux où nos erratiques destins s'unirent sous le drapeau de la république (une et indivisible, je te ferai dire) et les mots sublimes du code Napoléon sur le devoir d'assistance et de secours, résonnaient dans sa mémoire. Il imaginait déjà mille sycophantes grimaçants prêts à le livrer à l'opprobre public. Soudain, il entrevit le chemin de la rédemption et s'exclama, tout à sa joie de faire montre de sa délicatesse, de sa finesse de palais et de son exquise courtoisie :
- Eh bien, tu vois, avec juste un peu d'huile d'olive et le persil de ton jardin, c'est délicieux.
- Merci, mon chéri, c'est très gentil. A ceci près que c'est du basilic.
L'enfer (conjugal) est pavé de bonnes intentions.
*J'avais presque oublié.
Love actually
mercredi, octobre 27 2010
The things you say, you're unbelievable*
Par Miss SFW le mercredi, octobre 27 2010, 20:52
lundi, août 30 2010
J'voulais la vie de château, des femmes et des veuves Clicquot, des mercos...
Par Miss SFW le lundi, août 30 2010, 19:09
Nous jacassions, Cary Grant et moi, de l'inanité de la richesse matérielle, assez vainement d'ailleurs puisque rien ne semble indiquer que nous deviendrons milliardaires un jour. Bien entendu, nous menons un train de vie très luxueux au regard du Somalien moyen mais nous évoquions ce soir-là le stade suivant de l'aisance financière, celui qui fait rêver les foules, dont d'aucuns auront chanté la sentimentalité sans obtenir d'autre résultat tangible qu'une abondante moisson de droits d'interprète.
Cary Grant était d'humeur taquine. La joie de vivre de ce garçon m'étonnera toujours :
Cary Grant (badin): Bon alors je ne te dis pas qu'on a gagné 50 000 euros.
Moi (badine aussi): 50 000 euros ? Tu es gentil mais je te rappelle qu'un habitant de Nevarsin vient de gagner 13 millions. Alors, tu reviendras me déranger quand tu auras quelque chose à me dire.
Cary Grant (d'un ton pincé): Bien. Tu n'en auras pas un centime. Tu feras moins la maligne quand tu me verras passer au volant de ma Twingo neuve.
J'aime cet homme.
Les récents commentaires m'ayant appris que vous ne considériez pas tous que la citation de mon blog sur celui de M. Larcenet constituait un évènement planétaire, je me demande si vous allez bien mesurer l'importance de la sortie du nouvel album de Comeback Kid demain. Alors que bon, en dépit des perfides sirènes de l'emo qui leur tendaient leurs bras veloutés mais sournois, ils ont résolument opté pour un hardcore puissant et... Je vois bien que vous ne m'écoutez plus. Libre à vous, vous mourrez dans les ténèbres de l'ignorance.
Ce mardi sera aussi l'occasion pour Krazy Kitty de jeter à la face de l'humanité les brillantes conclusions de sa thèse dont il m'est aussi peu possible de comprendre les tenants et les aboutissants que d'égorger un chaton avec les dents. Je la remercie solennellement, devant cette noble assemblée, d'avoir depuis trois ans amené ici un peu de rigueur scientifique à nos débats. Car une civilisation sans la science...
mercredi, juillet 14 2010
Trois ans de réflexion (métaphysique ou presque)
Par Miss SFW le mercredi, juillet 14 2010, 18:34
Bon anniversaire, mon blog.
dimanche, juin 13 2010
Soleils couchants
Par Miss SFW le dimanche, juin 13 2010, 21:30
Extrait choisi d'un dialogue vespéral de haute volée littéraire, à moins d'une semaine d'un énième déménagement de nos chats, livres, plantes vertes et accessoirement de nos délicieuses personnes (ce billet a été réalisé sans trucage) :
Cary Grant : Putain, y a cette merde d'armoire à descendre.
Miss SFW : Et après c'est moi qui suis grossière...
Cary Grant (recomptant sur ses doigts) : c'est un alexandrin, je te ferai remarquer. Tu vis avec un poète.
dimanche, mai 16 2010
Youuu and meeee always (and forever)
Par Miss SFW le dimanche, mai 16 2010, 20:30
"Je préfèrerais que tu prennes un amant plutôt qu'un chien. Pour partir en vacances, l'amant est moins contraignant."
Signé : Cary Grant, prince de l'élégance et poète gentleman
mardi, avril 6 2010
Je n'ai point d'autre affaire ici-bas que d'aimer
Par Miss SFW le mardi, avril 6 2010, 21:59
Si la vie est une pute, le hasard se pose là aussi. Aujourd'hui, j'avais un an de plus*. Aujourd'hui aussi, j'assistais avec Cary Grant aux obsèques d'un ami cher qui n'aura plus jamais cette chance.
Avec les années, les couples développent une empathie assez confondante et particulièrement palpable dans les moments difficiles. Dans la voiture, Cary Grant et moi étions unis par le même chagrin, le même silence, la même colère. Je cherchais vainement une station de radio quelconque mais il semblerait qu'entre la Creuse et Chateauroux, le paysage radiophonique tende à se désertifier. Je finis par tomber sur France info. Ce devait être la rubrique économique et j'éteignis prestement mais trop tard. Nous nous écriâmes d'une seule voix : "Rentabilité. Voilà justement le mot que j'avais envie d'entendre aujourd'hui".
* Pour mon anniversaire j'ai eu un très bel appareil photo. Pour tenter de fixer ce qui ne peut l'être.
mercredi, avril 8 2009
Point de vue (images du monde)
Par Miss SFW le mercredi, avril 8 2009, 20:32
En vue de mieux cerner le sujet de dissertation que j'ai sur le feu (étude comparée des congés maternité en Europe), j'ai emprunté à la bibliothèque aussi municipale qu'indigente une revue un peu ancienne rédigée par des universitaires. En la feuilletant distraitement, pendant que Cary Grant était confronté à un dilemme cornélien face aux quatorze ouvrages constituant la totalité du fonds documentaire, je tombai par hasard sur la critique du film "post coitum, animal triste". N'ayant pas vu l'oeuvre en question mais Cary Grant m'en ayant parlé, je m'enquis de l'avis de la rédactrice. Cette dernière évoque "l'archétype de la femme soumise à la possession du mâle et n'existant que par lui (...) Mais si elle oppose ainsi la permanence hystérique d'un désir féminin égocentrique à la pulsion éphémère, narcissique et solitaire de l'homme, elle expose surtout, avec une clarté de propos plus convaincante encore qu'audacieuse, comment l'amour n'existe que par la rencontre des corps".
Le résumé que m'en avait fait Cary Grant, il y a quelques années, était en substance: "c'est une femme de quarante ans, mariée et tout, qui tombe amoureuse d'un mec plus jeune qu'elle. Elle pète les plombs et elle fout toute sa vie en l'air.*"
Critique de cinéma, c'est un métier.
* Et voilà comment on se scotche un vieux tube de Michel Berger dans la tête. Ah bravo.
mardi, février 10 2009
Bleeding Me
Par Miss SFW le mardi, février 10 2009, 21:37
Dimanche, alors que je procédais à mes ablutions quasi-matinales (c'était dimanche), Cary Grant jouait au mâle alpha dans la pièce voisine. Juché sur une échelle, il mettait la dernière touche à la chambre du fils prodigue, chantier qui ne se fit pas sans mal ni heurts. Placez un simple marteau dans la main d'un homme et il se transforme derechef en Gaston Lagaffe, Disciplus Simplex ou Phoebus de Châteaupers, au choix. Enfin, c'est lui qui choisit.
Après quelques coups bien sentis dans le mur, destinés à démontrer la force brute de l'homme, le vrai, le tatoué, j'entendis un gémissement vaguement animal.
Je stoppai la douche et m'emparai d'une serviette en essayant d'effacer l'image mentale de mon cher et tendre en kit au pied de l'échelle.
J'entendis encore une plainte puis rallumai l'eau chaude, totalement rassurée. Cary Grant chantait.
jeudi, décembre 11 2008
J- 14
Par Miss SFW le jeudi, décembre 11 2008, 07:03
Papotant gaiement avec un ami metalleux (je choisis décidément bien mal mes fréquentations), il entreprit de me raconter une anecdote mettant en scène un groupe de filles, ou plutôt de femmes mûres, intitulé Girlschool. Pour ceux qui l'ignoreraient (j'ose espérer la majorité d'entre vous, dans la mesure où je n'avais jamais entendu parler d'elles avant mardi soir), Girlschool est un groupe anglais de hard-rock qui a suffisamment roulé sa bosse pour arguer d'une vieille amitié avec les inoxydables Motorhead, autant vous dire que ça ne nous rajeunit pas.
Il se trouve que la guitariste de Girlschool est partie récemment avec son pote le cancer au pays d'où l'on ne revient pas et que ses copines ont fini par comprendre que l'album suivant se ferait sans elle. C'était compter sans l'entêtement obtus dans l'amitié dont font preuve certains de nos semblables, peu nombreux rassurez-vous. Il y a donc, dans le nouvel album, un morceau rythmé au doux son de maracas home made par les copines avec des bouteilles et les cendres de la guitariste, qui aura ainsi participé à ce quatorzième et probablement ultime enregistrement.
Bien que j'aie déjà une idée précise de la destination que je souhaite pour mes cendres, ça me ferait assez rêver qu'on enregistre un titre avec mes restes.
Quoique. Tu ne sais pas sur qui tu peux tomber quand tu es dans des maracas. Il se trouvera toujours un pervers pour faire de la musique mariachi avec. Et là, je dis non.
mardi, décembre 9 2008
J- 16
Par Miss SFW le mardi, décembre 9 2008, 07:36
Pas de musique aujourd'hui...
lundi, décembre 1 2008
J- 24
Par Miss SFW le lundi, décembre 1 2008, 06:45
Malgré mon grand âge et une expérience contrastée (c'est un euphémisme) des rapports humains, l'approche de Noël m'emplit toujours d'une vague joie pour le moins naïve. Les calendriers de l'avent de mon enfance ne recelaient pas de modestes trésors chocolatés mais leurs fenêtres s'ouvraient seulement sur une image dont la découverte matinale m'emplissait d'impatience. C'est vous dire le petit bonheur du jour que me procura un récent billet de Mme Jolicoeur (daté du 21 novembre, je ne peux pas faire de lien dans les chapeaux mais vous avez deux mains, bande de feignasses).
Inspiré donc par ledit strip et par Mme ma soeur, le présent blog va se transformer en calendrier de l'avent version reality bites (c'est-à-dire qu'il est hautement improbable que je pense à vous tous les jours jusqu'à Noël, mais bon c'est l'intention qui compte).
lundi, septembre 29 2008
Un cri inutile sur un blog inutile
Par Miss SFW le lundi, septembre 29 2008, 21:14
Joey Cape, je t'aime. Pour toujours et à jamais.
Oui Tony Sly, toi aussi, je t'aime mais ce n'est pas pareil. Quand tu te commets dans de la sous-pop-punk niaiseuse, tu m'agaces. Tandis que Joey, lui non, jamais. Il propulserait une reprise d'Annie Cordy au firmament des morceaux les plus bouleversants de l'histoire de la musique. Que veux-tu que je te dise ?
lundi, septembre 22 2008
There is a light that never goes out (*)
Par Miss SFW le lundi, septembre 22 2008, 21:23
Je vous parle d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. L'époque où les partis d'extrême gauche ne faisaient encore pas leurs assemblées de sections locales dans une smart et où tout lycéen pouvait se confronter avec Marx et Proudhon sans user ses précieux yeux sur les petits caractères de la collection Garnier Flammarion en allant simplement à la rencontre de l'indéboulonnable trio de militants qui distribuaient des tracts à l'entrée de l'établissement. Parfois même, la qualité du service public de l'époque te permettait de disposer de ton propre militant. Partageant les mêmes cours de philo que toi, tu le reconnaissais dès le mois d'octobre alors qu'il se tortillait de douleur sur sa chaise, ne pouvant supporter plus longtemps les péroraisons bourgeoises de ce sale spinoziste de prof.
Si tu avais le cran d'entamer la conversation avec ces parias que les autres prenaient soin d'éviter en regardant ailleurs avec la même conviction que toi, aujourd'hui, quand tu fixes avec opiniâtreté ce fichu feu qui ne veut pas passer au vert alors qu'une gamine roumaine t'agite son bout de carton pourri sous les yeux, tu pénétrais alors dans un univers merveilleux et inconnu de révoltes épiques, de résistances héroïques et de beaux soldats sans uniforme aux grands yeux clairs et au front pur. Avec la patience infinie des évangélistes, les missionnaires de la lutte des classes entreprenaient ta conversion. Tu les écoutais pendant des heures. Ce faisant, tu justifiais leur militantisme, les heures passées dans d'arides lectures et le sacrifice de leur adolescence sur l'autel du matérialisme dialectique. Eperdus de gratitude, ils ne demandaient même pas à te convaincre et te laissaient voler leurs connaissances, leur énergie et quelquefois un camarade qui n'avait pas encore totalement renoncé à l'insoutenable légèreté de l'être.
Tu repartais alors, les yeux pleins d'étoiles rouges et l'esprit résonnant de mots nouveaux au goût exotique : extrême-centre, social-traître, impérialisme, Cronstadt... Même leurs injures avaient une saveur différente et j'appris avec ravissement l'épithète charmant de vieux stal'. Le vieux staliniste est au trotskiste ce que le supporter du PSG est au balayeur de gradins arabe. Approximativement. Un mélange fort peu ragoûtant de totalitarisme et d'archaïsme, le tout arrosé de vinasse bon marché. Bref c'était, à l'époque, l'insulte ultime.
Bien des années plus tard, alors que je commettais une émission hebdomadaire consacrée à la musique de sangliers, le hasard ou la nécessité avait placé sur ma route le chargé de promotion d'un petit label indépendant français. Si je goûtais assez peu les choix musicaux de son employeur, nos longues discussions téléphoniques étaient un vrai bonheur. Nous parlions de tout, étions d'accord sur tout, avions connu à peu près le même parcours politique et musical et partagions la même haine féroce de la boboïtude décomplexée. Cette gémellité d'âme m'avait même amenée à écouter d'une oreille complaisante, puis à apprécier modérément Aqme, groupe de neo-metal à la française dont la seule évocation par tout autre que mon correspondant préféré m'aurait inévitablement menée à la nausée.
Lors d'un de ces passionnants échanges le cher garçon, à l'appui d'un flot d'imprécations contre la rebellitude nantie, me raconta une anecdote. Il avait imprudemment invité chez lui un quelconque groupe de pseudo-punks des quartiers chics, aspirants révolutionnaires pour les deux mois à venir qui exprimaient leur colère contre papa et maman en placardant des posters du Che au-dessus de leur lit de chez Roche-Bobois. Alors que la conversation virait déjà à l'aigre, le chanteur du groupe, croyant concéder une faveur insigne au misérable smicard qui le recevait, crut bon de s'esbaudir devant la photo en noir et blanc teeeeellement pittoresque accrochée au mur. Il s'agissait du grand-père italien immigré de son hôte, immortalisé dans l'exercice de son métier hyper glamour, à savoir maçon. Et l'autre de s'écrier sur la sublime beauté de la classe ouvrière de cette époque bénie où les pauvres avaient de vraies têtes de pauvres. Pour finir, il lui assène le coup de grâce en lui proposant d'utiliser la photo pour faire la couverture du prochain album du groupe. On a beau avoir remisé toute sa collection d'albums des Bérurier Noir, on n'en est pas moins un être humain, avec ses limites dans la maîtrise de soi. Le grand-père en question, si je me souviens bien, n'était plus là depuis bien longtemps pour témoigner de l'authenticité de ce métier où l'on travaillait avec ses mains mais sans filet et était mort en working class hero. Mon chargé de promotion favori indiqua assez sèchement la direction de la sortie au gentil rebelle. Alors que j'abondais en son sens et partageais vigoureusement son indignation, il conclut dans un long soupir désabusé : "de toute façon, je ne suis qu'un vieux stal'". J'en fus estomaquée tant je partageais ce sentiment d'avoir été oubliée comme une vieille harde élimée au bord de la route de la politique à paillettes.
Vincent, où que tu sois et quoi que tu fasses, pour ces deux secondes où je ne fus plus complètement seule, je t'aime.
* : Si tu ne sais pas à quoi ce titre fait référence, tu n'as manifestement pas l'âge minimum pour te promener sur ce blog. Bon, pour cette fois, je veux bien passer l'éponge. Tu vas là, non je n'attends pas que tu aies fini tes pepito, tu écoutes et oui, tu as le droit de pleurer pour exprimer ta légitime émotion.
jeudi, septembre 18 2008
Et je remercie l'équipe technique sans laquelle rien n'aurait été possible, je suis tellement émue, snif.
Par Miss SFW le jeudi, septembre 18 2008, 22:24
Septembre et son odeur de cartable neuf sont de retour. Loin derrière toi, les vacances te font un petit signe triste d'adieu. A l'horizon, un vaste océan de journées grises et de soirées sans joie (sauf si tu t'appelles Killer Queen et que tu reçois NoLife) t'attend inexorablement. Va, pauvre semblable, comme moi égaré en cette morne époque, nos existences n'auront point été vaines puisque nous avons l'amour. Pardon : l'amûr.
Papillons palpitants, petits oiseaux gazouillants et fringants poneys caracolants, vous êtes ici chez vous.
La vie est belle, la preuve, mon immense amour pour l'humanité est réciproque. Voilà-t-y pas que je suis taguée. C'est la première fois. Comme c'est beau, les premières fois ( en fait non, c'est surtout la situation idéale pour passer pour un naze mais on est dans la thématique cui-cui-youpi, donc j'assume). Vous pardonnerez donc à mon inexpérience si je ne réponds pas à vos hautes espérances.
Donc, en 5 étapes :
1. Les gagnants “doivent? mettre le logo sur leur blog.
Facile. Enregistrer l'image sous / Clic image interne / Parcourir / Ouvrir / Et hop.
2. Afficher le lien de la personne qui le leur décerne.
Facile aussi. Clique ici pour aller sur le blog de Fanette. Tu vois, quand tu veux.
3. Désigner 7 autres blogs qui méritent également ce prix.
Là c'est chaud parce que j'en connais plein qui méritent ce prix mais comme ils ne m'ont pas attendue pour être des VIP de la blogosphère, ils vont en avoir un peu rien à cirer de mes louanges. Or, si je casse la chaîne de l'amitié des blogueurs, mes dents vont tomber et je serai condamnée à écrire les paroles des vingt prochains albums de Marc Antoine. Ca fait réfléchir.
Donc je tague :
Killer Queen (j'aime beaucoup la dame qui se cache derrière ce pseudo abbaesque) ;
Le Beulogue (malgré ses 42.000 visites mensuelles) ;
Raph (qui s'en tape royalement, du haut de ses 10.000 visites/jour et de ses montagnes helvètes) ;
Williams (s'il te plaît, dessine-moi un glouton) ;
Le You (qui est probablement la seule personne au monde à oser écrire publiquement que j'ai des goûts musicaux enthousiasmants) ;
Krazy Kitty (notre correspondante préférée aux amériques)
Marmottte (elle prend de jolies photos et elle est toulousaine, alors...)
4. Indiquer les liens de ces blogs sur votre propre blog.
C'est fait, faut suivre un peu.
5. Laisser un message sur le blog des primés pour les avertir
Sinon, c'est pas pour cafter mais Killer Queen m'a taguée également. Elle a seulement oublié de m'en avertir. Heureusement, l'oeil de Moscou est partout.
mardi, septembre 16 2008
Revelations (*)
Par Miss SFW le mardi, septembre 16 2008, 21:31
Fébrilement jalouse des 42.000 visites par mois du Beulogue, j'ai décidé de plagier sans vergogne les rubriques qui ont fait son succès planétaire. Je déclare donc solennellement que le mois de septembre sera celui de l'esclandre. Oui, jeunes filles et jeunes gens, je vais lever le voile virginal qui vous celait jusque-là les secrets de mon coeur, risquant par là-même une scène, que dis-je, un drame conjugal. La fureur de Cary Grant pourrait aller jusqu'à lui faire lever le sourcil gauche.
Que m'importe ? Dans mon âme meurtrie par une vie de souffrances et dont l'ironie parvient à peine à masquer la sensibilité d'écorchée vive, un souffle d'amour brûlant pour l'humanité tape de ses petits poings tremblants contre la paroi glacée du cynisme. Ou pas.
Dans les jours à venir, ma modeste demeure électronique sera donc la maison de l'amûr.
Chère Fanette, je n'oublie point que vous me taguâtes (c'est curieux, mon fidèle Bescherelle ignore jusqu'à l'infinitif de ce verbe) naguère et le flot d'amour qui s'apprête à envahir ce lieu me semble tout indiqué pour vous répondre et me répandre.
* : Toi aussi, vis intensément le pur esprit du rock and roll. Soit dit en passant, je n'aurais jamais cru que la coupe du chanteur pouvait revenir en force. Comme quoi, la mode est au mieux une ignominie, au pire un crime contre l'humanité.
dimanche, mai 4 2008
Les virtuoses (Brassed Off)
Par Miss SFW le dimanche, mai 4 2008, 20:34
Ils étaient plusieurs centaines. Certains sont venus de loin, voire de très loin. Ils ne seront jamais célèbres, ils ne deviendront pas immensément riches, leur art ne leur ouvrira pas les portes de la gloire. Mais ils ont quand même joué, sous un soleil de plomb et ont passé dans le bus une bonne partie de ce long week-end, juste pour être là. Les récompenses se résumaient à quelques trophées et des titres que seuls les initiés connaissent. Ceux qui n'ont rien gagné ont applaudi les lauréats avec enthousiasme. On appelle cela le désintéressement, je crois.
Les cuivres et les tambours ne sont habituellement pas ma tasse de thé, loin s'en faut, mais l'esprit de la virtuosité ordinaire flottait dans l'air. Vous qui avez vu le film comprendrez, vous qui ne l'avez pas vu aussi, sans doute.
C'était un très joli moment. Merci.










(Photos : Cary Grant)
dimanche, avril 13 2008
I am the king of the world
Par Miss SFW le dimanche, avril 13 2008, 20:28
Tout à l'heure Cary Grant et moi discutions nonchalamment. Lui les mains dans la vaisselle, moi le couvant du regard. Au terme d'un raisonnement sinueux, où nous évoquions une misérable créature dont je protégerai, jusqu'à la mort s'il le faut, l'anonymat, je venais de citer la célébrissime formule du grand Jacques "beau et con à la fois".
- Lui : ça va souvent ensemble.
- Moi (dans une crise de flagornerie que seul mon état à la fois fébrile et nauséeux peut expliquer ou dans un accès d'ironie que rien ne peut expliquer et encore moins justifier) : meunon mon amûr, tu vois bien, tu es beau ET intelligent.
- Lui (interrompant la valse lente de l'éponge sur l'assiette, inspirant profondément et se tournant vers moi sans la moindre étincelle de facétie dans l'oeil) : peut-être trop, finalement.
- Moi : ...
lundi, avril 7 2008
Matérialisme même pas dialectique
Par Miss SFW le lundi, avril 7 2008, 22:26
Hier, s'affichait une année de plus à mon compteur personnel. Mes collègues ont cru bon d'affecter, en fin de semaine dernière, une mine contrite pour me signifier toute leur compassion et ce malgré le fossé générationnel qui nous sépare (genre trois ans). Vous pouvez également m'envoyer vos condoléances mais je n'en ai nul besoin. Chaque anniversaire me remplit d'une fierté un peu sotte - alors que, soyons honnête, le mérite n'y est pas pour grand-chose - comme si j'avais remporté une victoire. Encore ça que la mort n'aura pas, quoi qu'il arrive j'aurai été jusque là.
Bref, la journée s'annonçait sous les meilleurs auspices et le fatum ne me déçut point puisque, lorsque j'eus le droit de rejoindre la chambre conjugale dont j'avais été exclue quelques minutes, je trouvai ceci sur le lit :

EXCALIBUR !
Sinon, le reste de la journée était également un océan de félicité. Merci du fond de ce qui me sert de coeur à celles et ceux qui y ont pris part, d'une manière ou d'une autre.
jeudi, mars 20 2008
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule, sauf le respect...
Par Miss SFW le jeudi, mars 20 2008, 20:43
Vous l'ignorez peut-être mais les correcteurs du Monde (le quotidien du soir) tiennent un blog dont le propos est de se taper sur les cuisses en constatant chaque jour que la langue française est l'oeuvre de quelques psychopathes particulièrement mal intentionnés à l'égard du genre humain.
Il y a peu, ces secouristes du journalisme illettré se penchaient sur le sens ancien du mot "commerce" qui signifiait autrefois relation avec autrui, éventuellement charnelle. Ils évoquaient l'expression de "commerce amoureux" assez courante à une époque où, c'est à peine croyable, la littérature existait sans Amélie Nothomb ni Virginie Despentes. Ils concluaient : "Gageons que ce commerce-là a plus de chances d’être “équitable? (et pourquoi pas “éthique?) que l’autre."
Confortablement adossés au mur des a priori qui ne souffrent pas la moindre discussion auprès du lecteur moyen du Monde, parce que la mondialisation c'est caca et que le commerce (au sens moderne) est un repaire de méchants-pas-beaux, les voilà qui balancent à la face de l'humanité cette absurdité sans nom.
Non mais, soyons sérieux cinq minutes. Il n'est rien en ce monde de plus injuste, de plus cruel, de moins fiable que l'amour. Point n'est besoin d'avoir vécu cent ans ou de se targuer d'un passé donjuanesque pour s'en rendre compte, il suffit d'être arrivé vivant à l'âge adulte.
L'amour n'est pas plus équitable que la distribution des cancers du sein (ou d'ailleurs). Et toi, témoin impuissant de ce carnage aveugle, tu regardes les autres prendre des coups et tu te demandes combien de temps il te reste avant que ton tour vienne. Tu arrêtes de fumer, tu manges tes cinq fruits et légumes par jour, tu penses à la Saint-Valentin et tu fais l'amour deux fois par semaine, tu rentres la tête dans les épaules en espérant que tu vas sauver ta peau et/ou ton couple mais bon, tu sais bien que tout ça c'est comme le bonbon que ta maman te donnait quand tu étais petit après que tu avais vomi. Il te restait quand même le sale goût dans la bouche.
Quels trésors d'innocence faut-il posséder pour ainsi s'émerveiller à voix haute de l'équité voire de l'éthique d'un truc aussi tordu, traître et rétif à toute forme de morale que le sentiment amoureux ? Je suis tout ébaubie.
Quand j'ai débuté, mon chef d'agence (un grand homme, au demeurant) s'amusait à me raconter qu'il valait mieux être recommandé par un, voire deux, prêtres catholiques pour être embauché par Ouest France.
J'ignorais alors qu'il fallait être vierge pour travailler au Monde.
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