Il y a bien deux mois, je m'en fus à Paris, non pour assister comme cela m'arrive trop souvent à une réunion de cinq heures entre deux trajets de train de six heures, mais pour le plaisir non feint de passer un peu de ce temps - que je perds trop souvent en ineptes vanités - avec des personnes hautement recommandables. Je me promis de vous raconter ce périple fort distrayant mais les trépidations de ma vie incandescente ne m'ont pas laissé une seconde de répit. En réalité, je m'entraîne pour les championnats du monde de la procrastination et je pense avoir toutes mes chances pour la médaille d'or.
Or donc, comme je suis une diaphane créature céleste qui se sustente de quelques fragments de macarons ou de miettes de cupcakes, mes amies me menèrent dans un restaurant japonais afin que je pusse faire bombance d'une demi-cuillère de riz, car la marche, ça creuse.
Alors que nous nous étions attablées, une ravissante jeune femme passa devant moi. Aussi jolie qu'insipide, cette décorative apparition arborait une tenue et une coiffure assez recherchées pour ne laisser planer aucun doute sur l'échelle de ses priorités et sa façon d'occuper ses heures de loisir. L'archétype de la personne que tu ne peux pas perdre tant que tu connais l'itinéraire qui mène à la salle de bains. Je fixais donc avec insistance la jeune dame, d'abord parce que trop d'années à Toulouse m'ont ôté toute vergogne à dévisager mes semblables, ensuite parce que j'aime regarder les filles (mais pas quand elles marchent sur la plage, cette chanson me consterne, soit dit en passant). Quel ne fut pas mon étonnement lorsque je m'aperçus que la poupée brune que j'observais avec une curiosité somme toute modérée, se rasseyait en fronçant le nez d'un air contrarié puis, alors que j'avais repris ma conversation avec mes spirituels camarades, jetait des coups d'oeil furtifs derrière son épaule, avec cet air niais de biche apeurée que seules savent prendre les authentiques dindes, pour surveiller mon regard. Je m'interrogeai quelques secondes sur ce comportement pour le moins stupéfiant et que ne justifiait certes pas mon gabarit fort peu menaçant ni ma mine on ne peut plus convenable et convenue, avant de réaliser que j'étais à Paris et que, depuis plusieurs mois, j'arborais une coupe très courte.
Ah Jésus, que ma joie demeure mais que les gens sont sots.
Sex, chocolate and rock'n'roll
jeudi, juin 14 2012
A Paris
Par Miss SFW le jeudi, juin 14 2012, 21:54
lundi, octobre 10 2011
Apollinaire en a aussi des sévères...
Par Miss SFW le lundi, octobre 10 2011, 21:19
Alors que j'avais décidé d'une soirée sans internet, un shabbat de la virtualité en quelque sorte, je faisais mon intellectuelle en lisant des polésies parnassiennes à Monsieur Cary Grant, lequel tentait vainement d'échapper à mon interminable monologue - entrecoupé de ricanements sur les péroraisons esthétisantes de Hérédia - en faisant mine de m'ignorer, les yeux rivés à son écran, lorsque tout à coup sans prévenir ni coup férir, je tombai sur ceci :
Nymphes
Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses
Mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor
Des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.
Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent pliés sous la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.
O lèvres, versez-moi les divines salives
La volupté du sang, la vapeur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser.
O fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines
Balancez vers mon coeur sans jamais l'apaiser
L'encens mystérieux des senteurs féminines.
Pierre Louÿs (1870-1925)
Cher Pierre, je m'interroge. Une telle licence en votre siècle pudibond, à l'aube d'une carrière pourtant prometteuse dans les salons parisiens, ne peut que laisser songeur. Mais où aviez-vous donc la tête ?
jeudi, septembre 23 2010
Bigmouth strikes again
Par Miss SFW le jeudi, septembre 23 2010, 18:33
Aujourd'hui, jour de grève nationale, j'ai entendu Superbus sur France Culture.
Je préférais quand les gauchistes posaient des bombes. Le bruit durait moins longtemps.
samedi, décembre 19 2009
Gentlemen start your engines
Par Miss SFW le samedi, décembre 19 2009, 20:52
Cette année encore, mon label helvète préféré réédite sa très judicieuse initiative, à savoir un calendrier de l'avent téléchargeable. Bien évidemment, tout ne me fait pas frémir (les miss sfw, ça n'est pas frémissant) mais l'opiniâtreté des tauliers qui s'ingénient depuis des lustres à exhumer de leur garage des groupes aussi improbables que peu promis à la rotation intensive sur nrj (non, pas de majuscules, c'est la crise) force mon admiration.
Au-delà de ce petit bonheur de fin d'année, à redécouvrir qu'il existait encore - par delà les océans et les montagnes - quelques-uns de mes semblables que j'avais envie de rencontrer, j'avisai un groupe dont la voix me saisit de ravissement. Je ne tardai pas à identifier le sieur Chris Wicky, frontman de Favez, qui poursuit avec Sad Riders son aventure musicale.
Il y a un peu moins de deux ans, je suis tombée toute rôtie dans la gueule béante de l'indie folk, genre qui me tendait les bras depuis quelque temps et qui finit par avoir raison de mes réticences de vieille punk-metallo-poppeuse. En cela, je ne fis que suivre le chemin tracé par ceux qui ont bercé mes années les plus fertiles en découvertes musicales. Joey Cape, Tim Barry, Chuck Ragan, et pas mal d'autres désertent épisodiquement les bancs du punk académique pour s'adonner à la ballade de cow-boy dépressif.
Et voilà-t-y pas que Chris Wicky, que j'idolâtre, foule lui aussi la poussière d'un far-west urbain et désabusé, la guitare en bandoulière et la trentaine bien tassée sur les épaules. Il y a toujours une joie virginale à se découvrir des affinités avec de chers inconnus et à se rendre compte que l'on n'était ni seul ni même bizarre.
Il semblerait que cette année ait décidé de se finir sur une petite note d'optimisme, en pleine course à la surconsommation pour fêter cet énième anniversaire de la naissance du crapaud qui gueulait "je t'aime", en plein échec d'une fort coûteuse négociation pour réduire de quelques degrés la température dans un demi-siècle alors qu'ici et maintenant un humain meurt de faim toutes les trois secondes, en plein débat sur l'identité nationale au XXIe siècle alors que le précédent s'ouvrait sur l'idée qu'appartenir à une nation c'était " avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore", en pleine mélasse idéologique et humaine donc, quelques notes vont peut-être sauver ce qui peut l'être encore pour moi. D'autant que pour ce Noël, Joe Strummer ne peut plus mourir.
samedi, août 29 2009
Homme sweet homme*
Par Miss SFW le samedi, août 29 2009, 22:21
La multinationale Amazon m'a envoyé l'autre soir la publicité suivante : "exceptionnel : -20% sur nos ménagères, sauteuses et cocottes".
Deux hypothèses ont aussitôt germé dans mon cerveau malade : soit il y a dans leur équipe de rédacteurs quelqu'un qui s'ennuie au travail et s'amuse un peu sottement, soit le traducteur google, qui est à l'élégance stylistique ce que la peste noire fut à la démographie européenne, a encore frappé, un peu fort ce me semble.
*Mouhaha. I am evil.
dimanche, août 2 2009
Seul au monde
Par Miss SFW le dimanche, août 2 2009, 20:51
Grâce au blog d'Olympe - j'en profite, l'air de rien, pour te préciser que ma modeste demeure électronique est recensée, je ne sais trop comment, dans la liste "femmes engagées", ce qui m'emplit de joie infatuée - je découvre des réalités sociologiques insoupçonnées. Dans un récent billet de cette dernière, un lien renvoyait sur le blog "in sexo veritas", postulat intéressant et qui explique pourquoi le genre humain est resté si longtemps en quête de la vérité sans la trouver, parce que c'est vraiment le dernier endroit où une personne sensée aurait été la chercher. D'autant que, même dans l'hypothèse d'une découverte fortuite, comme on voit que dalle là-dedans... Mais grâce à la science - encore elle - et à la miniaturisation des cameras, Dame Vérité se tient enfin toute nue devant nous. O joie incomparable.
Cher lecteur, ô toi qui lis avidement ces lignes, pressentant en mon esprit sublime un puit inépuisable de connaissances, je me vois, après lecture dudit site, dans l'obligation de me livrer à de bien pénibles aveux. Si, si, je sais bien que tu m'idolâtres. Ma modestie en souffre, bien sûr, mais ne nous voilons pas la face plus longtemps. Je tiens d'ailleurs à te féliciter, cher lecteur, pour la discrétion exemplaire de cette adoration que mon intelligence supérieure est seule capable de déceler.
Mais foin de marivaudages, venons-en au fait. Sachez pauvres petites âmes, que j'ai beaucoup appris sur ce site, et pas seulement à propos de l'emo hardcore. Je suis décidément bien provinciale. L'article intitulé "Sois cool, sois trendy, sois bi !" débute pas cette sentence en forme d'interrogation : "T’as remarqué cette tendance qu’ont les gens à se revendiquer bisexuels ?" Euh ben non, en fait. J'ai beau me remémorer mes récentes discussions avec des personnalités aussi diverses que ma boulangère, ma belle-mère, le facteur ou mon mari, il ne me souvient pas que le sujet ait été abordé.
Et là, j'ai réalisé à quel point mon existence était méprisable. Tu te rends compte ? J'ai une bonne demi-douzaine de collègues féminines et pas une ne me raconte ses galipettes saphiques. En lieu et place de récits croustillants, je dois endurer des heures de chroniques maternelles, de doléances conjugales (à base de chaussettes sales roulées en boule et de choix télévisuels contrastés, ne rêvons pas), et de compte-rendus de mariages, baptêmes ou vacances à Narbonne-plage. Il n'y en a pas une qui égaierait ma pause coquillettes-jambon par un joyeux "hé, vous savez quoi, je suis bi. Je m'en suis aperçue en finissant le dossier Trucmuche, d'ailleurs il faut qu'on en parle, parce que j'ai un problème avec la facture...". Les infâmes. Je ne parle même pas de mes amis - puis-je encore les appeler ainsi, ces sales égoïstes ? - qui n'évoquent devant moi que des thèmes politiques, sentimentaux ou astraux. On n'est jamais si bien trahi que par les siens.
Or que lis-je, avec un effarement bien compréhensible ? Je n'ai pas une vraie vie normale. Les vrais gens des vraies villes, dès que le soleil se couche, s'assemblent dans des salons et racontent à qui veut l'entendre qu'ils roulent des pelles à tout ce qui se tient à moins d'un mètre d'eux et que du coup, épiphanie, ils sont bi.
Bien. Je me doutais un peu qu'on ne m'invitait qu'à des soirées minables. On me tient à l'écart de tous les évènements intéressants. Et moi, bonne pomme, je perdais mon temps à discuter de musique, de livres, du monde en général et des mille et une manière de le refaire en particulier, de l'injustice de l'existence, de la drôlitude des sentiments... Quelle sotte je fais. A peine avais-je le dos tourné que, probablement, ces hypocrites se lançaient dans d'interminables fresques de leurs frasques.
Comme si la coupe n'était pas déjà pleine de fiel, qu'il faille que je la boive jusqu'à la lie (or, la lie de fiel, on dira ce qu'on voudra, ce n'est pas fameux), je découvris, consternée jusqu'à la moelle, que j'étais entourée d'abjects personnages depuis ma prime adolescence. Je n'aurai même pas eu le loisir d'attendre mes cinquante ans et de constater l'absence de Rolex à mon poignet pour tirer un bilan désastreux de mon existence. Car vois-tu, les vrais amies, celles sur qui tu peux compter, te racontent non seulement leurs aventures par le détail mais te roulent également des pelles. D'après l'article, il faut qu'elles aient bu, quand même : "si tous les hétéros qui avaient galoché une personne du même sexe dans un contexte festif et/ou alcoolisé étaient bisexuels, c’est bien simple, y aurait quasiment plus du tout d’hétéro." Sauf moi. Seule et ignorée de tous. La dernière fille au monde à laquelle aucune copine beurrée, jamais, n'a pincé les seins. Bon en même temps, ma réaction aurait peut-être été l'expression d'un vif mécontentement. J'ai pour principe de ne pas pincer pas les gens, j'aime autant qu'ils gardent la même réserve à mon égard. S'ils peuvent également éviter de me tirer les cheveux et de me balancer de grands coups de pied dans le ventre, je préfère.
Enfin, les faits sont là. Tout le monde embrasse tout le monde (mais ça compte pas hein, c'est pas vraiment une langue dans une bouche, c'est de l'amitié, figure-toi) puis raconte les détails de sa vie sexuelle au premier venu et moi, je ne suis même pas invitée.
J'en connais qui ne doivent pas être fières en lisant ces lignes. Je vous ai découvertes, viles rénégates. Vous m'avez menti durant des années mais on ne peut pas arrêter le flot impétueux de la révélation arrachant tout sur son passage. Je m'informe, figurez-vous. Ah, vous pouvez regarder le bout de vos chaussures, traîtresses, c'en est fini de vous jouer de moi. Je sais désormais où est la Vérité. Et je m'en vais de ce pas triomphant chercher une lampe de poche.
vendredi, juillet 3 2009
The inevitable return of the great white dope
Par Miss SFW le vendredi, juillet 3 2009, 21:52
J'aime le suranné, le désuet, l'arsenic et les vieilles dentelles. L'annonce du concert de Depeche Mode à Carcassonne, cet été, m'a donc submergée de joie guillerette à l'idée de lever mes petits poings en glapissant "I don't want to start any blasphemous rumours
But I think that god's got a sick sense of humor
And when I die I expect to find him laughing".
Avisant le prix des places les moins dispendieuses, je poussai un couinement de phacochère découvrant le programme télé de la semaine : yiuuuurk, 61 euros !
Evidemment, j'ai bien conscience qu'un groupe de cette envergure a des frais à couvrir. Bien sûr, j'avais entendu parler de l'explosion des cours des matières premières. Mais je n'avais pas pensé à celui de l'héroïne, dis donc.
Fiat lux. Affreux, bêtes et vulgaires, je lance une demande en mariage collective. Celui-là n'est pas mal non plus. C'est mon jour de munificence, je te propose également cette reprise sans intérêt par un groupe qui a failli présenter un intérêt, mais non en fait. Emo sucks.
dimanche, juin 28 2009
This is hardcore
Par Miss SFW le dimanche, juin 28 2009, 19:28
Je m'en fus ce week-end marcher dans les traces que j'avais laissées, il y a une dizaine d'années, au pays de la musique de sangliers. Je reviens enchantée de ce plongeon, un peu nostalgique mais davantage encore intriguée, parmi les rescapés d'un temps que les moins de vingt ans seraient bien en peine de connaître.
Escortée par un Cary Grant armé jusqu'aux dents de patience et de sollicitude pour les goûts déviants de sa douce moitié, j'ai passé une soirée dans les vapeurs de bière, de clope, de chaussette douteuse mais aussi de déodorant et de lessive qui participent au decorum olfactif du concert de hardcore lambda et trahissent une diversité sociale difficilement compréhensible, vu de l'extérieur. Il faut croire que je suis restée trop longtemps à l'extérieur.
Les fondamentaux sont toujours là : salles suffocantes, groupes confidentiels, indéboulonnables punks à chiens au premier rang, suffisamment lourdauds pour agacer le reste de la salle (groupe compris) et suffisamment pathétiques pour qu'on les tolère, slams de l'extrême avec un plafond à deux mètres du sol et groupies énamourées qui arrivent habillées en Barbie punk et repartent échevelées, moites, les orteils écrasés avec, au coeur, la satisfaction du devoir rock accompli.
Pourtant, le public a vieilli. Je ne me souvenais pas de ces trentenaires au ventre rebondi et à l'oeil éteint devant leur quinzième bière. Je ne me souvenais pas de ces groupes qui arrivent, mangent, jouent et repartent, sans que personne, hormis les organisateurs, ne soit venu leur parler et surtout sans qu'un obscur fanzine ne les ait interviewés. Je ne me souvenais pas de ces cercles de potes repliés sur eux-mêmes, incapables d'aller vers les autres. Je ne me souvenais pas de ces deux tiers du public plus occupé à prendre sa cuite dans le jardin du squat qu'à descendre cinq minutes à la cave pour écouter les groupes.
Il faut croire qu'avec l'âge, la mémoire s'enfuit ou embellit. N'empêche, j'ai passé une excellente soirée.

Ici, l'accès à la salle de concert. La convivialité est un concept très fluctuant.

A votre gauche en entrant, une oeuvre de récupération contemporaine. J'ai honte mais je trouve ça plutôt très drôle.

Au-dessus de nous, une périlleuse mais méritante tentative de nettoyage collectif de plafond. Et on dira après ça que les jeunes n'ont pas le sens de l'initiative.

Moi aussi, quand je vais dans un concert, ma première envie est de passer la soirée devant internet.

Même si tu es suisse et que tu joues dans un groupe de hardcore, tu peux comprendre que le violent dancing a ses limites et que balancer tes poings martiaux et vindicatifs dans une salle de 25 mètres carrés blindée de public, c'est un peu idiot, non ? Allez, fais un effort.
Cher lecteur et néanmoins ami, tu ne crois tout même pas que je vais fiat luxer alors que tu peux fort bien googleliser et découvrir par toi-même deux ou trois des morceaux les plus réussis de Pulp ?
Crédits photo : Cary Grant.
vendredi, mai 8 2009
Before the lobotomy
Par Miss SFW le vendredi, mai 8 2009, 22:31
Une connaissance particulièrement regardante quant au contenu de son assiette m'a avoué un jour avoir en permanence dans son cellier une boîte de raviolis, pour parer à ces moments atroces de délire où vos principes les plus sacrés vous abandonnent et où une irrépressible envie d'étreindre ce que vous abhorriez naguère submerge votre âme avilie.
Personnellement, je n'entretiens aucune relation particulière avec les raviolis, par contre j'écoute NRJ au moins une fois par mois. C'est mon côté obscur. Hier, alors que je m'acheminais gaiement vers mon pimpant logis de parfaite maîtresse de maison, je me crus assez forte pour endurer la séquence de pubs de ladite station.
Une de ces voix mâles faites pour annoncer à la foule ébahie la sortie du dernier chef-d'oeuvre de Vin Diesel, prononça les mots "concert" et "rock", stimulus auditif auquel chaque fibre de ma faible personne répond en une nanoseconde. "Le groupe le plus déjanté de l'histoire du rock. Ils ont marqué toute une génération", qu'ils disaient. Durant l'instant qui me séparait de la proclamation du nom du groupe, j'échafaudai des hypothèses fébriles : Pink Folyd (non, trop vieux), Suicidal Tendencies (non, trop underground), Nirvana (non, trop mort), Refused (oh mon Dieu, faites que ce soit Refused, que durant mes quelques semaines d'absence radiophonique leur génie ait éclaté à la face du monde. Ce à quoi Dieu me répondit derechef : pour les miracles, mon petit, tu seras gentille de faire un détour par Lourdes).
Bref, le groupe éminemment subversif et fondateur d'un pan de l'histoire du rock c'était... Green Day. Non, mais sans rire. Je n'ai rien contre ces charmants garçons de Green Day, honnêtes et sympathiques contributeurs au culte des Ramones et des Clash, mais je voudrais savoir à quel moment exactement les responsables pub d'NRJ sont tombés en coma dépassé.
dimanche, avril 12 2009
The fool on the hill
Par Miss SFW le dimanche, avril 12 2009, 13:39
Alors que Cary Grant me demandait si je consentais à ce qu'il vienne me savonner le dos, je levai un sourcil qui se voulait interrogateur et vaguement amusé (il faut bien que j'entretienne le mythe de la Fille, le mystère, la légèreté évanescente, l'exquise délicatesse, tout le bordel quoi ).
Et là Cary Grant s'écrie : "pfff, si on ne peut plus proposer à quelqu'un de prendre une douche ensemble sans qu'il y ait de sous-entendus scabreux... On vit vraiment dans une société de merde."
Je ne crois pas pouvoir m'habituer un jour à l'humour auvergnat.
mardi, avril 7 2009
Cut cut paste*
Par Miss SFW le mardi, avril 7 2009, 15:08
J'apprenais hier, grâces en soient rendues aux talents conjugués de fanette et Martin Vidberg, qu'un amendement farfelu à la loi Hadopi prévoyait l'impunité pour les pirates électroniques s'attaquant aux interprètes vivant dans un paradis fiscal.
O joie et béatitude. Comme je n'écoute que d'obscurs groupes américains ou suisses- je considère, en accord avec moi-même, que les USA et l'Helvétie sont des paradis fiscaux- je vais pouvoir m'initier aux joies du piratage éhonté, car jusqu'à présent je téléchargeais légalement, sotte que je suis (sur de vrais sites toutefois, pas chez des coupe-jarrets gaulois aux goûts douteux et à l'éclectisme défaillant).
On dit merci qui ? Merci la démocratie représentative.
* : enjoy
samedi, décembre 20 2008
J- 5
Par Miss SFW le samedi, décembre 20 2008, 02:05
Deezer m'a coupé la fin d'un morceau de Thiéfaine pour me balancer un live de Calogero.
De toutes ses forces, mon âme crie vengeance.
mercredi, décembre 17 2008
J- 8
Par Miss SFW le mercredi, décembre 17 2008, 00:19
Au vu du dernier billet, j'entends d'ici les ululements effarouchés des bonnes âmes ostensiblement sensiblardes. Que nenni, moi aussi je puis être une petite fleur fragile au coeur de porcelaine.
Enfin, des fois.
Il y a longtemps.
Bref, pour preuve je vous livre ce joli poème plein d'amûr et de papillons virevoltants.
mercredi, décembre 3 2008
J-22
Par Miss SFW le mercredi, décembre 3 2008, 06:54
Au printemps dernier, toute guillerette à la perspective de sentir bientôt la nature s'éveiller, d'entendre les oiseaux gazouiller et d'admirer la biche escortée de son faon délicieux gambader dans les prairies de l'insouciance, j'avais proclamé en ces lieux mon amour éternel pour Endstand, groupe défunt de hardcore finlandais.
Or, depuis cette fatale déclaration, je sentais bien que vous étiez des milliers à vous morfondre, compromettant votre belle santé, dévorés par le désir fébrile de découvrir l'origine de cette flamme sacrée. Seule une admirable pudeur et dont je vous sais un gré infini, vous retenait de m'inonder de missives anxieuses, de me harceler d'interrogations angoissées. Pourquoi Endstand ?
Ma réponse tient en un peu plus de trois minutes particulièrement transcendantes s'achevant délibérément, envers et contre toute logique de séduction des masses, par un diminuendo qui ne laisse pas, plus d'un an après sa découverte, de me ravir encore. Enjoy.
mardi, décembre 2 2008
J- 23
Par Miss SFW le mardi, décembre 2 2008, 03:42
Ils sont jeunes, ils sont canadiens, ils sont un peu moches, leur chanteur a une voix de canard enrhumé (solidarnosc, camarade) et je les aimeuh. Enjoy.
dimanche, octobre 19 2008
La philosophie devant les boudoirs
Par Miss SFW le dimanche, octobre 19 2008, 09:40
Devant son petit déjeuner, Cary Grant mobilisait ses maigres facultés mentales en cette heure matinale à tenter de contenir le miel sur sa biscotte. Las, une goutte échappa à sa vigilance et s'écrasa sur sa cuisse velue (je tiens, à ce stade de la narration, à préciser que Cary Grant déjeune en caleçon).
" Mince, je me suis fait tomber du miel dans les poils... (Temps de réflexion)... C'est là que tu t'aperçois que ça doit pas être facile tous ces trucs sexuels avec de la nourriture."
lundi, septembre 8 2008
Irrésistible
Par Miss SFW le lundi, septembre 8 2008, 21:35
Je ne puis retenir un petit cri de surprise et de ravissement mêlés à la lecture de cette dépêche : "Un homme agresse Noel Gallagher (Oasis) sur scène pendant un concert".
Quel enfant ! Certains ne reculent devant aucune pitrerie pour s'attirer mes faveurs.
Edit (royal) : Enjoy (et notez au passage la riposte pleine de mâle bravoure du chanteur).
mercredi, juin 11 2008
Inrockuptible
Par Miss SFW le mercredi, juin 11 2008, 21:20
L'autre soir Cary Grant et moi étions sagement assis devant nos écrans respectifs. Celui-ci, baguenaudant sur le site de la Fnac voulut susciter mon intérêt en me rappelant d'anciennes amours (déçues, hélas) et s'écria : "tiens, ils ont un best of de Radiohead".
Ma réponse, aussi sincère que lapidaire, tint en une phrase : "le best of de Radiohead, il est vite fait, il s'appelle Ok Computer."
Tiens, j'aurais dû mettre Paranoid Android dans mon lecteur MP3, tout le monde aurait trouvé.
dimanche, juin 8 2008
Petite musique de nuit
Par Miss SFW le dimanche, juin 8 2008, 18:38
Comme je m'y suis engagée il y a quelques lustres, je souhaitais apporter ma modeste contribution au grand jeu lancé il y a plusieurs semaines par Krazy Kitty : "dis-moi ce qu'il y a dans ton lecteur mp3 et je ne te dirai pas qui tu es, il y a des psy pour ça, pauvre taré(e)".
D'aucuns m'objecteront que j'arrive quelque temps après la bataille et je leur répondrai qu'après avoir levé d'imposantes barrières techniques, il m'a fallu composer avec quelques incidents de parcours fort fâcheux et particulièrement dommageables concernant la (bonne) tenue de ce blog mais qui ne vous regardent pas, bande de voyeuristes. Sachez seulement que je rattrape mon retard en films, en romans et en magazines et que j'ai le séant aplati par des journées en position avachie sur le canapé. Et que je veux retourner travailler. Laissez-moi sortir.
Cary Grant, toujours prêt à secourir la veuve de la technologie et l'orpheline du langage binaire pour peu qu'elle partageât régulièrement sa couche ( ah ben oui, la chevalerie c'est passé, il faudra s'y faire), s'est proposé pour confectionner le player qui faisait cruellement défaut au ci-devant billet. Je lui avais demandé quelque chose de sobre et qui me corresponde. C'est à dire un monument d'austérité pour le reste de l'humanité. Celle qui aime les couleurs, les formes courbes, les rires d'enfants et les chants d'oiseaux. La sotte. Je pense que je n'ai pas été suffisamment explicite. Ne contrarions point l'artiste et considérons qu'il s'agit de sa vision personnelle de la sobriété. Comme sur votre cafetière, il faut appuyer sur play pour que ça marche. Chaque extrait dure une trentaine de secondes. C'est bien suffisant me souffle-t-on. Les gens sont méchants.
Las, soupireront les exégètes, la pauvrette se fourvoit tragiquement. Il s'agissait non point d'un blind test mais de la transcription fidèle des deux premiers vers. Oui, c'est gentil j'avais bien compris mais primo la musique ça s'écoute, deuxio je ne comprend quasiment jamais ce que chantent les petits comiques que j'écoute (et pour certains, j'ai bien peu de chances de retrouver les paroles en question sur internet, déjà beau quand ils ont bricolé un pauvre myspace) et puis bande de malins, on fait comment pour écrire les paroles d'un morceau instrumental ? Hein ? Ca rigole moins, tout de suite.
Certains d'entre vous ne s'étonneront pas de trouver là quelques titres que j'ai pu semer au hasard de compilations à eux ou à quelqu'un de leur entourage destinées, voire des morceaux envoyés çà et là au hasard de correspondances électroniques diverses. Figurez-vous que, curieusement, je blinde mon mp3 avec des titres que j'aime particulièrement et que j'évite d'envoyer aux gens ceux qui me consternent. Du coup, forcément, il y a parfois doublon.
Donc après cette intro de deux pages digne d'un album de Metallica à l'époque où il ne faisaient pas encore de blues-rock, voici la sélection aléatoire dont vous êtes censés retrouver des bouts, ou pas. Pour ceux qui se sentent l'âme joueuse, hop, réponse dans les commentaires. Je tiens à préciser que malgré des ressemblances frappantes, il n'ya pas un seul morceau de Sardou dans cette sélection. C'est pour vous aider. Un peu.
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8- Monsieur de Sainte-Colombe : 59e concert à deux violes, le précipité en do majeur. Soufflé au You des alpages par Monsieur Krasu. On ne dira jamais assez de bien des pièces de Monsieur de Sainte-Colombe qui est à la viole de gambe ce que la mayonnaise est à l'oeuf dur. Indispensable. Moi aussi, je sais être lyrique.
9- Yann Tiersen : La rade. Trouvé par Monsieur Krasu. Alors Yann Tiersen, tu vois, j'en ai été amoureuse pendant des années. Jusqu'à ce que je le voie sur scène. Ce soir-là, j'ai repensé à la formule d'un copain de fac évoquant Jeff Buckley : "un nuage de vanité", m'avait-il sobrement asséné. Entretemps, le copain est devenu journaliste à "l'Equipe". Si c'est pas malheureux, tout de même, quand on a de telles fulgurances stylistiques.
10- Stina Nordenstam : Winter killing. Trouvé par Monsieur Krasu.
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19- Favez : The System. Trouvé par damisela. Ces délicieux helvètes l'ignorent mais ils ont écrit ce morceau pour moi.
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23- Lully : marche pour la cérémonie des Turcs. Trouvé par Killer Queen.
24- Aretha Franklin : Say a little prayer. Encore trouvé Par Killer Queen
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26- Charades : Hanna Arendt (extrait de l'album En ningun lugar). Trouvé par Killer Queen. Charades est signé sur le label espagnol "bcore" qui fait un discret mais excellent travail essentiellement axé autour de la pop et de l'emocore et dont je ne saurais trop vous recommander la découverte.
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29- Natacha Atlas : Ezzay. Trouvé par damisela. C'est LE grand classique de la chanteuse anglo-égyptienne, si je me souviens bien. Et comme à chaque fois que j'écoute un morceau de Mmes Amos ou Atlas, une pensée pour petit Fred. RIP.
30- Wim Mertens : No Testament. Trouvé par damisela.
Killer Queen : 5 points
Monsieur Krasu : 4 points
Damisela : 6 points
jeudi, mai 15 2008
Endstand by me
Par Miss SFW le jeudi, mai 15 2008, 21:52
Ces derniers temps, les auteurs de blogs amis se sont adonnés à une impudique exhibition de leurs goûts musicaux, révélant ainsi plus sûrement l'intimité de leur âme qu'en cinq ans d'activité bloguesque intensive. Je ne résisterai pas longtemps à les imiter mais l'exercice pourrait, ici, être agrémenté de quelques notes de musique (et Dieu créa le multimedia) ce qui exige pour l'anti-geek que je suis de longues heures de travail et de coups de pieds dans mon unité centrale, sous le regard outré de Cary Grant, ami pour la vie de l'intelligence binaire et récent concepteur d'un player especially designed pour le ci-devant blog.
Malgré l'âpreté de la tâche qui m'attend, je me sens prête à relever, le front lisse et le coeur joyeux, ce défi technologique car ma mission est sacrée. Songez donc, innocents enfants de Dieu, que certains d'entre vous découvriront peut-être dans quelques jours et en ce lieu baigné de lumière, la vraie foi. Car il ne m'est pas inconnu que peu d'entre vous ont été enseignés et que, les autres, marchant dans l'ombre depuis tant d'années sont les malheureuses victimes des abjects ayatollahs qui règnent en maîtres sur les ondes françaises et se refusent, on se demande bien pourquoi, à laisser enfin le punk-hardcore envahir le monde pour bercer nos corps glacés et nos âmes égarées.
Pop-rock mainstream, que de crimes on commet en ton nom. L'indifférence à peine polie des medias français pour le style sus-cité réduit les quelques amateurs recensés aux dernières extrémités et engendre de terribles tragédies. Poursuivant, dans le vent glacé du désert culturel, le fol espoir d'alimenter leur lecteur mp3, ils sont acculés à se réunir par petits groupes dans les grandes villes et s'exposent ainsi à fréquenter les plus terrifiantes scories du genre, à savoir les bobos-punks voire les punks à chien. Ou bien, protégés comme moi par les hautes murailles de leur orgueilleux chef-lieu de canton dont le monde (Le Monde aussi, d'ailleurs) ignore jusqu'à l'existence, ils glanent de leurs mains tremblantes quelques maigres baies sur internet pour assouvir leur faim dévorante, frôlant chaque jour la frénésie qui menace de s'emparer de leur esprit.
De temps à autre, une perle étincelante découverte sous un amas de décombres vous emplit de joie. Je vécus récemment une telle félicité en me penchant, un soir de désoeuvrement, sur l'oeuvre d'un groupe finlandais assez obscur pour le fan moyen de Fall Out Boy mais tout auréolé de gloire dans le petit milieu punk-hardcore européen, j'ai nommé Endstand. L'un des raffinements ultimes dans le culte de l'undergroundeu consiste à mépriser ce qui fait consensus au sein des trois pelés et un tondu (mais il ne va pas aimer si vous le confondez avec un fasciste) qui résument à eux seuls l'intelligentsia, la critique et le bureau de la censure du genre. Ces dernières années, Endstand a fait les beaux jours des scènes européennes spécialisées dans la musique de sangliers et suscité des exclamations de joie chez les monsieur-je-sais-tout du hardcore, c'en était assez pour que je les évitasse scrupuleusement et avec obstination.
C'était compter sans mon karma particulièrement facétieux. Dans la mesure où ce dernier ne m'a pas encore offert de cancer pour Noël ni envoyé d'invitation à suivre le cercueil d'un de ceux que j'aime pour mon anniversaire, je persiste à penser qu'il a tout de même un bon fond et qu'il est plus farceur que méchant. Il plaça donc sur mon chemin quelques titres d'Endstand que j'écoutai avec ravissement, me réjouissant grandement de cette découverte inespérée en ce début de printemps 2008 et de la perspective de voir bientôt en concert ces boulimiques de la scène, à l'occasion de quelque festival estival.
Ils ont splitté fin janvier.
Pour ceux que ça intéresse et parce que le dessein ultime de ce billet est un prosélytisme éhonté, vous pouvez entendre un titre très abordable d'Endstand ici. Oui alors ce n'est pas du tout représentatif mais j'aime bien ce morceau, il n'y en a pas d'autre d'audible sur Youtube et surtout, dans ce clip uniquement, le chanteur s'acquitte presqu'avec brio de tous les poncifs du hardcore dancing. Mention particulière pour le mouvement des bras à 02'01 (hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, mes sens chavirent, mon coeur s'emballe, par pitié que l'on m'apporte mes sels).
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