Je projetais de commettre un billet assassin sur notre président bien-aimé et sa désopilante lettre aux enseignants (qui leur est tellement destinée que Le Monde l'avait en même temps, voire avant eux). Mais la mesquinerie, à l'instar du Ciel, peut attendre.

Ce blog souffrira donc quelque (court) délai avant que je ne pourfende la prose présidentielle qui, après tout, vaut bien un moulin ibérique (en matière de brassage d'air, le rendement est d'ailleurs comparable).

Ma priorité ira ce soir au formidable cri d'amour que je voudrais dédier au petit pays méprisé du fin fond de la France que j'ai le bonheur sans partage d'habiter.
Merci cher pays d'adoption pour ces paysages grandioses qui jalonnent les 25 km séparant mon foyer de mon bureau (je vous épargne la comparaison avec l'environnement dévolu aux banlieusards de la grande couronne, direction Garonor).
Merci à mon Intermarché de campagne pour son parking quasi désert, en soir de semaine comme le samedi à 16 heures, pour ses dimensions frôlant le ridicule qui me permettent d'oublier l'eau gazeuse à l'autre bout du magasin et de réparer cette omission en 15 secondes chrono, pour ses allées vides de tout excité consumériste déplaçant rageusement mon chariot pour gagner 1 mn sur sa soirée télé.
Merci à ses caissières pour leur sourire et leur affabilité, après environ deux minutes de queue. Merci à mon karma de m'avoir réservé une place pour me garer juste devant ma porte, m'évitant ainsi une usure prématurée des disques vertébraux.

Enfin, merci et encore merci à mes fiers concitoyens urbanophiles pour leur mépris de ces petits patelins perdus (que je défends à Jean-Pierre Pernod de connaître). Vive l'enclavement et la déprise. Non au dynamisme démographique.

Seule dans ma voiture, fredonnant vaguement un agréable morceau légalement téléchargé (en haut débit, parce que même les bouseux l'ont, de nos jours), je me disais que mes goûts hérétiques et mon originalité (il paraît qu'on appelle ça des choix de vie) me coûtaient bien peu de sacrifices.

Il n'y a pas de justice. Et ça m'arrange.