Le gouvernement a de l'humour. J'ai des preuves.

Il y a quelques jours, lors que je faisais mon métier-pour-lequel-je-suis-payée, c'est-à-dire journaliste (je sais, je vous déçois, il y a bien des métiers plus honnêtes et respectables, mais essayez donc de décrocher un job de dealer ou de voleur de voitures en zone rurale, vous m'en direz des nouvelles), un haut fonctionnaire demandait à l'assemblée de mes confrères et à moi-même de promouvoir la semaine de la mobilité dans nos différents canards.
Pour ce faire, on nous distribua un joli prospectus permettant de calculer à quel point on était des salopards de première avec nos voitures individuelles de pollueurs dégueulasses. Et la brochure de nous vanter les mérites des transports en commun et du vélo en comparant les quantités de CO2 rejetées mais aussi le coût pour l'usager.

Merci, c'est gentil les gars, mais je ne vous ai pas attendus pour mettre en parallèle mon budget voiture et le prix d'un abonnement de Rer. Je suis d'ores et déjà en mesure de vous annoncer qu'à la fin de l'année, je peux m'acheter toute la rame.
A ce stade du raisonnement, il ne me semble pas inutile de rappeler aux communiquants du ministère de l'écologie que balancer au fin fond de la France des prospectus - financés par de l'argent public - détaillant les avantages du tramway électrique est parfaitement grotesque.
Dresser un éloge dithyrambique du vélo en zone de montagne relève soit de l'inconscience, soit de l'incitation au dopage, quant à la promotion du train, alors là messieurs-dames, c'est carrément de la provocation. Je vous propose, juste ci-dessous, de découvrir la gare de ma commune. Oh, qu'elle est jolie.



C'est une école de musique. Eh oui. Et la voie ferrée est devenue une voie verte pour les promeneurs. Je me demande bien qui a décidé tout ça, si ce n'est pas l'Etat ou un établissement assimilé...

N'ayant pas la chance d'être bien cachée dans un ministère, je ne pense pas avoir les moyens de dégoiser à mes lecteurs les discours bien-pensants de nos élites subitement acquises à la cause de l'écologie (et le fondement toujours entre deux avions). C'est un coup à se retrouver un tas de fumier à l'entrée du bureau. Et ce serait mérité.