La science des ânes
Par Miss SFW le vendredi, janvier 23 2009, 17:01 - J'ai testé pour moi - Lien permanent
J'éprouve, d'aussi loin que je me souvienne, une défiance confinant à l'aversion pour les correcteurs qui ne boivent ni thé ni café. J'ai désactivé celui de word sans même lui laisser l'occasion de faire ses preuves. Des bouffées de violence me suffoquent lorsqu'un quelconque me vante béatement les mérites de telle ou telle béquille électronique à l'usage des handicapés de l'accord.
Non que je nie à quiconque le droit d'écrire en dépit d'un sens de l'orthographe en coma dépassé - Victor Hugo lui-même commettait de splendides fautes, alors hein, tout est dit - simplement ne venez pas m'asséner qu'une intelligence binaire peut remplacer des siècles de capillo-traction au service de cette langue de sadiques compulsifs qui est la nôtre.
Et là, sous vos yeux ébahis, démonstration. Tapons "correcteur" chez notre meilleur ami Google. En tête de liste, figure le site "bonpatron". Bien, dépassons la raillerie facile, nous savons tous que ce nom est stupide, qu'un bon patron est un patron mort, un peu de munificence mes amis, laissons-leur une chance. Proposons donc au miraculeux logiciel censé guérir les écrouelles grammaticales, une courte phrase truffée de vilenies orthographiques, inspirée par la merveilleuse série intitulée "Shuriken School" que mon fils, quatre ans, me fait subir à l'heure où j'écris ces lignes : "l'épreuve était part trop ardu, il est tombé du toi."
Que nous répond alors notre petit génie de l'orthographe ? Que tout va bien dans le meilleur des mondes, si ce n'est un léger doute sur "part" parce que bon, "si le sujet est féminin, le dernier mot doit terminer par e". Tristesse infinie.
"Saviez-vous que BonPatronPro ne coûte que 15$ (environ 10€) ?", nous annoncent, toute honte bue, ses concepteurs. J'en ris encore.
Commentaires
Non (si je puis me permettre). Un bon patron n'est pas un patron mort.
Un bon patron est un patron mort après d'atroces souffrances (48 heures minimum, ligoté devant TF1).
comme tout ça m'interpelle!!!je suis très mauvaise en orthographe!alors que faire?Le dico que j'use et re-use?ou?
Tu n'utilises pas BonPatron, tu utilises un vrai correcteur :)
La morale de tout ça, c'est qu'il ne faut pas faire confiance à google....
Une linguiste informaticienne qui fabrique des correcteurs...
P.S : je rajouterai même que ça sent le post qui manque d'inspiration parce qu'il est un peu connu ce correcteur qui fait n'importe quoi, la prochaine fois la traduction inverse de google? :-D
Constantin > Je pense qu'à peu près n'importe quelle chaîne fera l'affaire. J'ai regardé "M6 Hits" ce matin. J'ai mal.
formika > Le doute est le sel de l'esprit, comme disait l'autre. Oui donc, mille fois oui, au dictionnaire. Sinon, il y a le bon copain (ou la bonne copine) qui tue sa race en orthographe. Mais de grâce, ne te laisse pas abuser par les sirènes enjôleuses du correcteur binaire. Just say no (rhâââ, j'ai peut-être sauvé une vie ce soir).
fanny > justement, je n'utilise pas de correcteur. Je préfère encore faire des fautes. Avec un peu de chance, quelqu'un me les signalera et la vexation ultime qui ne manquera pas de me submerger me permettra de m'en souvenir pour la fois suivante.
Après, pour le manque d'intérêt du billet, c'est possible. Si tout ce que j'écrivais était intéressant, je ne serais pas journaliste.
Sinon, c'est un peu mesquin ( la vile mesquinerie est le fonds de commerce du ci-présent blog, dont acte) mais je suggère un conditionnel pour "je rajouterai".
je me rends!!
oui un petit "s" mais j'aurais bien voulu que ça soit un futur... enfin comme je ne suis pas une terroriste de l'orthographe :)
(je vais lire les autres posts qui semblent fort intéressants)
Juste pour rétablir un fait : dans le temps, il y avait de bons patrons.
Dans Modes & Travaux.
(En plus, on pouvait se torcher avec)
Wini > Jésus-Marie-Joseph, un nouveau lecteur. Dieu existe donc ? (Fin de l'aparté avec les forces du bien.)
J'abonde en ton sens concernant la baisse de qualité scandaleuse de la presse féminine et son absence de prise en compte du développement durable. Tout ce papier glacé plein de vide rédactionnel et nullement réutilisable, c'est une honte mon bon monsieur (ou ma bonne dame, c'est toi qui vois).