La vigoureuse tempête qui s'est abattue sur le Sud-Ouest a monopolisé les Une des journaux de notre beau pays. A croire que le vent d'ici disperse les guerres, épidémies et coups d'Etat de là-bas.
Au nom d'une pseudo-interactivité fort en vogue actuellement, le journal Le Monde et son homologue Le Figaro en appelaient au témoignage de leurs lecteurs. Fascinante démarche qui nous permet de profiter de videos consternantes sur le site du Figaro et de témoignages vierges de toute vérification de fiabilité et de toute correction orthographique sur celui du Monde (on ne retouche pas un Boticelli) : "Tous les panneaux indicateurs routiers de la route Minervoise ont été couché par le vent... C'est très impressionnant. (...) Par contre personne ne nous a prévenu à l'avance... Est-il normal de laisser des personnes vivre sous des platanes très haut lorsque l'on sait qu'il y a une tempête ? Je travaille par ailleurs sur un autre bâteau et depuis hier les agents de VNF nous ont prévenu que la navigation serait interdite sur le canal..." Comme c'est intéressant. Quelle rigueur dans l'écriture, quelle maîtrise de la langue, quel édifiant exemple pour toute la profession. J'ai vraiment l'impression de lire un quotidien de référence, ce soir.
Et si nos journalistes à-nous-qu'on-a faisaient tout simplement le boulot pour lequel ils sont (fort bien) payés ? Cher confrère, tu vois la porte de ton bureau, eh bien figure-toi qu'elle ne sert pas qu'à te barrer le soir. Elle te permet aussi de décoller ton séant de ta chaise pour découvrir le vaste monde. Stupéfiant, non ?

J'exerce décidément un bien beau métier.