Garçon, tu as survécu à la première saison de "comprendre les filles". C'est bien. Tu prépares avec acharnement les prochains partiels de la saison 2. Je suis fière de toi. Tu peux aller encore plus loin. Je sais que tu le peux. Oui, même avec des taches de chocolat sur le menton. Un vaillant guerrier sommeille tout au fond de toi, très loin. Très, très loin. Et ce fier chevalier est avide de science. Il veut en savoir toujours davantage sur la fille, cet être aussi mystérieux que merveilleux.

Garçon j'ai confiance en ta volonté de vaincre la malédiction qui t'a fait naître avec un cerveau passablement déficient que la simple vue de la fille t'empêche d'irriguer correctement. L'an dernier tu as appris le concept de nuance. Je sais, tu en pleures encore des larmes de sang. Je te demande de rassembler tout ton courage. Tu as l'âge désormais, il faut que tu saches, même si tu dois en ressortir laminé : il existe plusieurs sortes de filles. Oui, tu as raison, l'hétérosexualité est la pire invention des dieux, juste après le double noeud de lacet qui est vraiment trop compliqué.

Aujourd'hui, garçon, afin de t'éviter d'être crucifié avant d'avoir fini ta partie de Super Mario, nous allons étudier les gestes qui sauvent face à la fille euh... différente. Par commodité autant que par scientifisme nous la nommerons "la fille B". Rappelons, garçon, que tu étudies la fille A depuis plus d'un an et qu'une bonne connaissance des fondamentaux te sera indispensable pour suivre ce cours qui se présentera sous forme de modules quotidiens.

Pour une assimilation optimale, nous emploierons la méthode éprouvée du Dr Pétronille, à savoir la mise en situation.

Cas 1 : la fille B s'est gavée de pépitos toute la matinée, dans son pyjama Snoopy (offert par sa mamie pour son entrée en seconde, il a grandi avec elle) devant son ordinateur à elle que, bizarrement, elle ne veut jamais te prêter. Pour autant, la fille B est-elle un garçon ? Tu es bien tenté de dire oui, avoue, garçon. Eh bien la réponse est non, absolutely not (pourquoi, quand j'écris ces deux mots, l'image mentale du sourire de Jude Law dans "the holiday", s'affiche-t-elle immanquablement ? C'est cruel, la mémoire visuelle. ) Mais revenons à la science, garçon, et arrête de te curer les ongles avec ton compas. Sache, innocent disciple, que la fille mange des pépitos parce qu'elle respecte scrupuleusement l'équilibre diététique et qu'elle sait se forcer lorsqu'il y va de sa santé. Car les pépitos ce sont des céréales, donc des glucides lents (la base de notre alimentation d'omnivore, jeune inconscient), des sucres rapides (indispensables au développement cérébral, non laisse tomber) et du chocolat (antidépresseur redoutablement efficace, je te rappelle qu'elle vit avec toi). Rien à voir donc avec le laisser-aller révoltant dont tu te rends coupable en pyjamou devant tes jeux pour mous du cortex.

Bien. Je te laisse travailler ce premier thème et te donne rendez-vous demain. Tu peux ranger ton stylo Mickey dans ta trousse Batman.