Aujourd'hui, nous étudierons deux cas pratiques particulièrement complexes et je ne saurais trop te conseiller la plus grande attention. Enfin, tout dépend de tes ambitions personnelles. Veux-tu vraiment te retrouver acculé au mur du salon, armé de tes seuls chaussons Wall-E, face à une fille B en train de se transformer, vomissant les flammes de l'enfer au travers de ses crocs acérés et tenant ta PlayStation par le jack, au-dessus du rebord de la fenêtre (mais quelle idée aussi, d'habiter au 4e) ? Franchement, je te conseille plutôt la traversée de l'Afghanistan à pied, déguisé en George W. et un jambon à la main, ce sera bien plus sûr. Bien. Je vois que tu ranges tes cartes Pokemon et que tu t'apprêtes donc à mobiliser ton neurone. J'en profite, deux minutes, c'est vite passé. Comme je le disais récemment à mon sexologue.

Cas 4 : la fille B ne t'écoute pas toujours avec autant d'attention que la profondeur de tes raisonnements le mériterait. D'ailleurs, elle t'écoute assez rarement et pousse l'inconvenance jusqu'à l'indifférence ostensible, dédaignant même de feindre un quelconque intérêt pour ce que tu lui racontes. Et après, tu attends comme un con à la mairie alors que tu lui as déjà dit au moins trois fois l'heure de votre mariage. Pour autant, la fille est-elle un garçon ? Absolutely not. Bon déjà si c'était un garçon, tu n'aurais pas le droit de te marier avec. Dura lex, sed lex. Je dis ça, c'est pour que tu t'entraînes à réfléchir. Un peu. Des fois. En outre, t'es-tu jamais demandé, misérable vermisseau, pourquoi la fille B ne t'écoutait pas ? Parce qu'elle est accaparée par des cogitations d'un niveau que tu ne soupçonnes pas. Elle PENSE à autre chose. Son esprit bondit d'idée en concept pendant qu'en fond sonore, ton vain bavardage s'étire interminablement. Lorsqu'elle ne t'écoute pas, son cerveau est occupé à bien d'autres tâches qu'afficher l'image mentale d'un paquet de chips, si tu vois de qui je veux parler. Là encore, tu le découvres avec effroi, un abîme vous sépare irrémédialement.

Cas 5 : la fille B demande toutes les dix minutes si tu l'aimes. Te voilà en terrain connu. Déjà, tu brandis victorieusement ton cours de l'an dernier pour y trouver la réponse. Tu penses l'apercevoir entre deux taches de pizza au coca. Je t'arrête tout de suite. Dis-moi garçon, tu crois vraiment que la fille B est une fille A (attention, il y a un piège) ? Absolutely not. Tu l'auras compris, nous abordons ici la partie la plus délicate de ce cours, celle dont dépendront tes chances de survie. La fille A veut vraiment savoir si tu l'aimes car elle pense, assez naïvement, que dans l'affirmative tu l'épouseras et que vous ferez plein de bébés. Elle ignore, la pauvrette, que tu l'épouseras de toute façon, pour peu qu'elle manque de réactivité dans le bouclage de sa valise.
La fille B, elle, n'écoute même pas ta réponse et sait qu'elle va se marier en dépit de ses efforts constants pour te décourager. Elle a seulement remarqué qu'interrogé sur tes sentiments, un réflexe pavlovien te poussait à joindre le geste à la parole. Or, la fille B est un être de lumière, je te rappelle. Chez elle, la délicatesse le dispute à la subtilité. Elle se refusera donc toujours à te demander : "tu peux me tripoter, s'il te plaît ?", voire "au boulot, feignasse. Avec ce que tu me coûtes en flanby...".
Oui, je sais, un cerveau comme celui de la fille B, ça devrait se visiter.


Bien, garçon, je pense qu'il est temps de te souhaiter bonne chance. Nul n'échappe à son destin. Il te reste, malgré tout, l'option des Curly.