Voyez-vous, très chers, le mardi est le jour de bouclage de mon journal à moi que j'ai (enfin ce n'est pas exactement le mien mais face à Xpress, j'ai toujours un sentiment de grande solitude). Or donc, le mardi je me transforme en créature mutante (ou en garçon peut-être). Le reste de la planète s'agite en un vain brouhaha et je n'écoute que d'une oreille distraite toute information communiquée à ce moment-là, me contentant d'un vague "mmmh ? " qui signale à mon interlocuteur que je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il vient de me raconter. J'ai coutume de dire à mes collègues que s'ils attachent une quelconque importance à s'adresser à un être humain digne de ce nom, il est préférable qu'ils m'en reparlent le mercredi après-midi.

L'une d'elles, croyant probablement que prendre quatre repas hebdomadaires en ma délicieuse compagnie la plaçait au-dessus du lot commun, est venue me dire aujourd'hui, alors que nos tupperware respectifs tournaient dans le four micro-ondes :
- Pfff, cet été je suis invitée à quatre mariages.
- Et à un enterrement aussi ? (Dieu que je suis cultivée, et drôle avec ça.)
- Heu ben oui, sans doute.

Aaaargh. Je me hais. Depuis l'automne, il ne se passe pas une semaine de coquillettes sans qu'elle me parle de son grand-père qui n'en finit pas de mourir, agonisant interminablement depuis le fin fond de sa déchéance physique et mentale et qui, grâce à la science et à la médecine moderne pourrait bien tenir quelques mois de plus, pour le plus grand bonheur de la famille qui le change trois fois par jour en endurant ses crises de démence.


Bon.
C'est confirmé.
Pour le vrai être humain, il faudra qu'elle repasse demain.