Point de vue (images du monde)
Par Miss SFW le mercredi, avril 8 2009, 20:32 - Love actually - Lien permanent
En vue de mieux cerner le sujet de dissertation que j'ai sur le feu (étude comparée des congés maternité en Europe), j'ai emprunté à la bibliothèque aussi municipale qu'indigente une revue un peu ancienne rédigée par des universitaires. En la feuilletant distraitement, pendant que Cary Grant était confronté à un dilemme cornélien face aux quatorze ouvrages constituant la totalité du fonds documentaire, je tombai par hasard sur la critique du film "post coitum, animal triste". N'ayant pas vu l'oeuvre en question mais Cary Grant m'en ayant parlé, je m'enquis de l'avis de la rédactrice. Cette dernière évoque "l'archétype de la femme soumise à la possession du mâle et n'existant que par lui (...) Mais si elle oppose ainsi la permanence hystérique d'un désir féminin égocentrique à la pulsion éphémère, narcissique et solitaire de l'homme, elle expose surtout, avec une clarté de propos plus convaincante encore qu'audacieuse, comment l'amour n'existe que par la rencontre des corps".
Le résumé que m'en avait fait Cary Grant, il y a quelques années, était en substance: "c'est une femme de quarante ans, mariée et tout, qui tombe amoureuse d'un mec plus jeune qu'elle. Elle pète les plombs et elle fout toute sa vie en l'air.*"
Critique de cinéma, c'est un métier.
* Et voilà comment on se scotche un vieux tube de Michel Berger dans la tête. Ah bravo.
Commentaires
Mon directeur de thèse a une technique imparable quand il révise mes manuscrits : il ne lit chaque phrase qu'une seule fois, et s'il ne la comprend pas, la raye (ou la souligne s'il est de bonne humeur).
Apparemment, il y a des milieux où l'on fait exactement l'inverse.
Quant à savoir le rapport entre le film et les congés maternités en Europe... (pourquoi se limiter à l'Europe, alors qu'aux États-Unis, c'est tellement fun ?).
Pour avoir vu le film en, hum, il y a longtemps, je confirme : excellent résumé de Cary Grant.
Je me souviens même d'une réplique sublime ; post coitum avec son jeunot d'amant (donc), la dame quadragénaire se regarde dans la glace et commente :
"Je suis encore mettable".
Et bien je trouve le résumé de Cary Grant beaucoup plus efficace : on comprend tout et on n'a encore moins envie de voir le film. Un must donné à bien eu de monde.
Krazy Kitty > Cary Grant a la même méthode que ton directeur de thèse lorsqu'il lit mon blog. Sauf qu'il ne souligne que mentalement. Il tient beaucoup à son écran plat tout neuf.
Constantin > merci pour cet excellent sujet de billet.
Killer Queen > Cary Grant est un garçon tout à fait exceptionnel. Ne serait-ce que parce qu'il aime les épinards.
Ah parce qu'en plus, il aime les épinards ?! Tu es vraiment une veinarde !!
Réponse subsidiaire hors contexte : "maternity leave", qu'on dit.
Dramatique, ce genre de critique...
rha mince ! pourquoi t'as mis cette p'tite note en bas de page, avais meme pas remarqué... et paf, j'ai relu la derniere phrase... ca a pas raté : l'intro au piano en boucle dans la tete... grrrrr
Un garçon qui aime les épinards ? Cuits ? Pour du vrai ? Je ne suis pas sûre de te croire...
Killer Queen > Des années de lobbying "meat is murder", ma chère. Et encore j'ai des marges de progrès devant moi.
Merci pour la réponse qui m'a évité de cruelles déconvenues avec le traducteur de Google.
fanette > Perso, dans la mesure où je suis capable de pondre une phrase de dix lignes sans ponctuation, je ne suis pas autorisée à émettre un jugement de valeur.
Mystik > Dans ces conditions, je ne renchéris pas en fredonnant "et toute sa vie c'est pas grand-chose". Ah, dommage, un jour de plus avec Michel Berger qui s'en est allé dormir dans le paradis blanc. Comme dans mes rêves d'enfant. Comme, comme, comme avant.
Mouhahaha. Je suis le diable.
Krazy Kitty > Tu parles, trop facile. On a dépassé ce niveau-là depuis longtemps. Actuellement, nous travaillons sur le quinoa.
Toutefois je me demande si la volonté de voir son compagnon manger des épinards n'a pas un rapport avec la permanence du désir hystérique.
Cary Grant prend-il le risque de voir ce désir fléchir en acceptant de les manger ?
Perd-il alors sa capacité à l'égoïsme ou magnifie-t-il son désir narcissique en s'affirmant comme différent de la masse des mâles ?
Grave question.
Non mais le quinoa, personnellement, j'aime pas ça. J'ai des copains qui en raffolent, par contre. Nul besoin de dire qu'ils n'aiment pas les épinards.
Krazy Kitty > Well, nobody's perfect (lever de soleil de studio hollywoodien en fond, six notes de musique, puis "The End" sur l'écran).