En vue de mieux cerner le sujet de dissertation que j'ai sur le feu (étude comparée des congés maternité en Europe), j'ai emprunté à la bibliothèque aussi municipale qu'indigente une revue un peu ancienne rédigée par des universitaires. En la feuilletant distraitement, pendant que Cary Grant était confronté à un dilemme cornélien face aux quatorze ouvrages constituant la totalité du fonds documentaire, je tombai par hasard sur la critique du film "post coitum, animal triste". N'ayant pas vu l'oeuvre en question mais Cary Grant m'en ayant parlé, je m'enquis de l'avis de la rédactrice. Cette dernière évoque "l'archétype de la femme soumise à la possession du mâle et n'existant que par lui (...) Mais si elle oppose ainsi la permanence hystérique d'un désir féminin égocentrique à la pulsion éphémère, narcissique et solitaire de l'homme, elle expose surtout, avec une clarté de propos plus convaincante encore qu'audacieuse, comment l'amour n'existe que par la rencontre des corps".

Le résumé que m'en avait fait Cary Grant, il y a quelques années, était en substance: "c'est une femme de quarante ans, mariée et tout, qui tombe amoureuse d'un mec plus jeune qu'elle. Elle pète les plombs et elle fout toute sa vie en l'air.*"

Critique de cinéma, c'est un métier.





* Et voilà comment on se scotche un vieux tube de Michel Berger dans la tête. Ah bravo.