Vous avez trente secondes pour vous pendre
Par Miss SFW le vendredi, décembre 18 2009, 17:25 - J'ai testé pour moi - Lien permanent
Chers petits amis, si vous avez bien suivi tous les épisodes de notre haletante saga : "La main de l'homme a-t-elle déjà posé le pied à Limoges (et inversement) ?" vous aurez relevé que j'ai perdu, afin de me conformer à l'obligation de cohabitation avec mon époux imposée par le Code Napoléon, mon merveilleux travail. Une tristesse insondable m'engloutit. Que vais-je devenir sans mon bouclage hebdomadaire ? Que sera ma vie loin de ce journal dont j'étais manifestement la seule à me soucier dans l'indifférence même pas polie de mes employeurs ? Et maintenant, que vais-je faire ?
Afin de nous poser la question de concert, M. Paul Emploi m'a invitée à prendre le thé chez lui. Depuis la fusion redoutée tant par les agents de feu l'Anpe que par ceux des assedic, je te prie de croire que les choses ont bien changé. De l'efficacité avant toute chose. J'ai donc téléphoné, il y a peu, aux services réformés ayant la lourde responsabilité de me trouver un poste, si possible passionnant et bien payé, non je rigole. Une dame charmante m'a répondu au bout d'à peine cinq minutes d'attente et d'humiliation durant lesquelles tu espères bien que personne ne t'entend dire bêtement "inscription" à une machine. Elle m'a fixé un rendez-vous dans l'après-midi du 22 sur un site Pole-emploi que nous conviendrons de nommer A. Alors que je lui demandais l'adresse exacte du lieu, elle m'indiqua que tout serait précisé dans un courrier ultérieur avant d'ajouter que mon inscription était d'ores et déjà prise en compte. Cette réactivité ne laissa pas d'alerter la défiance que des années d'expérience en tant qu'usager des services de l'Anpe (oui, je cherche du travail même quand j'en ai, chacun sa névrose) ont solidement forgée.
Quelques jours après, je reçus le courrier promis. Ce dernier me demandait de me rendre sur le site B, avant le 22, impérativement en matinée. Bien. Je vois qu'on est joueur en décembre. Je téléphonai donc derechef à la machine qui oblige les gens normaux à s'exprimer comme des supporters de foot (ou de rugby, si tu veux, point de discrimination en ces lieux). Au mépris des anathèmes de ladite mécanique infernale qui s'entêtait à me répéter toutes les soixante secondes qu'il me restait plus de trois minutes d'attente, une créature humaine finit par me répondre. Elle n'en savait manifestement pas plus que moi mais prit un ton résolu pour m'intimer de respecter le rendez-vous téléphonique. Elle ne put pourtant conserver sa belle assurance lorsque je lui demandai s'il était normal, sachant que j'habitais à 300 mètres du site C de Paul Emploi, de me voir successivement convoquée dans deux agences situées de l'autre côté de la ville. "Euh ben oui, si c'est pour calculer vos droits, c'est possible. Mais bon, demandez à être convoquée près de chez vous pour la prochaine fois." C'est là que j'ai réalisé : je pourrais avoir son boulot à elle. Et j'ai arrêté de me plaindre.
Commentaires
Ah ouf... Je me disais aussi qu'à Limoge tout ne pouvait être si parfait... Heureusement que dans ces cas, l'administration nous réserve toujours son lot de surprises en tout genre.... Sinon il faut bien le dire, on s'ennuierait beaucoup...
petite rectification du com' précédent : ce n'est plus (cela n'a jamais été réellement, du reste, mais y était plus ou moins vaguement assimilé) de "l'administration"... c'est du privé pur jus (ou quasiment)...
et oui, son job est pas évident, à la dame du téléphone, elle se prend des noms d'oiseaux plus souvent qu'à son tour, et assez rarement pour ses erreurs à elle... merci de ton indulgence, misssfw, elle te sera rendue au centuple ;-)
oups ! avais meme pas relevé : mais c'est d'inspiration Hubert Félix, le titre du billet, nan ? ;)
Ah! Merci! Tu es ma madeleine de Proust à moi!! Continue à me décrire ma ville natale que j'apprécie d'autant plus que je m'en suis éloignée. N'oublie pas de demander à ton cher et tendre d'accompagner tes textes de quelques photos pour encore plus de souvenirs!!!
Au fait, à Limoges, il ne s'agit pas de bus mais de trolleys...
Drbou > désolée de te contredire mais entretemps j'ai pénétré dans la médiathèque de Limoges et j'ai failli en pleurer de bonheur.
Mystik > Le jour où l'indulgence sera récompensée, il pleuvra des calissons. La vache, j'ai hâte.
Pour la référence à Thiéfaine, bravo, il fallait la trouver.
Stef > Madeleine, c'est mon horizon, c'est mon Amérique à moi. Pour les photos, je pense que Facebook serait plus approprié. Ce lieu est dédié à la méchanceté gratuite, ne l'oublions pas.
Et à Limoges il y a des trolleys ET des bus. J'te ferais dire.
pour hubert félix, c'était pas bien difficile (juste j'avais pas lu le titre avant de lire le billet, honte à moi, hihi). je ne sais pas si le lien va passer, mais pour ceux qui connaissent pas "taxiphonant d'un pack de kro" : http://www.youtube.com/watch?v=lICx...
"Allô ici SOS amitié
Vous êtes sur répondeur automatique
Et vous avez 30 secondes pour vous pendre !"
un poete ! :)
tiens, en allant chercher sur wiki dans quel album (avais oublié, oups) se trouvait ce morceau, j'ai reçu un choc : notre hubert félix national a fêté ses 61 ans cette année ! bondiou ! me rajeunit pas tout ca... allo ? sos amitié ? ;-)
Mais enfin, mais tu ne comprends pas, ce qui compte dans la recherche, c'est sa quête intrinsèque, fi du résultat.
Connaissant un peu l'esprit taquin de l'endroit, j'imagine qu'il s'agit là d'une opération de bizutage, un rituel d'intronisation. Ils vont vous demander sous peu de rechercher le formulaire F jaune qui n'existe plus, dans les bureaux B14 fermés pour les vacances... Après cela, une grande fête surprise aura lieu et vous serez consacrée "Limousine" officiellement. Courage!
Sinon, j'ai besoin de quelqu'un pour ouvrir les huitres et servir à table le 24. C'est dans le Calvados.
Payé au Smic-huitres.
Killer Queen > oui enfin là il s'agit de travail, alors la transcendance, la spiritualité, tout ça...
arnaud > c'est gentil mais pour le 24, j'ai aussi prévu des huitres que je n'aime pas chez des gens qui les aiment et que j'aime bien aussi.