Du fond de son lit de douleur, Krazy Kitty a bravé la tyrannie de ses sinus infectés et courageusement rampé jusqu'à son clavier pour m'informer de la discrimination dont elle s'estimait victime. En effet, aucun de ses brillants commentaires n'était affiché en devanture de mon fonds de commerce virtuel. L'outrecuidant blog avait encore l'insolence de la reléguer en "file d'attente". Fait-on poireauter Krazy Kitty comme une vulgaire ménagère russe en quête d'un litre de lait ? En vérité, non.
J'ai donc mené ma petite enquête afin de châtier sévèrement les coupables. Il se trouve que Cary Grant, pour me protéger des vendeurs de viagra et colporteurs en jambon épilé, a activé un filtre anti-spam dont les choix éditoriaux se sont révélés bien peu judicieux. Pour un représentant des plombiers parisiens (exemple rigoureusement authentique), une petite dizaine d'habitués s'étaient vus claquer la porte au nez.
Considérant, un peu hâtivement peut-être, que les ordinateurs sont des créatures rationnelles, je cherchai le motif de ce brutal congé. Je lançai l'hypothèse d'un anti-américanisme primaire. Or, parmi les candidats au commentaire rejetés, seule Krazy Kitty arborait la bannière étoilée. Bon sang mais c'est bien sûr, me dis-je, fort logiquement, Spamkiller soumet à ma modération les commentaires accompagnés d'un lien. En fait, non.
A ce stade de mes cogitations, j'ai remis en ligne les notes et remarques injustement déclassées (sauf celles émanant des plombiers parisiens), je demande humblement pardon à mes invités pour la grossièreté de mes subalternes - de nos jours, on ne trouve plus de petit personnel - et je suppute que le cerbère électronique qui est censé protéger ma modeste demeure électronique fonde sa ségrégation sur le port de baskets.


Fiat lux