Bien loin de moi l'idée d'émettre un jugement contraire aux valeurs européennes et de me draper dans un nationalisme étriqué et grelottant. Mais tout de même. Fallait-il vraiment ouvrir la porte à tous ces pays de va-nu-pieds ? Je n'ai rien contre les pauvres, bien sûr, mais enfin ils viennent mugir dans nos campagnes et je ne parle même pas de ces hordes de traîne-savates déguenillés qui envahissent nos carrefours à feux tricolores. Or, ces gens-là ne sont pas comme nous. Depuis que la Bulgarie et la Roumanie ont été intégrées, on ne sait pourquoi, à l'Union européenne, le gueux riverain de la Mer Noire ne se sent plus mendier. Voilà bien les romanichels, on leur tend d'une main gantée et parfumée un bel euro et la prétention leur vient comme le rhume, on les retrouve en train de se moucher dans les plus belles pages de notre culture séculaire.
Ce n'est hélas qu'un début. C'est pourquoi je crois de mon devoir d'avertir les puissants de ce monde (qui sont bien évidemment de fidèles lecteurs) : attention à la Moldavie. Ce petit pays qui paraît risible et pittoresque n'attend qu'un signe de faiblesse de notre part pour venir piétiner notre histoire et nos beaux-arts. Ces gens-là sont capables de tout. Des cosaques, vous dis-je.
Pour preuve, le tristement célèbre leader d'O-zone, non content d'avoir irrémédiablement traumatisé toute une génération avec l'insupportable rengaine "Dragostea din tei", vient d'infliger en un seul coup un cuisant revers à des raffinements culturels aussi divers que le bon goût vestimentaire, l'érotisme, l'art capillaire ou la pop music.

 

Moi aussi, au début, dans un infâme élan de lâcheté, j'ai tenté de me persuader qu'il fallait prendre cette vidéo au quarantième degré. Quelles compromissions avec la vérité ne consentirait-on pas pour sauver sa foi en l'humanité ?