L'année se termine hélas, et je n'aurai pas le temps de présenter à vos beaux yeux médusés tous les fleurons de la vidéo musicale à visée de reproduction des préjugés de genre. Cette fin annoncée m'oblige à ne vous livrer que les plus belles pièces d'une collection entamée à seule fin de vous distraire un peu de l'odieuse frénésie de consommation qui règne en cette période.
Ambitionnant également de partager avec vous ma tristesse et mon découragement pour ce pays et ce siècle, j'ai pensé qu'un deuxième exemple de R'n'B français achèverait de vous convaincre de fuir l'humanité pour s'aller élever des chèvres sur le Larzac.

 

L'avantage avec les paroles en français c'est qu'en plus de l'image, il y a le texte. Le bruit et l'odeur du sexisme, en quelque sorte. Comme quoi aussi, chant féminin ne signifie pas féministe.
Chers amis, depuis quelques années nous faisons ce bout de chemin ensemble et je vous en sais un gré infini. Mais arrêtons-nous quelques instants pour méditer sur la vanité de l'existence humaine. Prenons un peu de temps pour mesurer l'injustice du sort et les grotesques gesticulations de notre espèce. Voilà une jeune femme que la nature a dotée d'une beauté lumineuse et de ce don merveilleux que nous envient les dieux, la voix. Que croyez-vous donc qu'elle fît de ces généreux présents ? J'eusse tellement préféré vous répondre : rien. Mais le monde est comme il est et non comme nous voudrions qu'il soit. Cette ravissante demoiselle met son talent et ses attraits au service de la nullité sociologique, du cliché pathétique, du préjugé abyssal.
Que nous explique ce monument de vacuité musicale et textuelle ? Que la femme est un être insupportable et sadique (avec un beau séant). Que la colère va bien à l'homme dont le juste courroux embellit la mâle prestance. Et que la femelle se trouve toute émue quand son compagnon perd son sang-froid.
Avec plus de dix décès par mois dans notre beau pays d'égalité des genres, je trouve que ça fait cher la petite seconde d'émotion.