If James Hetfield can stay straight edge, anyone can*
Par Miss SFW le lundi, janvier 24 2011, 22:38 - I'm a loser, baby - Lien permanent
Je crois avoir déjà évoqué ici mes rapports pour le moins dubitatifs avec les paradis artificiels et les addictions de toute nature. Ce mépris pour la fuite et l'oubli date de fort longtemps et a rapidement succédé à ma courte expérimentation de la traditionnelle biture lycéenne des fins de semaine. Depuis, je traîne comme un boulet cet incurable chagrin de la lucidité que ne saurait pas davantage distraire une bouffée de cannabis qu'une bouteille de vodka. Bien plus tard, j'ai trouvé chez les Strokes les mots qui fredonnaient ce grand malheur de n'avoir pas d'issue de secours : "i don't feel better when i'm fucking around, i don't write better when i'm stuck in the ground". Rien ne peut me consoler d'être ce que je suis.
Vous comprendrez alors la profondeur glacée de ma solitude lors de ces soirées où mes semblables "font la fête". La seule notion de fête m'est inaccessible. Quel mystérieux motif peut bien pousser ces gens que - pour certains - j'aime voire estime, à s'agiter inconsidérément, beugler sans préavis, boire leur poids en bière (avant que de le vomir) et finir la soirée en faisant la chenille sur la musique de la danse des canards ? Oublient-ils ainsi qu'ils vont mourir et qu'avant cela ils auront à affronter toute la misérable laideur d'une existence humaine ? Croient-ils pouvoir fuir, espèrent-ils ne pas se réveiller ? Ou essaient-ils d'oublier avec le rosé à quel point la pizza était mauvaise ? Dans cette dernière hypothèse, qu'il me soit permis d'avancer quelques doutes quant aux chances de succès de leur stratégie. Non parce que bon, le rosé n'a jamais aidé personne à digérer. Mais je m'égare.
Car mon unique but était de vous indiquer la force de ma répugnance lorsque je constatai avec effroi que le seul moyen de lutte biologique à ma portée contre les limaces boulimiques qui saccagent mes pauvres salades restait l'écuelle de bière (je crois vous avoir également parlé de mon potager de deux mètres carré). Imaginez mon trouble lorsque je songeai à ces coupables mollusques se noyant dans l'objet de leur convoitise, gorgés d'alcool jusqu'à l'étouffement avant que de mourir dans les hoquets éthyliques de la dépravation la plus sordide. Je fis pourtant taire mes scrupules. Je déposai l'abject guet-apens entre deux rangs de scarole et attendis, l'âme tenaillée par le remords.
Le lendemain, je me dirigeai vers le carré de la honte, prête à me débarrasser des victimes de ma répugnante besogne.
La coupelle trônait, intacte, et je compris alors que la malédiction n'aurait ni fin ni terme. Il a fallu que je tombe sur des limaces straight edge.
* Oui, bien sûr que ce titre existe, pour qui me prenez-vous donc, je n'ai qu'une parole, qu'un honneur et surtout qu'une ligne éditoriale (cependant, pour une raison qui m'échappe totalement, il faut l'ouvrir dans une nouvelle fenêtre).
Commentaires
et c'est donc vous qui avez bu la coupelle de bière? (faux pas gâcher, vingt dieux)
Alors il y a un moyen tout aussi bio et surtout bien plus efficace pour éloigner les limaces de tes salades, c'est la cendre. Tu repends sur le sol, dans un rayon de 20 cm autour de chaque salade, les cendres d'un feu de bois. Les limaces et escargots ne peuvent se déplacer sur ce support et, en prime, ça ne les tue pas.
Manu > Aaah, c'est donc ça, "les cendres d'un feu de bois". Parce que j'ai essayé avec des cendres de cannabis, justement, mais je ne suis jamais arrivé jusqu'au potager...
Ou alors, tu mets MetallicA à fond dans ton potager, au préalable encerclé des cendres de James Hetfield. Ca éloigne les nuisibles, voisins y compris (dans l'éventualité où l'un d'entre eux, abreuvé de haine et de courage venait à sonner à ton huis, tu lui vides le seau de limaces ainsi récupérées sur sont petit front mesquin).
As-tu songé que peut-être tes limaces étaient brassicoles et n'appréciaient pas la bière que tu leur avais servie ?
Change de marque, monte sur une binouze d'abbaye, voire sur une stout, et peut-être daigneront-elles venir enfin se suicider au fond de ta coupelle.
Ou alors susurrez-leur, au crépuscule :
Exit light...enter night...
Taaaake my hand... to the never never land...
et LÀ, vous leur faites boire de la bière.
A part ça, désolé, mais la pizza se boit avec du rouge.
Quant à la danse des canards... je ne sais pas avec qui vous fîtes la fête, mais il est vrai que l'alcool, s'il rend parfois plus drôle, rend rarement plus intelligent.
Pour résoudre votre problème, il existe une solution élégante, écolo et aisée à mettre en oeuvre : postez près de votre carré de scaroles un orvet ou un crapaud apprivoisé. De plus, ces bestioles sont étonnamment affectueuses.
Mais, mais vous n'avez pas fini votre mariage avec une bonne vieille chenille avec la cravate autour de la tête...Tout se perd...
philachev > même pas. Je ne suis qu'une sale hyperconsommatrice.
manu > le problème c'est que je ne fais pas de feu chez moi, je me chauffe exclusivement au nucléaire. C'est plus sain, je trouve.
Je pourrais cependant essayer de brûler les limaces. Au lance-flamme. Et puis c'est l'occasion d'entamer une sympathique conversation par dessus la haie avec le voisin occupé à tirer à la 22 Long Rifle dans les taupinières.
gwynplaine > c'est avec des gens comme vous qui mettent des cendres de cannabis OGM au pied des tomates que l'on détruit chaque jour un peu plus la planète. Et je ne veux même pas songer à votre bilan carbone.
Ranrik > Tu vas me trouver un peu psychorigide mais les cendres de James Hetfield sont-elles compatibles avec le cahier des charges de l'agriculture biologique ?
Oph > je ne négocie pas avec les limaces. C'est de la bière premier prix ou rien. Les punks à chien s'en contentent bien et ne font pas tant de manières.
Constantin > Dieu merci, je ne fais plus la fête avec personne. Mon grand âge a tout de même quelques appréciables privilèges.
Glbk > Il se trouve que j'élève déjà deux félines fort occupées à protéger le canapé de toute intrusion mais parfois susceptibles de soulever leurs popotins de princesses à moustache dans l'unique but d'occire toute créature moins nuisible qu'elles (la liste est pléthorique). Leur imagination étant sans bornes et leur prédilection pour les insectivores avérée, je pense que les précieux auxiliaires que vous citez seraient bien inspirés d'éviter mon logis.
Je songe à adopter un hérisson mais j'hésite encore sur le texte de l'annonce : " psychotique en rémission, moralité irréprochable, offre gîte et couvert à hérisson sérieux et motivé. Prévoir cohabitation avec serial killeuses boulimiques, enfant probablement cocaïnomane et pokemonphile et informaticien neurasthénique".
Stef > C'est trop bête, nous avions oublié la jarretière.
ahhhh! enfin!je me sens moins seule!
Votre offre d'emploi a suscité mon plus vif intérêt.
Mon appétence stomacale pour les limaces relevant positivement de l'addiction, je pense être particulièrement qualifié pour le poste proposé.
Si un treizième mois est prévu par la convention collective applicable et que l'ordinaire est, au moins une fois par semaine, agrémenté de cookies aux noix et à la pomme cuits à point, c’est avec l’ardeur la plus incandescente que je protègerai votre pré carré de scaroles, even it takes me all night and day.
Je me dois de préciser que le peuple inventeur préconise la bière pour accompagner la pizza (et c'est vachement bon, évidemment il faut una vera pizza !!! ) (quoique je devrais plutôt vérifier à Naples avant que de dire des âneries)(cependant mon pote Napolitain prend bien de la bière avec sa pizza)
Pour les limaces fichtre diantre je ne sais que dire .. un peu de gros sel sur le sol? (c'est trop méchant je sais mais ce sont les limaces ou les scaroles il faut choisir hein!)
Miss SFW: le problème c'est que je ne fais pas de feu chez moi
Bin... oui, ok, mais si tu as un endroit où faire pousser des salades, tu as forcément aussi un endroit où faire du feu... Parce que ça m'étonnerait que tes salades poussent dans ton salon. A moins que tu ne fasses pousser tes salades dans des pots.... ce qui serait, convenons-en assez comique...
(merci pour ces grands sourires que vous provoquez sur mon visage niais et solitaire)
je tiens à votre disposition un crapaud de bonne taille qui loge dans l'antre de ma cuve à fioul.
je serais enchantée de me défaire de son auguste et coassante présence, gracieusement cela va sans dire, dusse-t-il y perdre la vie au final...j'ai en effet eu récemment un petit souci de prince charmant, aussi la disparition du batracien pourrait même me faire sourire, voire, dans l'hypothétique hypothèse où je retrouverais un jour un semblant de lien social et de convivialité, me faire danser la chenille.
si.
formika > Pourquoi ? Au détour des impeccables allées à la française de votre jardin vous tentez, vous aussi, de dégommer les limaces à l'arbalète ?
Hérisson sérieux et motivé > Je tiens à vous rappeler le pénible voisinage de deux félines névrosées et la rigueur du climat nevarsinien. En outre, je ne suis actuellement pas, au regard des moyens techniques dont je dispose, en mesure de garantir la cuisson optimale des cookies et autres muffins. J'en suis d'ailleurs mortifiée au-delà du dicible.
Minaviz > vous ne nous dites rien, et notre déception est abyssale, de la fameuse pizza aux limaces.
Manu > Je ne crois pas possible de m'en laisser ainsi remontrer par le premier (neo) rural venu. Figurez-vous, Monsieur, que je vis en plein centre de Nevarsin, où l'âge moyen doit avoisiner les 88 ans et la tolérance envers les feux de jardin le zéro absolu. En outre, je trouve un peu déplacé qu'un nanti, qui ratisse insolemment ses 3000 m2 de jardin vienne se gausser sous mon nez de mon indigence foncière. Car sachez, Monsieur, que j'ai fait partie durant des années de ces malheureux qui ne disposent que d'un misérable balcon et plantent de leurs pauvres doigts tremblants d'anémiques laitues dans des jardinières surpeuplées et que vous accablez de vos sarcasmes de parvenu. On ne rit pas de la noire misère, Monsieur.
pupuce > je ne saurais vous priver de votre crapaud dont vous ne pouvez, pour l'heure, apprécier les souverains attraits, tout aveuglée par le chagrin que vous êtes. Vous verrez pourtant que cet été, à l'heure où les moustiques vont boire, vous bénirez votre batracien comme vous aurez maudit le prince charmant qui eut l'inqualifiable grossièreté de ne se transformer en rien. De nos jours, les héros sont d'une affligeante vulgarité.
très chère
je vous aime et vos mots me réchauffent le coeur dans chacun de ses petits morceaux épars que le trop peu charmant a laissés.
sachez néanmoins que je me trouve présentement en Bretagne et que cette maudite région dépourvue d'été l'est tout autant de nuisibles moustiques.
j'insiste donc, et vous en prie: prenez-le. il vous sera plus utile qu'à moi.
cordialement
pupuce
Croyez-en les conseils d'un Britannique d'adoption qui passe ses journees ensoleillees (a peu pres 3 par an) a couper son gazon aux ciseaux: la craie ca marche tout aussi bien que la cendre!
Par contre je me dois de contredire la personne ci-dessus, sans doute aveuglee par son chagrin: les moustiques, si il y en a aussi en Grande Bretagne, je veux bien parier un paquet de cigarette a destination du vilain crapaud qu'il y en a aussi en Bretagne Inferieure!