Take me down to the water*
Par Miss SFW le vendredi, août 5 2011, 22:26 - Choses vues - Lien permanent
Il y a peu et dans la plus grande discrétion, ce blog est entré dans sa dernière année d'existence. La vraie vie, quoique fort peu attractive en ce moment, m'a tenue éloignée de ma demeure virtuelle et c'est fâcheux. D'ailleurs, m'étant subrepticement soustraite à la montagne de cartons qui m'attend impitoyablement, je ne sais si la vigilance de mes geôliers pourra rester longtemps assoupie. Ne vous étonnez pas si nous sommes grossièrement interrompus par les exigences de la sotte matérialité. Une fois de plus, chats, livres et bocaux vont devoir quitter leur étagère. Afin d'innover un peu au coeur de nos grises existences de vieux trentenaires, Cary Grant et moi nous sommes lancés un nouveau défi : le déménagement flash (ensemble des préparatifs sous un délai de 10 jours) avec transfert de biens meubles aux alentours du 15 août. On s'amuse comme on peut.
Mais je ne changerai pas de quartier nevarsinien sans vous avoir raconté mon périple en Bretanie. En vue d'attirer ici une foule toujours plus nombreuse, j'ai décidé de sacrifier aux recommandations des agences de conseil media et d'illustrer abondamment mon propos, ne le commentant que de quelques lignes lapidaires. Les fautes d'orthographe seraient un plus apprécié d'une majorité des lecteurs de moins de 78 ans, j'en ai conscience, mais des réductions drastiques de budget ne me permettent pas d'embaucher les plumes d'exception des versions en ligne du Monde ou du Figaro avec lesquelles ne peuvent guère rivaliser que les stagiaires de la police nationale.
En Bretanie, il fait beau et chaud, sauf les jours en "i" et le dimanche. Dieu et Photoshop merci, la fonction "niveaux" crée une illusion quasi parfaite.
Ne nous cachons pas qu'à l'instar de leur climat terrifiant, les Bretons paraissent un peu froids. Mais il faut savoir aller au-delà des apparences pour découvrir qu'en fait, ils sont aussi conviviaux qu'un arrêt du Conseil d'Etat.
Malgré la qualité d'accueil exceptionnelle, les difficultés économiques ne doivent pas être éludées. Un niveau préoccupant de chômage associé à une prévalence de l'obésité chez les plus jeunes appellent des mesures énergiques.
D'intéressantes particularités culturelles ne peuvent échapper à l'oeil exercé du globe-trotter. A noter également que les habitants de la Bretanie révèrent avec autant d'enthousiasme les ministres du culte que leurs saints locaux qui sont aussi nombreux que les bulles dans une crêpe au sarrasin. Si vous collectionnez les gisants d'évêques obscurs, n'hésitez plus, la Bretanie est faite pour vous.
Très tôt impliqués dans le développement durable, les habitants de la Bretanie ont pris l'habitude de recycler leurs coques de bateaux en toutes sortes d'objets utiles au quotidien et notamment en toits de chapelle. Les procédés de transfert de ces coques du sol au plafond des églises restent un secret aussi jalousement gardé que celui du miracle chimique qui permet aux biscuits bretons de dépasser les 100% de beurre. Comme le prouve la photo suivante, les Bretons sont capables de déplacer des biens apparemment immeubles avec une déconcertante facilité et ce, y compris dans un état d'ébriété avancée que trahit toutefois le rendu un peu erratique de ces expériences.

Durant notre (court) séjour, il s'est passé des trucs incroyables. Les journalistes déchus et déçus que nous sommes caressons désormais le projet d'installer définitivement notre activité professionnelle dans cette région ô combien dynamique et surprenante.
D'ailleurs nous avons trouvé un lotissement très sympa avec des voisins charmants.
*Fiat lux (puisqu'il paraît que d'aucuns cliquent sur les liens que je m'échine à insérer). Fort curieusement, j'ai fredonné ce morceau durant toute notre semaine en Bretanie et mon cerveau gelé évoquait inlassablement la video associée. D'ailleurs, lorsque my own personal Cary Grant sera parti avec une Marilyn Monroe de province, j'épouserai Dan Mangan qui m'émeut infiniment et a l'air de tenir chaud.
Commentaires
Alors là je suis éminemment vexatilisé... Mon idole bloguesque vient visiter un parc zoologique et néanmoins branferesque a 10 minutes de ma résidence et je rate l'occasion... Stupeur et tremblements, dirait une autre givrée...
Vous prenez Dan Magnan et moi Adrian Knight. Oui, voilà, ça me parait bien. Un jeune homme dont le groupe a un site où figurent les mots « Support artists and women and Canada by telling Stephen Harper to stuff it » me semble tout à fait fréquentable, bien que je m'inquiète quelque peu de sa manie de chanter et jouer de la guitare dehors par des temps impossibles. Cette dernière m'incite cependant à penser qu'il doit lui aussi tenir chaud.
@GeorgesClooney : je ne voudrais pas avoir l'air de me la péter chouchoute de la maîtresse mais mon égo souffreteux insiste pour que je cède à la tentation de la minute de gloire/jalousie/opprobre...MOI, j'y étais.
hin hin hin
(celui qui a dit "pistonnée" dans le fond, là, sors ton carnet de correspondance!)
(laule)
@MissSfw : je ne te remercierai jamais assez pour la lumière, tant celle de tes liens que celle de cette (presque) belle journée (la météo bretonne fait son possible pour baptiser les foules, reconnaissons-lui ce talent évangélisateur).
GeorgesClooney > Evidemment, vous aussi, si vous ne dites rien...
Krazy Kitty > Ton sens de l'organisation me coupe le souffle. Faisons comme tu dis. Des esprits chagrins viendront peut-être geindre piteusement et prétendre que nous ne laissons rien aux autres. Que nenni leur répondrai-je, le front lisse et l'âme sereine. Il reste le tambourin.
pupuce > eh bien j'ai fait ce que j'ai pu avec les fonctions vitales qu'avaient épargnées le terrible été breton, sa pluie glacée, son blizzard et son brouillard givrant.
Mais enfin, vous alliez en Bretagne. EN BRETAGNE.
A quoi donc vous attendiez-vous ?
Pardonnez-moi ce manque de compassion, mais parfois il convient d'endosser, en plus d'un bon gros ciré, ses responsabilités d'adulte citoyen individuel. Ce n'est qu'à ce prix que nous retrouverons le chemin de la croissance et de l'identité.
« En Bretanie, il fait beau et chaud, sauf les jours en "i" et le dimanche. » j’adore, bien que les souvenirs de mes étés en ces lieux soient différents : entre 200 et 2005 environ, entre le 1 et le 15 Août, le beau pays de France connaissait de fortes chaleurs, et la fraîcheur bretonne me paraissait fort sympathique ! Je parle d’une époque où il faisait beau en été, un temps révolu je vous l’accorde !
Allez, déménagez vite et revenez user vos doigts sur le clavier, c’est drôle !
Constantin > Vous avez parfaitement raison de souligner mon irresponsabilité en matière de destination estivale. Cela étant, je tiens à préciser que j'ai dû négocier avec deux autres représentants de mon espèce. Or, à deux, on est déjà trop nombreux.
philachev > vous aurez noté que mon assiduité en ces lieux prête le flanc à la critique. Je sens bien depuis quelque temps que je m’essouffle trop bruyamment, anormalement, dans certains escaliers trop raides ou dans certaines existences trop molles.
"ce blog est entré dans sa dernière année d'existence"
?????
D'accord, vous n'êtes pas très assidue.
Mais c'est un tel plaisir de vous lire...
Comment ?! Un nouveau déménagement et point de lamentations relatives aux difficultés de transfèrement de l'armoire nomade en bois de chêne de 1500 kgs ?
Arf, "existences trop molles" si ce n'était en ces pages j'y aurai vu une perche, enfin, une corde, mais détendue...
Bougez vous les fesses avant qu'elles ne deviennent comme votre existence, c'est une image, triturez vous le neurone, fouettez vous le fromage blanc ne me dites pas que plus rien ne vous effraie en ce monde? Tenez, pas plus tard que cet été, en Août, nous avons eu de l'herbe verte dans le Lot! Vous rendez-vous compte?
ne partez pas d'ici,c'est un trop grand plaisir de vous lire!
vous auriez du participer à "la fete de la sardine",les sardines à l'huile de ce coin de Bretagne sont renversantes!!
Ah non. Ca va pas être possible...Si vous arrêtez ce blog, je vous préviens, je vous lirai plus jamais.
Ubu
bavard > figurez-vous qu'à l'ouverture du ci-devant blog, je m'étais assigné pour mission de remplir un quinquennat. Alors, normalement, le 14 juillet 2012, rideau.
Glbk > la logistique mise en place par Cary Grant fut sans faille. Ce déménagement figurera probablement au panthéon de nos plus belles réussites, et elle ne sont pas si nombreuses.
philachev > si plus personne ne relève mes fines références à M. Desproges, je n'ai plus qu'à tirer la mienne, de référence. Non, révérence. L'abus de Romain Gary nuit.
formika > je ne suis pas sûre qu'un gueuleton de sardines en boîte puisse motiver un autre séjour.
Iguana > c'est embêtant parce que je pensais devenir romancière à succès et je ne voudrais pas m'aliéner, avant même d'avoir commencé, mon futur coeur de cible.