Alors que je me laissais submerger par la consternation et la misanthropie dans les embouteillages urbains consécutifs aux réjouissances de fin d'année et à la frénésie d'achats aussi inutiles que compulsifs qu'elles génèrent et que je songeais au message de frugalité et de sagesse qu'avait tenté de nous laisser celui que nous sommes censés fêter, mon après-midi s'acheva en apothéose lorsque j'entrevis sur ma droite un trentenaire au volant de son automobile suffisamment chérie pour qu'elle fût ornée d'une fausse mignonnette d'un alcool quelconque suspendue au rétroviseur intérieur et d'un ballon de rugby véritable sur la plage arrière. Mon découragement fut à son comble quand je réalisai qu'une jeune femme était assise sur le siège du passager. Je songeai alors à tous les hommes célibataires et malheureux de l'être qui ne se pochtronnent pas avec leurs potes avachis devant le match, qui savent lire, se lavent tous les jours, cèdent leur place aux vieilles dames dans le bus et achètent tristement chez Picard des plats pour une personne.
Afin de survivre à cette année 2011 particulièrement fertile en déconvenues abyssales de tout ordre et à l'issue de laquelle je me demande avec insistance si je ne ferais pas mieux d'aller habiter sur une île déserte avec les cendres de mon chien, je décidai lâchement qu'il s'agissait de sa soeur.

Fiat lux.